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L'auteur Yvan Godbout acquitté de porno juvénile

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Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

L’auteur québécois Yvan Godbout, qui avait été accusé de production de pornographie juvénile pour des extraits d’un roman à succès, a été acquitté par un juge qui a aussi invalidé de trop larges dispositions de la loi.

«De nombreuses personnes et institutions publiques [...] se retrouvent potentiellement en position de faire l’objet d’accusations [si la loi n’est pas changée]», a commenté le juge Marc-André Blanchard jeudi au palais de justice de Sorel-Tracy, en Montérégie.

Depuis février 2019, M. Godbout faisait face à des accusations de production de pornographie juvénile, en raison de son roman d’horreur «Hansel et Gretel», qui contenait des passages à caractère pédopornographique décrivant le calvaire d’un frère et d’une sœur.

Plainte d’un citoyen

Le livre, qui était vendu en grande surface, contenait un avertissement aux lecteurs, mais une plainte d’un citoyen a mené à l’arrestation de M. Godbout lors d’un important déploiement policier.

Tout son matériel informatique avait été saisi, et il avait longuement été questionné, entre autres sur sa sexualité.

«Le tribunal ne peut que constater le caractère a priori étonnant, pour ne pas dire exorbitant, des moyens déployés», a noté le juge en se questionnant sur toutes ces mesures.

Depuis, M. Godbout fait face à un stigmate associé aux agresseurs d’enfant; il a aussi perdu sa motivation d’écrire en se disant victime d’acharnement de l’État.

Liberté d’expression

Sa victoire de jeudi, pilotée par les avocats Jean-Philippe Marcoux et Jean-Sébastien St-Amand Grinois, est d’autant plus importante pour l’écrivain, qui a toujours clamé que «la violence sexuelle sur les enfants constitue la pire dégueulasserie qui puisse exister».

Il avait plaidé la liberté d’expression, tandis que la Couronne et l’État ont défendu la mise en accusation.

Après analyse, le juge a conclu que certains articles du Code criminel étaient trop larges, au point où même une victime de pédophilie serait limitée si elle voulait raconter son histoire. La décision ne donne toutefois pas carte blanche aux pédophiles, puisqu’elle cible des cas très spécifiques.

L’Union des écrivaines et des écrivains québécois s’est dite soulagée de la décision, tout en saluant le courage d’Yvan Godbout.

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