«Je t’aime Beyrouth»: le message d’amour universel de Mika | 24 Heures MTL
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«Je t’aime Beyrouth»: le message d’amour universel de Mika

Mika a été touché droit au cœur lorsque les explosions du 4 août dernier, dans le port de Beyrouth, ont ravagé sa ville natale. En guise de réplique à l’horreur, celle de la pandémie comme du drame au Liban, le chanteur a mis sur pied le concert caritatif virtuel «Je t’aime Beyrouth», que TVA diffusera en exclusivité canadienne ce vendredi.

En vidéoconférence avec une poignée de journalistes québécois, depuis Athènes, mardi matin, le futur directeur artistique de «Star Académie» a expliqué avec toute son éloquence que «Je t’aime Beyrouth» prend la forme d’une communion d’esprit, au message «large et universel».

Mika

AFP

Mika

Le rendez-vous a déjà rallié des internautes de 120 pays à travers le globe lors de sa première diffusion sur YouTube, le 19 septembre dernier, malgré l’intimité engendrée par le confinement. Et le projet a été porté avec beaucoup d’amour, a spécifié Mika.

«Quand on parle de Beyrouth, si on ne connaît pas le Liban et l’histoire récente du pays, on a tout de suite l’idée que c’est déjà la [catastrophe]. Pour beaucoup de gens autour du monde, ce n’est pas évident de comprendre le côté humain. C’est horrible de le dire, mais il y a un peu cette perception, que ça ne marche pas [là-bas], que le système politique est plein de corruption, que c’est la guerre...» a dépeint ce dernier.

«Et, quand j’ai réalisé que le concert se vendait partout dans le monde, je me suis dit qu’on avait une responsabilité. Il fallait communiquer de l’émotion, provoquer de l’empathie, raconter des histoires, former une connexion humaine. Pendant une heure quarante, on éteignait le côté politique, mais on n’adoucissait pas le côté humain. On amplifiait de petites histoires humaines, dans ce monde où les scandales font le plus de bruit, où les images d’apocalypse nous prennent l’attention. La partie humaine, après, est souvent oubliée», a continué l’auteur-compositeur-interprète de renommée mondiale.

Larmes et danse

Après sa première vie sur le web, l’événement «Je t’aime Beyrouth» a ensuite été présenté à la télévision, sur France 2 le 1er octobre, ainsi qu’en Italie et au Liban.

Le spectacle, de près de deux heures à l’origine, a été filmé dans un petit théâtre des années 1950, en Toscane, où on avait posé des caméras «dans tous les angles», a confié Mika. Une pléiade de personnalités y ont participé.

Ici, il sera relayé dans un format de 90 minutes, incluant les pauses publicitaires. TVA a conservé au montage, pour le public québécois, les numéros mettant en vedette Louane, Kylie Minogue et Rufus Wainwright. Bien sûr, Mika y revisite ses grands succès.

Rufus Wainwright

PHOTO COURTOISIE/V Tony Hauser

Rufus Wainwright

Et l’heure est à la fête malgré les tristes circonstances, a promis l’instigateur, qui se faisait un devoir de rendre hommage à la résilience des Libanais, un trait caractéristique important de son peuple, estime-t-il.

«C’était un challenge de parler de certaines histoires qui, franchement, tirent les larmes, et, une minute plus tard, être en train de danser, a illustré l’artiste. Si je n’arrivais pas à mélanger tristesse et joie, à créer un grand écart d’émotion, à faire pleurer et danser les gens, ça ne serait pas fidèle à ce que, moi, je considère la partie la plus libanaise de ma personnalité.»

En achetant les droits de diffusion de «Je t’aime Beyrouth», TVA s’est engagée à remettre l’entièreté des sommes de la licence de diffusion aux organismes Croix-Rouge libanaise et Save The Children Liban, organismes auxquels étaient dédiés tous les dons récoltés grâce à «Je t’aime Beyrouth». Plus d’un million d’Euros ont déjà été accumulés.

«C’est un joli début à quelque chose qui va être très intense, qui s’appelle "Star Académie", qui arrivera l’année prochaine», a souri Mika, qui se dit déjà heureux de sa collaboration avec TVA.

Graves répercussions

Mika et sa famille n’ont pas perdu de proches dans la tragédie d’il y a deux mois, qui a causé 200 morts, fait 6000 blessés et laissé 300 000 personnes à la rue.

«Mais chaque personne que je connais connaît quelqu’un qui a été blessé, qui a tout perdu ou qui est mort, a nuancé Mika. C’est une crise qui est difficile à quantifier. Quelques centaines de personnes sont mortes à cause de cette explosion, mais quand on cherche à visualiser 300 000 personnes qui n’ont plus de maison, ça devient surréaliste. Les répercussions de ces deux explosions, en combinaison avec l’instabilité politique, la crise économique et la COVID, rendent la situation très critique à Beyrouth.»

TVA présente le concert «Mika : Je t’aime Beyrouth», ce vendredi 16 octobre, à 22 h 35.

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