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Camping Notre-Dame: les campeurs n’ont pas l’intention de partir

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MAXIME DELAND/AGENCE QMI

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La soixantaine de personnes installées dans le camp de fortune près de la rue Notre-Dame n’a pas l’intention de quitter les lieux, malgré les demandes en ce sens de la Ville de Montréal.

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Dimanche après-midi, soit la veille de la date butoir du démantèlement du campement surnommé «Camping Notre-Dame», une quarantaine de tentes étaient encore piquées.

«Moi je n’ai pas l’intention de partir», dit Jacques «Cailloux» Brochu, un des campeurs.

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«Ils ne nous délogeront pas demain», lance Marco Michaud un fondateur du Camping.

«[Un employé] de la mairesse nous a dit qu’il faudrait qu’il y ait des affaires qui débarrassent. Alors ce serait plus facile pour négocier pour qu’on reste», aux dires de M. Brochu qui s’affaire à ramasser des bouteilles à consigner.

Du camping vers les refuges

Le cabinet de la mairesse de Montréal Valérie Plante rappelle qu’il n’y aura pas de démantèlement demain, mais plutôt de l’accompagnement vers les nouvelles ressources, notamment le Refuge de l’Est, un centre d’hébergement pour personne en situation d’itinérance.

Jacques Brochu a vécu des mauvaises expériences dans les refuges. Il s’est fait voler son téléphone à deux reprises. Il a souvent été réveillé au milieu de la nuit. Il n’apprécie guère le roulement de la clientèle qui fait en sorte que son voisin de lit change chaque jour.

«Je ne veux pas de ressources d’hébergement temporaire avec des intervenants psychosocial qui nous traitent comme des enfants», lance-t-il.

Jacques Brochu se sent moins vulnérable à la COVID-19 depuis qu’il est au Camping Notre-Dame. «Ici, on s’est créé une cellule sécuri-covid», raconte-t-il.

Problèmes de logements sociaux?

Marco Michaud est l’un des premiers à avoir piqué sa tente au «Camping Notre-Dame» à la mi-août. Le natif d’Hochelaga-Maisonneuve s’est retrouvé à la rue après avoir été victime de «rénovictions».

«C’est seulement depuis la crise du logement, je ne suis pas un itinérant. Je me suis cherché un appartement intensément pendant deux mois et demi avec un ami. On était deux avec 1700 $ et on n’a rien trouvé. On était prêt à dormir dans la même chambre!», lance M. Michaud.

Rencontré près de la tente de M. Brochu, Patrick Landry est un membre du Comité Bails, un organisme qui milite pour le droit des personnes mal logées. Il explique qu’une part du problème est lié à l’embourgeoisement du quartier Hochelaga-Maisonneuve.

«La Ville est financée par la taxe foncière, alors c’est plus avantageux pour la Ville d’avoir six tours à condos [que d’avoir six bâtiments de logements sociaux», soutient-il.

Entraide et solidarité

Le square Dézéry, le parc non loin du campement, fait la fierté de Marco Michaud. «Quand je vois la garderie venir au parc, ça me rend fier, parce que je sais que les enfants sont en sécurité, que le parc est propre et qu’il n’y a rien de dangereux par terre», affirme-t-il.

M. Michaud explique que lui et plusieurs habitants du campement improvisé passent une bonne partie de leur journée à racler le sol et à nettoyer le parc.

«Les gens nous apportent de l’aide, et ils voient qu’on n’est pas méchant et qu’on est humain. Je trouve ça triste qu’ils veuillent tant que ça nous exiler», déplore-t-il.

Bien connus des policiers

Aucune des personnes rencontrées par le «24 Heures» ne semblait appréhender la visite de policiers.

«Il n’y aura pas de policiers qui vont débarquer. En tout cas, pas ceux du poste 23. Ils nous connaissent, ils nous appellent par nos noms», remarque Marco Michaud, faisant référence au poste de quartier d’Hochelaga-Maisonneuve.

«Ils ne débarqueront pas, ils ne veulent pas», croit également Jacques Brochu.

Le Service de police de la Ville de Montréal n’avait pas répondu aux questions du «24 Heures» au moment de publier ces lignes.

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