Musique: les deux pôles d’Antoine Corriveau | 24 Heures MTL
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Musique: les deux pôles d’Antoine Corriveau

L’auteur-compositeur-interprète Antoine Corriveau dévoilera «Pissenlit», son quatrième album en carrière, le 9 octobre. 
PHOTO COURTOISIE/LePetitRusse.
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L’auteur-compositeur-interprète Antoine Corriveau dévoilera «Pissenlit», son quatrième album en carrière, le 9 octobre. PHOTO COURTOISIE/LePetitRusse.

L’auteur-compositeur-interprète Antoine Corriveau propose avec «Pissenlit» un quatrième album en carrière à travers lequel l’artiste se livre à une réflexion sur lui-même comme sur le territoire qu’il occupe.

«À la base, ma première idée, c'était d’essayer d’aller dans quelque chose de plus personnel, de me dévoiler peut-être un peu, mais je ne savais pas exactement comment le faire sans que ça finisse par me déranger, sans sentir que j’étais un peu égocentrique ou quelque chose du genre», se souvient l’auteur à propos de ce qui a constitué son premier élan d’écriture pour l’album «Pissenlit», qu’il dévoilera le 9 octobre.

La pochette de l’album «Pissenlit», de l’artiste Antoine Corriveau, disponible dès le 9 octobre.
PHOTO COURTOISIE/LePetitRusse.

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La pochette de l’album «Pissenlit», de l’artiste Antoine Corriveau, disponible dès le 9 octobre. PHOTO COURTOISIE/LePetitRusse.

C’est seulement après avoir parcouru le Québec dans les dernières années, notamment pour différents projets musicaux et résidences d’écriture, que le musicien de 35 ans a voulu joindre à la composante plus personnelle de son écriture des considérations sociales.

«Ça a amorcé une grosse réflexion sur le territoire, sur comment on l’a séparé, comment on a un peu ghettoïsé les Premières Nations, poursuit le musicien. Ces éléments-là se sont mélangés pour moi et c’est à partir de ce moment-là que je suis devenu un peu plus conscient que ça allait devenir les deux pôles de l’écriture du disque et que j’allais pouvoir m'amuser un peu à ce qu’une chanson puisse parler de l’un comme de l’autre, passer de l’intime à quelque chose de plus social.»

Premières Nations

L’introspection de l’artiste en vient alors, et réciproquement, à nourrir des textes renvoyant au territoire québécois et aux dynamiques sociales qui y sont inscrites. Parmi elles, le sort réservé aujourd’hui aux Premières Nations y prend une place significative. La mort de Joyce Echaquan, survenue il y a quelques jours dans des circonstances tragiques, donne ainsi à son album une actualité bouleversante.

«C’est un drôle de “timing”, vraiment, indique Antoine Corriveau avec gravité. Il y a plusieurs années, Richard Desjardins avait fait le film «Le peuple invisible». Le mot invisible est quand même fort, il renvoie à cette disparition-là, ce peuple-là qu’on a un peu retranché dans des réserves et avec lequel on fonctionne très mal politiquement, avec lequel on est complètement en déni de notre histoire. L’histoire qui est enseignée ici, elle est tellement incomplète.»

L’auteur-compositeur-interprète Antoine Corriveau dévoilera «Pissenlit», son quatrième album en carrière, le 9 octobre. 
PHOTO COURTOISIE/LePetitRusse.

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L’auteur-compositeur-interprète Antoine Corriveau dévoilera «Pissenlit», son quatrième album en carrière, le 9 octobre. PHOTO COURTOISIE/LePetitRusse.

Le titre de son opus «Pissenlit» devient alors très éloquent pour l’artiste, les deux pôles qui guident sa démarche d’écriture résonnant ici de façon toute particulière.

«J’aimais beaucoup le côté qui nous ramenait au souvenir universel d’enfance, je trouvais que ça venait bien justement avec ce pôle personnel, mon parcours à moi, ma jeunesse, explique l’auteur. Et c’est une amie en fait, dans une discussion où on parlait justement de cette question du territoire et de la façon dont on le sépare, qui m’a dit qu’un pissenlit c’est comme une mauvaise herbe. C’est quelque chose qu’on veut arracher, qu’on veut enlever, qu’on veut cacher. À partir de ce moment-là, ça s'est mis à avoir du sens que l’album s’appelle comme ça. »

Cinq batteurs

Sur le plan musical, Antoine Corriveau dévoile une œuvre résolument rock, mais surprenante d’un titre à l’autre, le musicien n’ayant pas voulu se cantonner dans un style en particulier qui rassemblerait les treize titres de son opus.

«J’avais envie de faire un disque un peu plus “free-for-all" dans sa direction, j’avais envie de quelque chose avec beaucoup de ruptures de ton et de surprises dans la musique et les arrangements», explique le guitariste.

L’auteur-compositeur-interprète Antoine Corriveau dévoilera «Pissenlit», son quatrième album en carrière, le 9 octobre. 
PHOTO COURTOISIE/LePetitRusse.

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L’auteur-compositeur-interprète Antoine Corriveau dévoilera «Pissenlit», son quatrième album en carrière, le 9 octobre. PHOTO COURTOISIE/LePetitRusse.

L’enregistrement de l’album, qui s’est échelonné d’avril à novembre 2019, a débuté alors que les chansons qui allaient composer «Pissenlit» n’étaient pas encore terminées, ni même entamées. Le travail de studio, l’écriture et la composition progressaient dans un même grand souffle, chacun des trois volets inspirant les deux autres.

«Les premiers jours, j’ai enregistré avec cinq batteurs dans mon studio, raconte le musicien. J’ai enregistré juste des “beats” de drums. Je voulais me donner une espèce de matière première à partir de laquelle composer, plutôt que de commencer à partir de ce que je connaissais : la guitare ou le piano. Ça m’a permis de faire autre chose un peu dans ma composition.»

«Je me suis mis ensuite à écouter des rythmes et à essayer de repérer des bons moments dans ce qu’on avait enregistré, poursuit-il. Il y a deux trois chansons sur l’album que j’ai composées avec une basse juste en essayant de suivre les drummers, et ça a créé une espèce de squelette. Ensuite, j’ai construit là-dessus, j’ai écrit, j’ai ajouté des accords et des mélodies.»

L’album «Pissenlit» sera disponible dès le 9 octobre.

COVID et musique

En trame de fond à cette sortie d’album, impossible de ne pas aborder le contexte sanitaire qui bouleverse les plans pour l’ensemble de l’industrie de la musique. Les incertitudes sont nombreuses, les dommages collatéraux plus nombreux encore.

«En ce moment, c’est la grande incertitude, on ne sait pas du tout quoi faire, explique le chanteur. C’est très difficile, en fait, de construire une sortie d’album en ne sachant pas ce qu’on peut faire en “bookant” des spectacles. Nous, on fait un concert le 13 octobre pour lancer l’album. Ça devait être à la base en partie en salle, mais c'est devenu virtuel seulement. On est constamment en train de défaire ce qu’on a fait parce que ça change très vite.»

Il demeure possible de se procurer un billet pour la diffusion web du concert de lancement de l’album «Pissenlit», prévu le mardi 13 octobre à 20 h, via lepointdevente.com/cart.

Parmi les artistes les plus touchés par les mesures sanitaires figurent les musiciens-accompagnateurs, estime Antoine Corriveau, ces derniers n’ayant pas nécessairement accès à une grande variété de sources de revenus.

«Les créateurs, on a encore au moins la chance d’avoir des droits d’auteur, des redevances sur nos chansons jouées à la radio, on peut participer à des émissions, on peut avoir des cachets pour ça, etc., etc., soutient l’artiste. Mais les musiciens-accompagnateurs, si tu leur enlèves une tournée de 50 dates, tu leur enlèves les trois quarts de leur année financière ultimement. Je pense que c’est eux qui souffrent le plus en ce moment dans l’industrie de la musique.»

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