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Télétravail: quelle est la formule gagnante ?

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David Pereiras - stock.adobe.com

De récentes données révèlent que 6 travailleurs sur 10 souhaiteraient désormais travailler plus souvent, voire exclusivement de la maison. En parallèle, 64 % disent s’ennuyer de leurs collègues. En cette ère d’incertitude et alors que les façons de travailler ont été repensées, quelle serait la formule à privilégier pour que tous, employés comme employeurs, soient satisfaits ?

Une étude du Centre d’expertise et de référence en santé publique (INSPQ) montre que 50 % des travailleurs québécois ont télétravaillé de la fin de mars à la mi-avril. Le travail à distance a depuis gagné en popularité, si bien que moins du tiers des employés souhaite désormais retourner au bureau.

Selon Manon Poirier, directrice générale de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA), les travailleurs ont pris goût à cette formule principalement en raison de sa flexibilité en matière de conciliation travail-vie personnelle. « Ils en redemanderont et les employeurs n’auront d’autre choix que de l’offrir, ne serait-ce que d’un point de vue de l’attractivité de la main-d’œuvre. »

L’importance de la planification

Pas étonnant, dans ce contexte, que plus de la moitié des entreprises (57 %) planchent sur une manière de maintenir les mesures actuelles de télétravail au cours des prochains mois, révèle un récent sondage réalisé par le CRHA auprès de professionnels en ressources humaines. Le nerf de la guerre ? Un système performant à long terme, croit Manon Poirier.

« Alors que [le télétravail] a été implanté dans l’urgence, il est désormais nécessaire de planifier la suite afin que la pratique s’inscrive dans un continuum d’équilibre entre efficacité et durabilité, de même que protection de la santé et de la sécurité des employés, précise-t-elle. L’un des grands défis sera de maintenir la culture organisationnelle dans le temps, et ce, malgré la distance. »

La directrice du CRHA estime qu’une forme hybride alliant télétravail et activités en présentiel au bureau représente une option prometteuse. « Avec cette formule, il faudra repenser la présence au bureau afin de s’assurer que celle-ci soit à valeur ajoutée, et en profiter pour tenir des réunions, des rencontres avec le supérieur immédiat ou encore pour discuter de questions plus délicates. »

Une question de confiance

L’intégration réussie d’une culture de télétravail dépend également du niveau de confiance qu’accorde le patron à son équipe. « Si on savait déjà que la microgestion était chose du passé, la pandémie a renforcé l’importance de faire place à la confiance, à l’autonomie et à la responsabilisation, énumère Manon Poirier. Le gestionnaire devient un coach qui accompagne son employé dans l’atteinte de ses objectifs. Il m’apparait plus important de se concentrer sur la livraison des résultats plutôt que d’analyser [le nombre d’heures travaillées]. »

Manon Poirier rappelle en outre que télétravail ne signifie pas pour autant absence de liens et de suivis. Par conséquent, une circulation claire et directe de l’information est primordiale. « Alléger la structure hiérarchique est une bonne façon d’assurer la transmission des messages, suggère-t-elle. Les webconférences devraient aussi être privilégiées, dans la mesure du possible, pour briser l’isolement et préserver une qualité des relations entre collègues. » 

DERNIÈRE MISE À JOUR : 2020/09/25

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