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Est-il vraiment plus « sanitaire » de condamner une toilette sur deux ?

Samedi dernier, non loin du stationnement fermé aux autos du parc La Fontaine, s’allongeait une file digne du restaurant L’Avenue pour accéder aux toilettes.
Louis-Philippe Messier / 24 Heures

Samedi dernier, non loin du stationnement fermé aux autos du parc La Fontaine, s’allongeait une file digne du restaurant L’Avenue pour accéder aux toilettes.

Y a-t-il quelque chose à comprendre à la manie de condamner une toilette sur deux dans les chalets de parcs quitte à créer des files monstre lors des jours de grande affluence, surtout pour les femmes, et des piscines d’urine près de certains murs extérieurs ?

Samedi dernier, non loin du stationnement fermé aux autos du parc La Fontaine, s’allongeait une file digne du restaurant L’Avenue. Pour accéder aux toilettes souterraines du centre culturel Calixa-Lavallée, une vingtaine de femmes patientaient, plusieurs en se dandinant d’inconfort. L’attente durait plus de vingt minutes. Pourquoi ? Parce qu’une toilette sur deux était tenue hors service sous prétexte de distanciation sociale.

Au parc Père-Marquette le mois dernier, une autre file interminable devant une salle de toilettes à moitié condamnée, encore sous prétexte de COVID, incitait une foule de gens à se soulager dans les buissons à proximité. 

Incompréhensible

Cette mesure de la toilette-sur-deux-condamnée pourrait se comprendre pour des toilettes turques (c’est-à-dire des trous dans le sol) sans mur de séparation et disposées si près les unes des autres. Nous sommes toutefois en Amérique du Nord où les cuvettes sont cloisonnées et les risques de propagation intercabine pratiquement nuls.

Louis-Philippe Messier / 24 Heures

Pour contaminer sa voisine, une femme devrait se jucher sur la cuvette, voire grimper sur le réservoir (si elle est petite), et éternuer un nuage de gouttelettes par-dessus la cloison ; voilà peut-être ce que l’on cherche à prévenir en laissant une cabine sur deux vacante. Et on peut se demander si ce n'est pas plus dangereux pour la contagion de forcer tout le monde à utiliser la même cabine... non ?

Paresse

Étonnons-nous que Montréal, si fière de ses parcs, de leur convivialité communautaire, soit si peu portée à y accommoder les citoyens pour un besoin aussi viscéralement fondamental.

Ai-je besoin de préciser que cette mesure de la toilette-sur-deux-condamnée affecte particulièrement les femmes ? Une amie m’a rapporté avoir vu homme se faire enguirlander par une dame impatiente qui lui reprochait d’aggraver la file devant une bécosse chimique du parc Laurier : « Fais comme les autres gars et va pisser debout près du mur là-bas ! », lui a-t-elle lancé en indiquant le chalet.

N’est-il pas temps de revenir sur cette « mesure » qui n’aide personne ? 

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