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Campements de sans-abris : du «jamais vu» depuis la Seconde Guerre mondiale

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Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI

Les campements de personnes itinérantes sont du «jamais vu» depuis la Seconde Guerre mondiale, a déploré un organisme, qui espère que les gouvernements ne tarderont pas à agir.

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Selon les données colligées par le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), 98 familles sont toujours à la recherche d'un toit à Montréal, plus de deux mois et demi après le 1er juillet, un nombre 10 fois plus élevé qu'à pareille date l'an dernier.

Parallèlement, une hausse de l'itinérance a été relevée dans plusieurs villes de la province avec la création de plusieurs campements, dont celui en bordure de la rue Notre-Dame, à Montréal, mais aussi dans certaines autres villes comme Gatineau.

«Les campements sont du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale», a lancé lundi matin Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU en conférence de presse.

Appel aux gouvernements

Avec trois autres organismes communautaires, le FRAPRU a fait appel lundi aux gouvernements provincial et fédéral pour rapidement trouver des solutions afin d’héberger les familles sans toit.

Les organismes s’attendent que le discours du Trône, qui définit les priorités du gouvernement et devrait avoir lieu le 23 septembre, comprenne la question du logement social.

L’entente entre les gouvernements du Québec et du Canada sur le logement n’étant toujours pas ratifiée, plusieurs millions de dollars dorment encore dans les coffres d’Ottawa, ce qui empêche le gouvernement du Québec d’investir les sommes, a indiqué le FRAPRU.

Quatre organismes se sont réunis lundi matin du 14 septembre 2020, au centre Saint-Pierre, sur la rue Panel, à Montréal, pour interpeller le gouvernement provincial et fédéral sur la question du logement social pour cette rentrée parlementaire. De gauche à droite: Alain Bernier, organisateur communautaire au réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec, Véronique Laflamme, porte-parole du Front d'action en réaménagement urbain, Véronique Larivière, porte-parole du collectif pour un Québec sans pauvreté et Louise Lafortune, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violences conjugales. 14 septembre 2020

PHOTO COURTOISIE / FRAPRU

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Quatre organismes se sont réunis lundi matin du 14 septembre 2020, au centre Saint-Pierre, sur la rue Panel, à Montréal, pour interpeller le gouvernement provincial et fédéral sur la question du logement social pour cette rentrée parlementaire. De gauche à droite: Alain Bernier, organisateur communautaire au réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec, Véronique Laflamme, porte-parole du Front d'action en réaménagement urbain, Véronique Larivière, porte-parole du collectif pour un Québec sans pauvreté et Louise Lafortune, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violences conjugales. 14 septembre 2020 PHOTO COURTOISIE / FRAPRU

«La solution passe par la construction d’un grand chantier de 50 000 logements sociaux d’ici 2025 et [le gouvernement] doit accélérer la livraison des 13 000 déjà prévus», a avancé Mme Laflamme comme proposition pour aider la crise du logement actuelle.

Personnes vulnérables

Les personnes seules vivant de l’assistance sociale, qui touchent seulement 690$ par mois, sont durement affectées par la crise actuelle et peinent à joindre les deux bouts, selon le collectif pour un Québec sans pauvreté.

«Ces gens avaient le droit de travailler pour aller chercher un 200$ supplémentaire, qui a été perdu pour la plupart pendant la crise. [Par exemple], ils ne pouvaient pas, en début de pandémie, retourner les bouteilles vides ou distribuer des journaux», a souligné la porte-parole du collectif, Virginie Larivière.

Les femmes victimes de violence conjugale subissent aussi durement les contrecoups de la crise sanitaire en période de pénurie de logements, devant rester plus longtemps dans une maison d'hébergement ou de retourner avec un conjoint violent, a fait savoir la porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violences conjugales, Louise Lafortune.

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