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Des églises perturbées par des aménagements cyclables

La tenue de messes, mariages, baptêmes et funérailles dans certaines églises montréalaises est compliquée par l'installation de pistes cyclables aux abords de celles-ci. 

«Vous pouvez imaginer la difficulté avec les funérailles si les voitures n'ont nulle part où arrêter pour sortir le cercueil. Même chose pour les mariages ou les baptêmes», a expliqué le Père Raymond Lafontaine, qui œuvre à l’église Sainte-Monica, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce.

BÉATRICE ROY-BRUNET/24 HEURES/AGENCE QMI

Une piste cyclable installée de chaque côté de la rue de Terrebonne empêche ses paroissiens de se stationner à proximité de l’église ou de s’arrêter pour laisser descendre un passager. Cela complique particulièrement la tenue de cérémonies, et les personnes qui fréquentent l’église sont particulièrement affectées par cet aménagement puisque certaines sont âgées ou à mobilité réduite, a indiqué le Père Lafontaine.

Celui-ci a pris part mardi à un rassemblement de résidents du secteur, qui demandent un retrait immédiat de la piste cyclable dont la mise en place a entraîné la suppression de 250 espaces de stationnement. Une motion en ce sens sera présentée la semaine prochaine au conseil d’arrondissement de Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce.

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De son côté, la mairesse Sue Montgomery encourage les résidents de l’arrondissement à participer à un sondage en ligne, et assure qu’un comité citoyen sera lancé « pour revoir le déploiement de cette piste cyclable ».

Pointe-Saint-Charles

Une église du quartier de Pointe-Saint-Charles vit une situation similaire. Sa plus grosse source de revenus est la location de sa salle de réception, et celle-ci est plus complexe depuis que l’aménagement d’une vélorue sur la rue Island a entraîné la perte d’une quinzaine de places de stationnement.

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«Moi, pas de stationnement, je ne peux pas louer ça. J’essaie, mais ce n’est pas toujours facile », a affirmé Roger Dussault, qui gère la salle de réception de l’église Saint-Charles.

«J’ai déjà perdu officiellement une location parce que j’ai perdu de la place pour stationner, a-t-il expliqué. Le samedi soir c’est une rue qui est vide alors les gens louent la salle et ils savent qu’ils peuvent se stationner sur la rue Island.»

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Michèle-Janick Sauvage, une résidente du quartier, a dit craindre que l’église en vienne à fermer par manque de revenus. Elle estime qu’il est important de «sauver» cette église historique. «Elle a plus de 200 ans, c’est un joyau dans le quartier cette église-là. Et si on parle qu’une église peut fermer parce qu’on lui enlève du stationnement, ce n’est pas admissible», a-t-elle souligné.

Mme Sauvage, qui a des limitations de mobilité, est aussi touchée plus personnellement par le retrait des places. «Moi j’habite sur la rue et j’ai perdu mon stationnement devant chez moi. [ ...] Je dois me stationner à quatre rues de chez moi, alors que je suis à mobilité réduite», a-t-elle expliqué.

De son côté, le maire suppléant de l'arrondissement du Sud-Ouest, Alain Vaillancourt, explique que l’arrondissement avait travaillé de concert avec le curé. Il rappelle d’ailleurs que des places gratuites sont toujours disponibles en face de l’église.

«Dans le concret, avec la COVID, je pense que c’est trop tôt pour savoir à quel point ça va affecter [les activités]», a-t-il souligné.

-Avec la collaboration de Clara Loiseau, Journal de Montréal

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