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«Verdunland» : pour célébrer l’imaginaire

Le recueil de poèmes «Verdunland» sera en librairie à partir du 22 septembre.

PHOTO COURTOISIE
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Le recueil de poèmes «Verdunland» sera en librairie à partir du 22 septembre. PHOTO COURTOISIE

Le recueil de poèmes «Verdunland» des auteurs Timothée-William Lapointe et Baron Marc-André Lévesque nous propose une visite guidée d’un Verdun fantastique où les ogres géants, les gobelins et les robots arpentent les rues de ce quartier du sud-ouest de Montréal.

«Pour moi, l’intention derrière “Verdunland”, c’était d’explorer notre rapport imaginaire à des lieux, explique Baron Marc-André Lévesque. C’était d’imaginer Verdun comme un genre de royaume imaginaire où tout serait possible.»

Les deux auteurs, qui ont partagé un appartement à Verdun entre 2017 et 2019, voulaient par ces poèmes insuffler un peu de magie dans un quotidien qu'ils trouvaient parfois trop beige. «On se promenait dans Verdun et on se disait que ce serait agréable qu’il y ait un géant ou un “roller-coster derby” par exemple», ajoute Timothée-William Lapointe.

Le livre s’ouvre d’ailleurs sur un court épisode expliquant la «genèse» du projet, un premier poème qui renvoie à un matin d’été où ils ont eu la surprise de constater que leur cour arrière avait été inondée en raison d’un bris dans le tuyau d’échappement de leur immeuble. L’odeur était particulièrement nauséabonde.

«Ce n’est pas ça qui a provoqué l’épiphanie, mais disons qu’on a été encouragés un peu à vouloir habiter un autre endroit», se souvient Timothée-William Lapointe, sourire aux lèvres malgré tout.

Utopies

En résulte un recueil de poèmes foisonnant de personnages et de lieux fabuleux, que l’on finit par adopter entièrement tellement l’univers nous fait sourire. À la lecture de «Verdunland», on passe d'un tableau à l'autre comme autant de rêves mis sur papier. On rencontre un ogre géant en peine d'amour, on met les pieds dans un antiquaire fantastique et on visite un parc mobile qui prend soudainement vie lorsque des enfants espèrent sa venue.

«Oui, c’est ancré dans Verdun, mais ça aurait pu être Hochelaga, Gatineau ou Sherbrooke, a indiqué Baron Marc-André Lévesque. C’est l’idée de plaquer sur un monde qu’on connaît, concret et ordinaire, des images, des idées et des histoires surtout.»

La plume est belle, colorée comme accessible, simple, mais vaste, et permet une entrée tout en douceur, souvent en humour, dans ce monde plus grand que nature.

Cela dit, si l’univers décrit à travers ce recueil peut paraître hautement attrayant, «Verdunland» ne représente pas nécessairement pour les auteurs un quartier idéal ni un endroit qu’ils souhaiteraient habiter.

«On peut penser des utopies sans nécessairement vouloir qu’elles se concrétisent», explique Timothée-William Lapointe. Une dédicace apparaît d’ailleurs au tout début du recueil, toute simple : «Aux utopies».

«Je pense que c’est sain dans une société de penser des mondes ou des sociétés autres vers lesquels on peut tendre sans nécessairement vouloir y habiter, poursuit-il. Verdunland, c’est clairement un endroit dans lequel on ne pourrait pas habiter, ce serait impensable par exemple d’avoir un lion qui se promène en pleine rue, ou que les enfants s’occupent de tout ce qui relève de l’administration de la ville.»

«Mais ce n’est pas parce que c’est impossible ou improbable qu’on ne peut pas imaginer un Verdun qui serait autre et qui laisserait plus de place à l’expression politique des enfants, ou qui permettrait des activités plus farfelues, qui ne sont pas nécessairement basées sur une idée de profit ou quelque chose du genre, ajoute l’auteur. C’est un peu dans cette idée-là qu’on a dédié le livre aux utopies.»

Le recueil de poèmes «Verdunland» sera en librairie à partir du 22 septembre.

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