Voici comment des clubs se transforment pour survivre en temps de pandémie | 24 Heures MTL
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Voici comment des clubs se transforment pour survivre en temps de pandémie

Au Cabaret Soubois, sur la rue Maisonneuve à Montréal, il n’est plus possible de danser. Pour survivre à la crise sanitaire, l’établissement propose maintenant une soirée style cabaret. Comme les cinq branches d’une étoile, l’expérience Cabaret est aussi un voyage en cinq temps pour marquer le 5e anniversaire du Soubois. Les cinq éléments y sont mis en scène à travers des performances d’artistes qui circulent aux tables des invités. 
PHOTO COURTOISIE/Karel Chladek
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Au Cabaret Soubois, sur la rue Maisonneuve à Montréal, il n’est plus possible de danser. Pour survivre à la crise sanitaire, l’établissement propose maintenant une soirée style cabaret. Comme les cinq branches d’une étoile, l’expérience Cabaret est aussi un voyage en cinq temps pour marquer le 5e anniversaire du Soubois. Les cinq éléments y sont mis en scène à travers des performances d’artistes qui circulent aux tables des invités. PHOTO COURTOISIE/Karel Chladek

Les restrictions sanitaires comme l’interdiction de danser forcent les boîtes de nuit montréalaises à se réorganiser. Dans certains établissements en vogue, les pistes de danse sont remplacées par des soirées cabaret, une solution qui est là pour rester, estiment les propriétaires. 

Le Soubois, au centre-ville de Montréal, tenait jeudi sa première soirée cabaret. Quand on entre dans un club pour s'asseoir à une table à 20 h, ça crée un choc; c'est qu'on est habitués à y arriver en fin de soirée pour se défouler sur un plancher de danse.

Évidemment, ce n'est plus possible, ce qui a pressé le copropriétaire de l'endroit, Alexandre Brosseau, à réinventer la formule. Il y a encore la musique, l'éclairage tamisé, la bonne nourriture et l'alcool, mais les gens sont maintenant assis par petits groupes à des tables, dont certaines sont encadrées de plexiglas. Des prestations de cabaret se tiennent à proximité de celles-ci. Il est interdit de filmer et de prendre des photos.

«Les gens n’ont pas le droit d’être debout, même sans danser. Ils doivent être assis pendant une période de deux à quatre heures pour boire et manger», a expliqué M. Brosseau, ajoutant que cette tendance à offrir des soirées cabaret s’observait avant la pandémie à Montréal, Paris ou New York, et que la COVID l’a accélérée.

«On ne réinvente pas le "nightlife". On réinvente nos établissements parce que le "nightlife" ne peut pas exister en ce moment», a-t-il ajouté.

Au Cabaret Soubois, sur la rue Maisonneuve à Montréal, il n’est plus possible de danser. L’établissement qui accueillait près de 500 danseurs par soir change de formule. Les gens festoient maintenant à leurs tables et peuvent assister à une prestation intimiste. 
PHOTO COURTOISIE/Karel Chladek

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Au Cabaret Soubois, sur la rue Maisonneuve à Montréal, il n’est plus possible de danser. L’établissement qui accueillait près de 500 danseurs par soir change de formule. Les gens festoient maintenant à leurs tables et peuvent assister à une prestation intimiste. PHOTO COURTOISIE/Karel Chladek

Tout au long de la soirée, les artistes se promènent de table en table et la distanciation sociale est respectée. La musique forte et les jeux de lumière intimistes donnent de l’énergie aux clients du Cabaret Soubois - qui ont quand même le droit de se dandiner sur leurs sièges -, et on finit par oublier à quel point l'expérience a été transformée.

Le tout n'a pas été donné: M. Brosseau dit avoir «vidé les coffres» et investit 70 000 $ pour démarrer le mode cabaret au Soubois. Ces soirées se déroulent de 20 h à minuit, et la clientèle peut continuer à venir au bar passé cette heure, à condition de commander un repas avec leur consommation d'alcool, comme le prévoit le décret gouvernemental.

Vieux-Port

Dans le Vieux-Port de Montréal, le club La Voûte, situé sur la rue Saint-Jacques, a décidé de se lancer dans une aventure similaire, qui débutera jeudi. Les soirées se tiendront de 17 h à minuit.

L'endroit comprendra deux scènes et présentera une ambiance et des spectacles inspirés de l’univers des rêves pour offrir une illusion de monde surréel. Côté cuisine, La Voûte s’est associée aux frères jumeaux montréalais Viet et Nam Truong, du restaurant Boite Geisha et du bar Blossom.

Du côté de la boîte de nuit La Voûte sur la rue Saint-Jacques à Montréal, le propriétaire Nazim Tedjini (à gauche) s’est associé avec les frères jumeaux Viet et Nam Truong, chef exécutif et cofondateur du restaurant Boite Geisha et du bar Blossom pour offrir une expérience Cabaret à ses invités. L’interdiction de danser demande aux boîtes de nuit de se réinventer pour survivre à la crise sanitaire (Courtoisie)

Le propriétaire de l'endroit, Nazim Tedjini, estime qu'il devra injecter entre 50 000 $ et 70 000 $ pour redonner une nouvelle vocation à sa boîte de nuit.

Dans les deux établissements, on tentera d'augmenter les profits liés à la restauration. «On a une bonne base. Beaucoup vont apprécier la formule clé en main où ils vont être en mesure de prendre un verre, manger et voir un spectacle tout en ayant la distanciation... C’est un "gamble". Ça peut être un succès comme ça peut ne pas l’être, mais ça, c’est le pari de l’entrepreneur», a mentionné M. Tedjini.

Les deux tenanciers sont unanimes, les soirées se prolongeront après la pandémie. Au Soubois, cette partie sera plutôt offerte en début de soirée et la boîte de nuit exercera comme avant de minuit à 3 h. À La Voûte, la formule cabaret terminera à la fermeture.

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