Le « prêt à cuisiner » : une recette gagnante en pleine pandémie | 24 Heures MTL
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Le « prêt à cuisiner » : une recette gagnante en pleine pandémie

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PHOTO COURTOISIE / CRÉDIT : Marï Photographe

L’appétit des Québécois pour les boîtes de «prêt à cuisiner» a atteint des records depuis le début de la pandémie, selon les derniers chiffres de quatre entreprises bien établies sur le marché.

En quelques mois, l’entreprise québécoise Cook it a vu son nombre d’abonnés monter en flèche. Elle a dû embaucher pas moins de 300 nouveaux employés pour veiller à la préparation et l’acheminement de ses boîtes, qui contiennent des recettes ainsi que les aliments nécessaires pour les préparer.

« C’est une augmentation de presque 80 % au niveau de notre clientèle», rapporte Geneviève Allaire, responsable des relations publiques chez Cook it.

Le phénomène s’observe aussi du côté de l’entreprise montréalaise Marché Goodfood, qui a reçu 26 000 nouveaux abonnés à partir du 13 mars, date marquant le début du confinement.

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«On a eu des recettes de 87 millions de dollars de mars à mai, ce qui est une augmentation de 75 % par rapport à la même période l’an dernier», a soutenu le directeur des relations aux investisseurs, Roslane Aouameur.

L’entreprise européenne Hello Fresh présente au Québec et au Canada a également noté une hausse de clients actifs de 107% sur son marché international par rapport à l’an dernier.

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Confinement et télétravail

Le confinement et le télétravail ont chamboulé la vie de plusieurs consommateurs québécois, qui ont voulu éviter de se rendre dans les magasins et se sont tournés vers l’achat en ligne.

Cook it, Marché Goodfood et Hello Fresh offrent la livraison de leurs boîtes directement aux domiciles des clients.

«On a eu beaucoup de gens qui faisaient des commandes pour porter cette nourriture à des gens de leur famille qui ne pouvaient pas sortir», a illustré Mme Allaire.

Tendance lourde

La tendance pourrait aller au-delà de la livraison : même chez évoilà5, une compagnie québécoise qui offre du «prêt à cuisinier» sans livraison, le nombre de clients a augmenté dans les 12 boutiques de l’entreprise situées dans la grande région de Montréal et à Sherbrooke.

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«Les gens veulent manger sainement, ils sont plus à la maison et ils ont plus le temps de cuisiner. Ils ne veulent pas faire trop d’emplettes», a estimé l’ex-olympienne et cofondatrice d’évoilà5, Josée Corbeil.

Selon M. Aouameur, le «prêt à cuisiner» connaissait déjà une bonne popularité avant la pandémie, et était déjà en voie de s’accentuer chez nous.

«Au Canada par rapport aux autres pays on a toujours été un peu en retard [pour] faire livrer notre épicerie et nos repas prêts à cuisiner, a-t-il dit. Lorsqu’on regarde l’Angleterre, l’Europe de l’Ouest, c’est beaucoup plus avancé.»

«Si l’offre de prêt à cuisiner est fraiche, si le prix est là, si la qualité est là, je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas juste continuer», a estimé de son côté Mme Corbeil.

Ne plus avoir à penser au souper     

S’abonner à un service de «prêt à cuisiner» permet non seulement d’éviter un voyage à l’épicerie, mais aussi d’en finir avec la charge mentale qui accompagne la planification des repas, ont remarqué certains clients.

Laëtitia Gagnon trouvait qu’elle finissait toujours par se cuisiner un peu les mêmes recettes et avait envie de variété. «Quand ça fait deux ans, que tu fais toujours les mêmes recettes, c’est poche», a expliqué cette résidente du quartier Rosemont, à Montréal, qui travaille dans le domaine des communications et du tourisme.

GABRIELLE MORIN-LEFEBVRE/24 HEURES/AGENCE QMI

En s’abonnant à l’option végétarienne de Marché Goodfood, Mme Gagnon obtient six portions de repas pour 60$ par semaine, a élargi son éventail de recettes et a estimé avoir réduit son gaspillage alimentaire.

«Je trouve que ce n’est pas paresseux, je cuisine quand même», a dit celle qui apprécie aussi que la compagnie fasse affaire avec des producteurs locaux du Québec.

GABRIELLE MORIN-LEFEBVRE/24 HEURES/AGENCE QMI

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Bien qu’elle utilisait déjà le service avant la pandémie, Mme Gagnon s’est dit heureuse d’avoir pu compter sur une livraison sans contact durant celle-ci.

Également végétarienne, Pascale Pelosse a fait écho aux paroles de Mme Gagnon. C’est une publicité sur les réseaux sociaux a attiré l’attention de cette mère de famille qui vit à Saint-Hubert avec son conjoint et sa fille de 13 ans.

«J’avais dit à mon conjoint : c’est redondant, on dirait qu’on est toujours ancrés dans les mêmes repas chaque semaine. C’est moi qui m’occupais de la planification et j’étais toujours fatiguée de penser à faire le repas», s’est rappellé celle qui travaille pour la SAQ.

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Mme Pelosse est abonnée à Marché Goodfood depuis 5 ans. La mère de famille dit économiser beaucoup d’argent, faire des découvertes culinaires et... s’épargner des maux de tête.

«Pour deux [portions], nous trois on mange, ça nous satisfait. Au fil du temps, il y a des recettes qu’on préfère aussi, donc on en commande pour quatre [...]», a-t-elle ajouté.

«Je me casse beaucoup moins la tête pour les repas, et ça me coûte moins cher quand la semaine est préparée. C’est très efficace, dans le temps de la pandémie, j’ai trouvé ça génial», a-t-elle conclut.

L’option du «prêt à manger» aussi populaire     

Il n’y a pas que le «prêt à cuisiner» qui a le vent dans les voiles : l’entreprise We Cook, qui offre des boîtes-repas pour les gens qui n’ont pas envie de cuisiner, a vu ses ventes quadrupler depuis le début de l’année.

Les boîtes de cette compagnie établie au Québec depuis huit ans sont aussi livrées au domicile des clients, mais contiennent des repas prêts à manger : il n’y a qu’à les réchauffer.

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«On prévoyait cette augmentation vers la fin de l’année, mais avec la pandémie, on est en septembre et on a déjà généré cette progression-là», a estimé le co-fondateur et président-directeur général Étienne Plourde.

Soixante employés ont d’ailleurs été engagés pour répondre à la demande. «On est près de 300 employés présentement si on compte les usines de Dorval et Saint-Hyacinthe», explique M. Plourde.

«Le marché a été accéléré beaucoup avec la pandémie. Les chiffres de ventes ont été accélérés de peut-être un an ou deux ans, ça a conscientisé les Canadiens, que c’était normal de se livrer de la nourriture à domicile», a-t-il dit.

«Les gens ont tenté la chance et se sont dit : tant qu’à être chez nous, c’est le moment où jamais d’essayer. Ils ont vu ce que c’était, comment les repas arrivaient dans des boîtes isolantes», a décrit M. Plourde.

L’entreprise offre des mets santé prêts à manger composés d’agneau, de saumon ou encore de bœuf. Elle vise à développer une offre de plats pour déjeuner dès 2021, en plus de ses collations santé.

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