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PCU bientôt terminée, commerçants soulagés

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ALEX PROTEAU/24 HEURES/AGENCE QMI

Le jour du 27 septembre est attendu avec impatience par plusieurs commerçants qui espèrent que la fin de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) les aidera à recruter les employés qu’ils cherchent désespérément. 

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Plus de la moitié des membres du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) affirment avoir eu un enjeu de recrutement lié à la PCU, et les difficultés sont semblables dans les secteurs de l'alimentation et de la restauration.

Le vice-président de La fromagerie Hamel, Ian Picard, en est un bon exemple: la prestation d’urgence et surtout sa version qui s’adresse aux étudiants (PCUE) lui ont donné du fil à retordre dans ses sept succursales de la région métropolitaine où travaillent au total une centaine de personnes.

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«On a des employés qui n’ont pas voulu revenir au travail même si on a besoin d’eux. Il y en a qui nous ont demandé de diminuer leurs heures pour bénéficier de la PCUE», a-t-il raconté.

Semblable à la PCU, qui donne 2000 $ par mois à des travailleurs touchés par la COVID-19, la PCUE est une aide de 1250 $ par mois qui s’adresse aux étudiants sans emploi durant l’été, ou à ceux qui en ont un, mais qui font moins de 1000 $ par mois.

«Ça met beaucoup de pression sur le personnel en place», a expliqué M. Picard, qui a même dû réduire ses heures d’ouverture et faire des transferts d’employés entre les succursales.

M. Picard affiche dans plusieurs succursales des postes à combler. «On n’a plus d’applications. [...] On ne trouve pas d’employés», a-t-il dit.

L’homme d’affaires n’est pas seul à vivre cette situation. C’est aussi le cas de Catherine Claude, actionnaire et directrice générale de la chaîne de magasins de vêtements Sportive Plus, qui compte trois succursales dans le grand Montréal.

«On avait tellement hâte que la PCU arrête, et elle continue. On est un petit peu découragés», évoque-t-elle.

Durant la période estivale, Mme Claude a entendu à quelques reprises l’excuse suivante: «Je ne peux pas travailler, je vais perdre ma PCU», ce qui l’a fait jongler avec les horaires et effectuer de nombreux remplacements elle-même.

La femme d’affaires espère que dans l’éventualité d’un reconfinement, le gouvernement implique davantage les employeurs dans les programmes de compensations.

Constat généralisé

Les gestionnaires de boutiques, épiceries et restaurants sont nombreux à se trouver dans cette situation au Québec.

Le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail (CQDC), Stéphane Drouin, a indiqué que 55 % de ses membres lui ont confié avoir eu un enjeu de recrutement lié à la PCU.

«Il y en a que ce sont des employés qui ne sont pas revenus et il y en a que c’était des employés qui demandaient des accommodations d’horaire pour continuer d’avoir de la PCU et de travailler à temps partiel», a-t-il mentionné.

Cette astuce permet aux employés d’encaisser le 2000 $ de la PCU en plus de toucher un salaire adjacent, à condition qu’ils ne fassent pas plus de 1000 $ mensuellement.

«Vous savez dans les petits commerces, il y en a beaucoup où c’est le propriétaire qui compense les heures non travaillées. Souvent, ces gens-là sont rendus à travailler 70-80 heures par semaines et plus. Il y a une fatigue qui s’installe à ce niveau-là», a soutenu Stéphane Drouin.

Même constat en restauration ou en alimentation. Selon les dernières données obtenues par l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ), 57 % de ceux-ci avaient eu des difficultés à recruter. «Ç’a vidé le bassin étudiant que l’on recrutait. C’est l’impact majeur», a dit le responsable des communications à l’ARQ, Martin Vézina.

Le directeur des affaires publiques et gouvernementales de l’Association des détaillants de l’alimentation du Québec, Stéphane Lacasse, concède que la période actuelle empire le problème de recrutement pour ses membres. Déjà, avant la pandémie, 15 % des emplois dans le secteur demeuraient vacant.

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Joël Lemay / Agence QMI

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