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Le Québec champion des opposants au couvre-visage

Image principale de l'article Le Québec champion des opposants au port du masque
Joël Lemay / Agence QMI

Le mouvement antimasque a le vent en poupe au Québec au moment où la deuxième vague de la pandémie frappe la province. Nulle part ailleurs au Canada ces manifestations ne recueillent autant l’adhésion du public. 

Alors que 10 000 manifestants ont marché sur Montréal à la mi-septembre, il n’était que quelques centaines à Vancouver, à peine une centaine à Toronto et quelques dizaines ailleurs.

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D’après un sondage national Léger, 15 % des répondants au Québec soutenaient le mois dernier les protestations contre le port du masque, alors que les chiffres étaient de 10 % en Ontario et de 12 % au pays.

Pour Roxanne Martel-Perron, du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, il est clair qu’il y a «une adhésion au mouvement plus grande au Québec qu’ailleurs».

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La présence d’acteurs connus comme Lucie Laurier, de groupes identitaires établis, dont La Meute, ou de politiciens comme Maxime Bernier, dans ce mouvement pourrait être une des raisons de sa popularité ici, selon Mme Martel-Perron.

À cela s’ajoute, dit-elle, un manque de résilience face aux fausses nouvelles et aux théories du complot véhiculées en ligne.

Complotisme

Les opposants aux mesures sanitaires disent en effet lutter pour les libertés individuelles, mais aussi contre un complot dirigé par les milliardaires et l’industrie pharmaceutique. On peut d’ailleurs observer lors de manifestations le logo de QAnon, une nébuleuse qui véhicule des théories du complot pro-Donald Trump.

C’est qu’«au Québec on remarque un croisement entre les antimasques et l’extrême droite qui a investi ce discours plus fortement qu’ailleurs au Canada», a indiqué Mme Martel-Perron.

Chercheur à l’école de criminologie de l’Université de Montréal, Samuel Tanner explique que la droite radicale québécoise était «très fragmentée» avant la pandémie, mais s’est maintenant regroupée autour du complotisme.

Radicalisation

«Ce qui m’inquiète, c’est qu’ils y trouvent une forme de soupape. C’est une communauté de prêt-à-penser pour des gens qui vivent de la panique et de l’angoisse face à la pandémie», a-t-il dit.

«Il ne faut pas minimiser la capacité de ces mouvements à générer de la violence», a-t-il prévenu.

«Il y a déjà eu plusieurs événements préoccupants. Il ne faut pas attendre que ça soit plus violent pour agir», a renchéri Mme Martel-Perron.

Ces dernières semaines, des menaces de mort ont été proférées contre les premiers ministres François Legault et Justin Trudeau, entre autres.

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