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Ce que révèle le passage de Julie à Occupation Double

Le passage de la candidate Julie Munger à «OD Chez nous» a contribué à nourrir une réflexion sur la façon dont la société accepte aujourd’hui la diversité corporelle.
PHOTO COURTOISIE

Le passage de la candidate Julie Munger à «OD Chez nous» a contribué à nourrir une réflexion sur la façon dont la société accepte aujourd’hui la diversité corporelle.

La participation de Julie Munger à «OD Chez nous» a fait beaucoup jaser dans les derniers jours. La jeune femme plus ronde que les autres candidates ne réussit pas à développer de connexions amoureuses avec les participants, ce qui amène une réflexion sur la diversité corporelle dans notre société. Nous en avons discuté avec différents intervenants. 

«Le passage de Julie révèle un malaise et enfin quelqu’un le dit tout haut à la télé populaire à des heures de grandes écoutes», indique d’emblée l’autrice Edith Bernier qui a fait paraître en septembre le livre «Grosse, et puis ? - Connaître et combattre la grossophobie». 

Instrumentalisation

«Elle a suscité une relative vague de sympathie et je trouve ça formidable parce qu’il y a beaucoup de personnes qui se disent : c’est vrai l’espèce d’instrumentalisation dans l’émission. Je peux comprendre qu’elle se sente utilisée ou que les gens la sentent utilisée. C’est une réalité qui existe beaucoup à la télévision, dans les publicités, etc.», ajoute-t-elle. 

«Dans trop de médias que ce soit films ou télé, la personne grosse elle est souvent asexuée. C’est l’amie grosse, c’est le gars drôle qui est gros, c’est la personne qu’on embrasse pour rire, c’est celle qui n’a pas d’histoire amoureuse ou qui n’est pas un parti potentiel», renchérit la sexologue Laurence Desjardins. 

Cette fois, cependant, la personne grosse a choisi de mettre son pied à terre. Julie n’est pas un faire-valoir et elle ne pouvait pas être plus claire dans une lettre ouverte publiée jeudi dans «La Presse». 

«Je me suis inscrite à Occupation double pour passer un message clair! Un message qui a une importance capitale à mes yeux : voyez plus loin que le physique, esti!», écrit-elle. 

Le passage de la candidate Julie Munger à «OD Chez nous» a contribué à nourrir une réflexion sur la façon dont la société accepte aujourd’hui la diversité corporelle.

PHOTO COURTOISIE

Le passage de la candidate Julie Munger à «OD Chez nous» a contribué à nourrir une réflexion sur la façon dont la société accepte aujourd’hui la diversité corporelle.

Mickaël Bergeron, auteur de «La vie en gros – Regard sur la société et le poids», salue tout de même les efforts de la production pour mettre de l’avant la diversité. 

«Je pense qu’il faut habituer les gens à la différence. Et là-dessus, je fais un «high five» à “Occupation double” parce que d’inclure une personne avec un corps différent, ça fait partie de ce qu’il faut faire pour diminuer la discrimination et les préjugés envers les personnes grosses», affirme-t-il. 

Influence du groupe

Le problème avec la présence d’une personne différente à «OD Chez nous» est l’influence du groupe. 

«Tu ne peux pas être trop marginal dans la gang parce que tu peux te faire exclure», souligne Laurence Desjardins. 

«Il y a probablement des gars là-dedans qui ont eu des partenaires sexuelles qui ressemblent à Julie, qui ont fantasmé sur des gens comme Julie ou même qui se “taperaient” Julie. Mais parce qu’ils ont des options de “pétards” et qu’ils sont devant le groupe, il y a comme une gêne. Il y a l’influence du groupe qui leur demande d’être quelque chose pour le Québec, pour leurs chums, pour le groupe», avance la sexologue. 

«Ultimement, ça reste un show de télé. L’émission elle-même se retrouve peut-être entre deux chaises, entre quelle émission de télé ils veulent faire et quelle émission de télé va vendre», soutien Mme Desjardins. 

Une chose est sûre, la présence de Julie Munger à «OD Chez nous» aura mis à l’avant-plan l’enjeu de la diversité corporelle dans notre société. 

«Il y a une partie de moi qui espère qu’après l’aventure Occupation double, Julie va pouvoir être invitée sur plein de tribunes pour raconter son aventure, mais aussi pour démystifier bien des trucs, que ça va permettre d’alimenter cette discussion-là», conclut Mickaël Bergeron. 

- Avec la collaboration de Gabriel Beauchemin

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