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Un restaurant aux jeux de mots à caractère sexuel

Guillaume Boutin, copropriétaire du bistro vietnamien Pho King Bon à Rosemère, est au bar de son restaurant avec un cadre de sa bière Phokme (fuck me).

 Photo Simon Dessureault /Agence QMI
SIMON DESSUREAULT / AGENCE QMI

Guillaume Boutin, copropriétaire du bistro vietnamien Pho King Bon à Rosemère, est au bar de son restaurant avec un cadre de sa bière Phokme (fuck me). Photo Simon Dessureault /Agence QMI

Le propriétaire d’un nouveau bistro vietnamien de Rosemère qui offre ses shooters PHO’S Grosses Boules ou son cocktail Flash Thé Saints assume à 100 % sa stratégie marketing même si un organisme de la langue française hurle au scandale.

Même le nom du restaurant, Pho King Bon, qui est ouvert depuis samedi, peut faire lever les sourcils. Un shooter se nomme Lichi MWA LKU («Liche-moi le cul»), alors que les boissons Pho Kyu (fuck you) et Pho Kme (fuck me) ainsi que le shooters Big Jo-Anis ou la soupe tonkinoise PhoKit (fuck it) figurent au menu.

«Je n’ai pas de gêne avec ça, c’est tout simplement de l’humour à la Mike Ward», lance d’emblée Guillaume Boutin, 41 ans, copropriétaire du restaurant .

«Je trouve ça très drôle», a pour sa part affirmé Nakeshia Morissette, une jeune cliente.

«Il faut s’attendre à être surpris un peu quand on voit le nom du resto, a pour sa part expliqué Danielle Gaudreault, qui essayait le restaurant pour la première fois. Ça annonce aussi des choses surprenantes dans le menu.»

Le restaurateur avoue cependant qu’il y a des jeux de mots qui pourraient par exemple insulter des femmes.

«Mais ce n’est pas fait dans ce sens, se défend-il. J’ai vérifié avec des serveuses et d’autres femmes, dont une amie féministe, pour voir si les jeux de mots étaient trop poussés.»

M. Boutin a plutôt dit qu’un homme a chialé en disant que c’était insultant. «Un autre homme a dit qu’on faisait des jeux de mots vulgaires, mais c’est une personne sur 1000», a-t-il ajouté.

«Notre bouffe (les recettes personnelles de Guillaume Boutin) est très appréciée et le restaurant est tout le temps plein, a aussi dit le cuisinier autodidacte qui n’a jamais étudié en cuisine. Des Vietnamiens m’ont dit qu’ils n’ont plus besoin d’aller à Montréal pour manger du vietnamien.»

Jean-Paul Perreault, président d’Impératif français, un organisme de défense et de promotion de la langue française, n’entend toutefois vraiment pas à rire avec ce concept.

«C’est scatologique (qui a rapport aux excréments) d’une certaine façon, a affirmé rien de moins M. Perreault, alors qu’il faisait référence au shooter Lichi MWA LKU. Ce jeu de mots irritant n’est dans aucune langue finalement.»

M. Perreault est aussi outré que des enfants de tous les âges puissent voir ces jeux de mots.

«Un enfant de 14 ans peut lire ces mots sur le menu, mais je suis sûr qu’il les a déjà dits dans sa vie probablement depuis qu’il a l’âge de 10 ans», s’est défendu le propriétaire.

M. Perreault croit également que le registre des entreprises a sûrement raté l’occasion de remplir son rôle, alors que tout nom d’entreprise doit être approuvé de connivence avec l’Office de la langue française.

Guillaume Boutin a eu la permission d’enregistrer ce nom par le Registre des entreprises.

«Il doit y avoir du français dans le nom, explique l’entrepreneur. Le mot King est le seul qui va à l’encontre de la langue française, mais le nom King est un titre, donc c’est correct.»

Et c'est correct pour le mot Pho parce que c’est un nom de plat, toujours selon Guillaume Boutin. Le mot désigne une soupe tonkinoise. Il s'agit d'ailleurs du plat national vietnamien.

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