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Elle fait pousser des bananiers à Montréal

Lucie Hérard, une Montréalaise qui fait pousser des bananiers sur son terrain depuis 12 ans et qui veut maintenant passer le flambeau,  a Montréal, samedi le 5 septembre 2020. Sur la photo : Lucie Hérard.
STEVE MADDEN/AGENCE QMI
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Lucie Hérard, une Montréalaise qui fait pousser des bananiers sur son terrain depuis 12 ans et qui veut maintenant passer le flambeau, a Montréal, samedi le 5 septembre 2020. Sur la photo : Lucie Hérard. STEVE MADDEN/AGENCE QMI

À mille lieues de la forêt tropicale, une Montréalaise réussit depuis quelques années à faire pousser des bananiers sur son terrain, un exploit sur lequel elle se faisait plutôt discrète jusqu’ici, mais qu’elle compte maintenant partager en espérant que des plus jeunes prennent le relais.

«C’est inévitable que la température va se réchauffer, alors il faut changer de plantes. Mais le réchauffement climatique, ça n’arrivera pas du jour au lendemain. C’est maintenant qu’il faut commencer à acclimater les plantes tropicales», raisonne Lucie Hérard, qui s’intéresse de près à la culture de bananes depuis une quinzaine d’années.

Beaucoup de travail

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à l’époque cette passionnée de jardinage détonnait dans l’est de Montréal, où les espèces exotiques se limitent habituellement au Jardin botanique.

En plus de devoir affronter les regards de travers du voisinage, Mme Hérard a dû travailler d’arrache-pied pour qu’un bananier finisse par croître devant sa fenêtre; les deux premières années, aucun plant n’est passé à travers l’hiver.

«Quand à la troisième année, j’ai vu que mon bananier avait survécu, c’était comme si j’avais gagné à la loterie», s’est-elle remémorée, avec une certaine émotion dans la voix.

Lucie Hérard, une Montréalaise qui fait pousser des bananiers sur son terrain depuis 12 ans et qui veut maintenant passer le flambeau,  a Montréal, samedi le 5 septembre 2020. Sur la photo : Lucie Hérard.
STEVE MADDEN/AGENCE QMI

STEVE MADDEN/AGENCE QMI

Lucie Hérard, une Montréalaise qui fait pousser des bananiers sur son terrain depuis 12 ans et qui veut maintenant passer le flambeau, a Montréal, samedi le 5 septembre 2020. Sur la photo : Lucie Hérard. STEVE MADDEN/AGENCE QMI

L’un de ses trucs: à l’approche de la saison froide, elle leur coupe les feuilles, puis les recouvre de 10 pouces de paille, avant de les enrober d’une bâche de plastique.

Cette technique, librement inspirée de ce que faisaient ses aïeux avec leurs plants de fraises, a visiblement fait ses preuves. Aujourd’hui, environ 25 arbres sortent de terre chaque été, les plus hauts atteignant les 14 pieds (4,2m).

«Je sais que c’est inusité, mais c’est tellement beau! J’ai l’impression d’être dans le Sud chez moi. Et même quand les nuits deviennent plus longues, les feuilles restent vertes», vante cette retraitée de la fonction publique, qui consacre une vingtaine d’heures par semaine à l’entretien de ses bananiers, particulièrement demandants en eau.

Pas de bananes

Très prisées pour la cuisson en Asie, les tiges et les feuilles des bananiers de Lucie Hérard sont remises chaque automne à des membres de la communauté vietnamienne et à des Montréalais d’origine chinoise. Les bananes, minuscules par rapport à celles que l’on achète en épicerie, ne sont cependant pas comestibles.

C’est malheureusement l’une des particularités du Musa basjoo, la seule variété que Mme Hérard a réussi à faire fleurir en sol québécois jusqu’à présent.

Quelques amateurs québécois arrivent à faire pousser d’autres sortes de bananiers, mais dans des pots qu’ils rentrent à l’intérieur l’hiver: pas en terre comme les Musa basjoo de Lucie Hérard.

Dany Bonneau, qui fait dans le commerce de végétaux exotiques, doute que des bananes, des ananas ou des agrumes puissent un jour porter la mention «aliments du Québec».

«Ce sont des plants qui ne peuvent pas vivre en deçà de 8-10 degrés, donc même avec le réchauffement climatique, je ne vois pas comment ça pourrait pousser ici», a tranché le propriétaire de Brugmansia-Québec, dont les serres sont à Saint-Valérien-de-Milton, en Montérégie.

Un jour peut-être

Lucie Hérard espère qu’à moyen terme les sceptiques seront confondus. À 66 ans, elle a un projet en tête pour y arriver, mais elle craint de manquer de temps avant que son rêve se matérialise.

«Ça demande énormément de recherches. C’est pour ça que je veux faire connaître cette culture aux plus jeunes, pour que, peut-être, eux y arrivent», a laissé tomber la propriétaire de Montréal Tropical, une petite entreprise qui lui permet d’écouler d’autres plants inusités issus de son jardin.

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