Joyce Echaquan: Le ministre Miller a eu une rencontre déchirante avec sa famille | 24 Heures MTL
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Joyce Echaquan: Le ministre Miller a eu une rencontre déchirante avec sa famille

Joyce Echaquan quelques mois avant son décès.
Photo courtoisie

Joyce Echaquan quelques mois avant son décès.

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, avoue qu'il a pensé à s’agenouiller aux pieds du fils de Joyce Echaquan pour lui implorer pardon lors d’une rencontre émouvante avec lui et d’autres proches en deuil de la femme attikamek. 

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«On parle d’un système de santé qui les a trahis et donc c’était peut-être nous qui aurions dû être à genoux devant eux et leur demander pardon, franchement», a laissé tomber l’élu montréalais en entrevue, mardi, au sujet de la réunion qu’il a eue en compagnie de sa collègue Carolyn Bennett, ministre des Relations Couronne-Autochtones.

Le moment déchirant, survenu jeudi soir dernier à Ottawa, est presque passé sous le radar. Le fils de seize ans de Mme Echaquan, Thomas-James, et un ami de la famille, Guy Niquay, ont mis le genou au sol et joint les mains dans les airs pour supplier le gouvernement Trudeau de passer à l’action afin de rendre justice à la mère de sept enfants morte à l'hôpital de Joliette sous le coup d'insultes racistes.

Passer à l'action, et vite

M. Miller dit avoir été particulièrement secoué par le «courage» du conjoint de Joyce Echaquan, Carol Dubé, qui a non seulement parlé pour celle qu’il pleure, mais pour bien d’autres victimes du racisme privées de dignité.

«C’est ma réflexion émotionnellement, mais la réalité, en tant que ministre, c’est qu’il faut qu’on passe à l’action», a ajouté M. Miller, mardi, se disant bien conscient que la population réclame qu’Ottawa passe en deuxième vitesse, de pair avec les provinces.

«Ça prend des réponses [avec] des commissions d’enquête allant au fond des choses [...], mais il faut aussi à long terme répondre à ce qui existe et qui est en toutes lettres dans le rapport de la commission Viens, c’est-à-dire les carences du système de santé envers les peuples autochtones qui sont victimes de racisme systémique», a-t-il martelé.

Changement de culture

Ottawa a multiplié les investissements pour réduire les écarts entre les services reçus par les Autochtones et les non-Autochtones, mais le dossier de la réconciliation piétine aux yeux de bien des intervenants. Dans son premier mandat, le gouvernement Trudeau a réinvesti 21 milliards $ sur huit ans dans des programmes sous-financés et a aboli plusieurs avis d’ébullition d’eau.

«Mais ça prend plus que des investissements financiers. Ça prend un changement de culture», a offert le ministre Miller, mardi, qualifiant la reconnaissance du racisme systémique de «moindre des choses».

Dans son discours du Trône, le gouvernement Trudeau promet d’accélérer la cadence pour élaborer avec les Premières Nations, les Inuits et la Nation métisse une loi sur la santé des Autochtones fondée sur les distinctions.

«Ça prend une mainmise des peuples autochtones sur leurs propres soins de santé. Pour ça, on parle nécessairement de la situation en réserves, mais aussi de la réforme qui doit se faire en milieux de santé disponibles à tous et chacun à travers le Canada.»

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