Geneviève Pettersen nous parle de l'importance de la musique dans La déesse des mouches à feu | 24 Heures MTL
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Geneviève Pettersen nous parle de l'importance de la musique dans La déesse des mouches à feu

Image principale de l'article L'importance des chansons pour Geneviève Pettersen

Alors que les salles de cinéma sont contraintes de fermer pour cause de seconde vague de COVID, l’adaptation cinématographique de La déesse des mouches à feu trônait au sommet des entrées au Québec.

Le film d’Anaïs Barbeau-Lavalette regorge de références musicales. Et le roman de Geneviève Pettersen à l’origine du scénario contient lui aussi son lot de passages où l’on nomme directement les groupes dont s’abreuve cette jeunesse un brin rock n’ roll. 

Nous avons parlé à la romancière afin qu’elle nous parle, entre autres, de l’importance de la musique dans son récit. 

Ça a été quoi ta réaction au succès du film?

Évidemment, je vis un sentiment doux-amer parce que le film a été retiré temporairement des salles de cinéma après avoir connu un vif succès au box-office le premier week-end. Ce sentiment est un peu à l’image de mon rapport à la sortie de La déesse au cinéma: d’un côté, je ressentais une certaine fébrilité à voir mon histoire au grand écran, mais, de l’autre, j’avais certaines craintes aussi par rapport à la réaction des gens justement parce que... c’est mon histoire. 

Force est d’admettre, par contre, qu’Anaïs a réussi un tour de force en ramenant les ados au cinéma. Ça faisait la file avec les skates en dessous du bras pour le voir. Juste pour ça, ça aura valu la peine d’adapter le roman au cinéma. Parce que cette histoire-là, je l’ai écrite pour que toutes les petites crisses et tous les petits criss du Québec sachent qu’il y a un «après», qu’il y a quelque chose au bout, qui les attend. C’est encore plus fondamental en ce moment de le répéter, je trouve.

La musique est omniprésente dans le roman. Est-ce que tu as tenu à avoir un droit de regard sur le choix de chansons qu’on entend dans le film?

Je ne m’en suis pas mêlé du tout. Je faisais confiance à l’équipe et au génie de Maxime Veilleux, qui est le directeur musical. Il faut aussi souligner que la seule limite, dans un livre, est l’imagination de son auteur. Au cinéma, c’est une autre réalité. Mais il y a des morceaux de bravoure musicale dans le film. On a quand même Rock and Roll Suicide de Bowie. Depuis C.R.A.Z.Y., je ne pense pas qu’on ait vu une trame sonore aussi big au Québec. Pis y a Les BB, les Cramps, et une version revisitée de Voyage Voyage qui me fait brailler à chaque fois.

Au moment d’écrire le roman, est-ce que tu t’es replongée musicalement dans la musique que tu cites?

Clairement. Je me suis mise à réécouter mon adolescence au complet. Je n’ai pas arrêté depuis, par ailleurs. Je fais beaucoup de sport et c’est dans ces temps-là que je ressens un besoin viscéral de «blower» du NOFX, du Lagwagon, du Face To Face et du System Of A Down dans mes écouteurs. Je me suis remise à reparler comme à l’époque aussi quand j’écrivais le livre. Mon Dieu, ça devait être vraiment désagréable pour mon entourage.

Est-ce qu’il y a des groupes cités dans le livre que tu écoutes encore?

Mets-en! David Bowie en particulier. Mais j’ai récemment renoué avec des groupes comme Propagandhi ou Bad Religion. C’est peut-être à cause de la conjoncture politique dans laquelle on se trouve.

On dirait qu’il y a juste à Chicoutimi que les jeunes des années 90 écoutaient les Wampas et les Cramps. Est-ce que je me trompe?

Oui d’ailleurs, les Wampas sont même venus y faire un spectacle. On avait une scène très vivante. No Use For A Name est venu aussi. Pour nous, c’était big.   

Tu parles du fameux lecteur CD Panasonic Shockwave. Penses-tu que certaines habitudes d’écoute musicale se sont perdues avec les nouvelles technologies?

Au contraire, je pense qu’on a beaucoup plus de possibilités. Mais y a un peu de magie qui s’est perdue, c’est certain. Faisons ici référence au personnage de Keven. C’est un gars mystérieux qui préservait jalousement ses découvertes musicales pour lui des oreilles qu’ils jugeaient hérétiques. Il donnait juste des mixtapes à sa garde rapprochée. Il me semble qu’on en a tous eu un, un ami de même. Ça te faisait chier quand il ne voulait pas te dire quoi était quoi ou te donner une cassette, mais tu te sentais spéciale en maudit quand tu atteignais enfin le statut social nécessaire pour qu’il daigne te dire «écoute, cette chanson-là c’est les (insérer-ici-le-nom-d ’un-band-obscur-de rockabilly)». 

Dans certaines scènes reprises dans le film, les références musicales ne sont pas les mêmes. Exemple: une référence à Supertramp devient une référence à Offenbach. Même chose pour Bon Jovi qui a été remplacé par Les BB. C’était pour intégrer du contenu québécois?

C’est une question de... budget!

Qu’est-ce qui s’en vient pour toi côté projets d’écriture?

La suite de 13 avenue et un nouveau roman qui s’appelle La reine de rien

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