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Des primes pour encourager le retour au bureau ?

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Ève Lavoie

Selon le magazine The Economist, le siège social de Bloomberg en Angleterre verse maintenant 55 livres, soit 94 $, par jour, à ses employés qui font l’aller-retour pour travailler en personne dans ses bureaux « COVID-sécurisés » de Londres. 

Alors que certaines compagnies se délocalisent massivement en adoptant le télétravail comme nouvelle norme, la compagnie Bloomberg fait le pari opposé : celui des avantages de la réunion de personnel en chair et en os dans un même lieu pour générer un partage d’idées fructueux et un esprit de corps, malgré l’absence de poignées de main et d’accolades.

Cette prime quotidienne de presque 100 $ reflète le coût de la vie exorbitant de Londres. À Montréal, une semblable mesure reviendrait moins cher ; pour ranimer notre centre-ville comateux et éviter l’extinction des restaurants, des incitations de ce genre s’avéreront peut-être nécessaires . 

Nouvelle donne

L’aller-retour entre le travail et chez soi dans un trafic parfois dense jusqu’à l’immobilité ou dans des autobus ou wagons ridiculement bondés (la fameuse « classe-sardine ») semblait encore une fatalité, il y a un an. Ce journal, par exemple, distribué dans les stations de métro, dans son principe, présumait un flot ininterrompu de voyageurs aux heures de pointe. Et cette chronique Tant qu’à se déplacer s’adressait à des lecteurs mobiles dont plusieurs désormais continuent de travailler fort, mais sans mettre le nez dehors.

Eh bien, le bureau à la maison imposé par le confinement général a séduit tellement de travailleurs et conquis tellement d’adeptes que plusieurs employés à qui on demande de revenir au bureau rechignent et réclament une compensation. Cette attitude peut se résumer ainsi : « D’accord, patrons, je vais recommencer à perdre une ou deux heures par jour à me stresser dans la congestion, mais... j’exige un dédommagement conséquent ! »

Fardeau du déplacement

La revue économique américaine publiait il y a trois ans une étude, très souvent citée depuis, qui révélait que le « col blanc » américain moyen consentirait à une baisse salariale de 8% en échange du luxe de travailler à partir de la maison. Ce qui ne va plus de soi pour depuis le printemps dernier, c’est que le fardeau du déplacement doive incomber au travailleur : à ses frais, sur son temps.

La question était jadis comment se déplacer : en automobile solo, en covoiturage, en train, en autobus, en métro, à vélo, à trottinette, à la marche, à la course, etc.? Le télétravail fait surgir une deuxième question, qui court-circuite la première : pourquoise déplacer ? 

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