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Une caravane philosophique pour ouvrir la discussion

Image principale de l'article Une caravane philosophique qui ouvre la discussion
CAMILLE LALANCETTE/24 HEURES/AGENCE QMI

Un organisme sillonne la métropole pour avoir des discussions philosophiques avec des personnes en situation de précarité économique, une mission pour le moins originale.

«À qui appartient la ville?» Voilà la question avec laquelle l’équipe d'Exeko abordait jeudi dernier les clients qui dînaient à la cantine communautaire Resto Plateau pour ouvrir la discussion.

Les dîneurs du Resto Plateau à Montréal pouvaient s’approcher des médiateurs intellectuels de l’organisme Exeko pour discuter de la question philosophique du 3 septembre : À qui appartient la ville?.
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Les dîneurs du Resto Plateau à Montréal pouvaient s’approcher des médiateurs intellectuels de l’organisme Exeko pour discuter de la question philosophique du 3 septembre : À qui appartient la ville?. CAMILLE LALANCETTE//24 HEURES/AGENCE QMI

Les «médiateurs intellectuels» de l'organisme arrêtent leur caravane ici et là pour jaser avec les gens d'autre chose que des problèmes immédiats qu'ils vivent.

Emma Tilquin et Thierry Gendron-Dugré lancent des questions vastes comme : est-ce qu’on a besoin d’être dirigé? Notre imagination est-elle libre? La démocratie, bonne ou mauvaise?

Des sujets plus terre à terre peuvent aussi être abordés, comme l'industrie minière, la statue de John A. Macdonald qui a été tirée de son socle par des manifestants ou encore la construction de la ligne bleue du métro.

«Il y a différents types de personnes, et on ne parle pas tant de [leur situation difficile]. On va plutôt y aller avec des thèmes réflectifs qui sont englobants. Ou on va justement les amener à réfléchir sur autre chose que le problème immédiat», précise Mme Tilquin.

«Clairement il y a des gens qui vivent des situations au quotidien qui sont difficiles, alors oui l’occasion d’un échange ça peut être un moment de répit», renchérit M. Gendron-Dugré.

«Ce qu’on cherche à faire, c’est stimuler un échange sur un pied d’égalité. Parce qu’on est tous égaux, que ce soit face à une question de société ou une question plus philosophique», explique-t-il.

À la manière de philosophes, les médiateurs intellectuels veulent mettre le dialogue en place pour mieux comprendre les enjeux de tous.

Le bonheur de discuter

Après l'heure du dîner au Resto Plateau, la caravane a mis le cap sur le «Camping Notre-Dame», petit village de tentes installé sur un terrain en bordure de la rue Notre-Dame dans le quartier Hochelaga, où les discussions se sont poursuivies.

La caravane idAction mobile de l’organisme Exeko se stationne près de lieux fréquenter par des personnes en précarité économique pour discuter de sujets variées. Sur la photo, la question du 3 septembre était : À qui appartient la ville?
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La caravane idAction mobile de l’organisme Exeko se stationne près de lieux fréquenter par des personnes en précarité économique pour discuter de sujets variées. Sur la photo, la question du 3 septembre était : À qui appartient la ville? CAMILLE LALANCETTE//24 HEURES/AGENCE QMI

M. Gendron-Dugré y a rencontré deux personnes assises sur ses chaises de camping, qui ne partageaient pas la même opinion sur le système scolaire. L’un d'entre eux lançait dit qu’il ne croit pas à l’école et que le système d’éducation ne lui a rien enseigné de bon pour la «vraie vie».

Son ami Thomas, assis en face, lui a envoyé la réplique. «Non, non, non. Moi je pense que l’école c’est important. Les mathématiques, le français, c’est important», a-t-il lancé en enchaînant avec un discours sur la préservation du français à Montréal.

Les discussions qui accompagnent les sorties d’idAction mobile (la caravane d’Exeko) profitent manifestement aux deux parties.

«Content d’avoir pu échanger avec vous, ça me rend très heureux de discuter comme ça», a lancé aux intervenants André Arsenault, qui dînait au Resto Plateau jeudi, expliquant qu'il n'avait pas souvent l'occasion de parler de sujets élaborés. «C’est presque impératif de parler de sciences humaines», croit-il toutefois.

«Ça me fait vraiment plaisir de parler avec vous», lui a répondu Mme Tilquin.

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