L’univers musical de Julien Corriveau | 24 Heures MTL
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L’univers musical de Julien Corriveau

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Illustration: Maryline Houde

À l’image d’une guitare — il en collectionne, d’ailleurs — Julien Corriveau compte plusieurs cordes à son instrument (excusez la).

L’auteur, humoriste et musicien s’impose également comme romancier avec la parution de Motobiographie, un livre ressassant le vécu de son personnage culte M. Mousteille. Quelques semaines auparavant, Corriveau dévoilait également The Final Score, un album folk instrumental qui accompagnerait bien un bon vieux film western spaghetti.

Voici donc son univers musical.

Comment concilier l’écriture, la musique et l’humour?

Souvent, considérer les trois comme des formes distinctes m’aide à rester motivé dans mon travail: quand je suis en manque d’inspiration pour écrire, je passe à de la composition musicale, etc. Mais évidemment je mélange souvent ces formes d’écritures en écrivant par exemple des chansons humoristiques. Sinon, les trois s’influencent aussi beaucoup, par exemple faire de l’humour sur scène m’a beaucoup aidé à écrire de façon plus punchée; l’écriture humoristique influence aussi la composition musicale dans le désir de faire réagir le spectateur tout au long de l’œuvre, etc.

À part Ennio Morricone, c’est quoi tes influences en musique instrumentale?

Dans le western, j'aime bien Federale, Calexico, la trame sonore de Red Dead Redemption et le compositeur Luis Bacalov (Django). Sinon en général j'ai beaucoup été influencé par les pièces instrumentales de Pink Floyd. 

Tu pourrais éventuellement faire un album solo et "sérieux" avec du vocal?

J'avais composé plusieurs chansons pour un projet solo rockabilly du nom de Johnny Condor. J'aime bien les chansons, mais je n'ai jamais été satisfait de ma voix. Peut-être que je devrais commencer à fumer. Sinon je chante une chanson sur le premier EP de mon groupe Châteaubriand, que j'ai formé avec Nicola Morel.

Tu collectionnes les guitares depuis quand? Et pourquoi? C'est quoi la petite histoire derrière cette passion?

Passion ou maladie mentale? J'ai joué plusieurs années avec la même guitare (Fender stratocaster) et quand j'ai commencé à faire un peu d'argent en travaillant j'en ai acheté une 2e, ce qui ouvert la boîte de Pandore. Au début on veut avoir tel ou tel modèle classique, ensuite nos goûts musicaux évoluent, notre budget aussi, et on finit 15 ans plus tard avec des guitares dans tous nos garde-robes.   

Est-ce qu’il te vient des images en tête quand tu écris de la musique?

Avec The Final Score, oui. Je voulais que ça soit très «dramatique», j’ai donc tenté d’imaginer des scènes qui pourraient correspondre à la musique. Mais en général la musique est plutôt créatrice d’émotions fortes chez moi. 

En quoi écrire une chanson c’est différent d’écrire un sketch pour la télé?

Il y a plus de couches pour moi dans une chanson. Au lieu de cibler quelque chose dont on veut se moquer, la chanson vise plus à exprimer une émotion, un état d'esprit. On veut créer des images poétiques à la fois claires, fortes et surprenantes. Et idéalement, s'il se passe quelque chose dramatiquement, c'est encore mieux. Pour moi, c'est beaucoup plus difficile d'écrire une chanson. 

À quand un show avec un band? C’est dans les plans?

J'aimerais beaucoup jouer The Final Score sur scène, entouré de mes guitaristes préférés! Mais je ne sais pas encore quel serait le contexte approprié pour ce genre de spectacle, et idéalement j'aimerais avoir plus de matériel. 

La chanson qui t’a initiée à la musique québécoise...

Un trou dans les nuages de Michel Rivard. On écoutait assez peu de musique à la maison, et je me souviens particulièrement de cette chanson que les parents de mon ami Dominic Montplaisir écoutaient. C’est une chanson qui raconte une histoire plutôt énigmatique, ça me fascinait beaucoup. 

Ton premier achat musical local...

La première cassette que j’ai reçue avec mon walkman c’était Les Insomniaques s’amusent de Daniel Bélanger. Malgré le livret avec les paroles à l’intérieur, je n’ai jamais chanté correctement les paroles d’Opium

Peux-tu nous recommander des artistes que tu trouves géniaux?  

Chocolat! leur dernier album, Jazz engagé, réussi à être accrocheur, musicalement très recherché, et drôle. 

Sinon en électro j’écoute beaucoup Hologramme et Le Matos. 

À l’internationale, ma découverte de l’année est Parcels. Ça groove, c’est accrocheur et leurs albums live sont renversants tellement ils sont tight

Une chanson qui te fait pleurer...

Bridge Over Troubled Water de Simon and Garfunkel. J'écoutais beaucoup le CD Best Of quand j'habitais en Afrique, donc ça me rappelle beaucoup de souvenirs, en plus d'être très épique comme chanson. 

Ton «hit» au karaoké, c’est quoi?

J'alterne entre My Way (de Sinatra), Folsom Prison Blues (de Cash), Jump (de Van Halen) et Islands in the stream quand une fille accepte (rarement) de la chanter avec moi.

Une chanson que tu peux écouter à répétition...

Wake Up de Arcade Fire. C'est une des chansons qui me donne le plus d'énergie, donc souvent j'ai besoin de deux shots!

Une rime qui t’interpelle particulièrement dans une chanson...

Kevin Parent, en plus de grainer des verres, avait aussi des rimes inacceptables comme faire rimer "jeunes" et "semaine". J'y pense souvent comme un contre-exemple.

Une chanson qui te fait sourire à chaque coup...

Business Time de Flight of the Conchords.

Une chanson qui pourrait également te servir comme biographie...

I Drink Alone de George Thorogood.

Une chanson que tu associes à ton enfance...

Le premier disque que j'ai écouté c'était A Night at the Opera de Queen. Ma mère est prof de piano et Queen était le seul groupe populaire qu'elle avait en vinyle. J'ai capoté sur cet album: je m'assoyais devant la table tournante et j'essayais de suivre les paroles en même temps. 

Une chanson que tu associes à ton adolescence?

Le disque jaune des Cranberries, avec Hollywood dessus. Dominic Montplaisir et moi on l'écoutait tout le temps en jouant au basketball avec nos t-shirts des Looney Tunes. 

Quel album amènes-tu avec toi sur une île déserte?

Harvest de Neil Young. Quand j'ai découvert cet album par hasard en écoutant des vieux vinyles quand j'étais ado, je ne m'en suis jamais remis. Une leçon de folk, de country et de rock. 

Finalement, ta chanson préférée du moment?

J'ai réécouté la trilogie d'Ennio Morricone cette semaine et j'ai toujours le thème de The Good, the Bad and the Ugly dans la tête. 

  

  • Monsieur Mousteille: motobiographie est actuellement disponible en librairies via les Éditions de l’homme.  

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