Bureau de projet REM: 5,69 millions $ répartis dans un organigramme fantôme | 24 Heures MTL
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Bureau de projet REM: 5,69 millions $ répartis dans un organigramme fantôme

Avancement des travaux du chantier du Réseau express métropolitain (REM), à Brossard, mercredi le 16 septembre 2020. Sur cette photo: La future station Panama.
JOEL LEMAY/AGENCE QMI
Joël Lemay / Agence QMI

Avancement des travaux du chantier du Réseau express métropolitain (REM), à Brossard, mercredi le 16 septembre 2020. Sur cette photo: La future station Panama. JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Il est impossible de connaître l’organigramme de l’équipe qui développe le Réseau express métropolitain (REM), malgré la quantité importante de fonds publics investis dans ce mégaprojet de transport collectif.

Les 42 employés responsables de la supervision et de la coordination de l’ensemble des travaux d’installation de ce train léger toucheront un salaire total de 5,69 millions $ en 2020, soit un montant annuel de 135 000 $ par personne en moyenne.

«Ce nombre est tout à fait raisonnable en regard de l’importance du rôle stratégique de cette équipe pour gérer avec succès un projet de l’ampleur du REM», a expliqué la porte-parole au bureau du REM, Emmanuelle Rouillard-Moreau.

Le «24 Heures» a dû avoir recours à la Loi sur l’accès à l’information pour obtenir ces données auprès de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), dont la filiale CDPQ Infra est responsable du développement du REM.

L’accès à un organigramme, pour consulter le titre des divers postes, nous a toutefois été refusé; nous n’avons pu obtenir que le nom des six différentes directions. Le bureau du REM estime que la divulgation de ces informations porterait atteinte à sa compétitivité ou conférerait un avantage indu à des tiers.

Peu transparente

Ce n'est pas la première fois qu'il est difficile ou impossible d'obtenir des informations de la part du bureau du REM, même si la moitié de ce projet évalué à 6,5 milliards $ est financée par des fonds publics.

CDPQ Infra a mis sur pied en 2016 une société en commandite qui emploie la majorité de son personnel: Projet REM. Cette dernière n'a donc pas l'obligation de transmettre des informations et documents de nature publique comme doit le faire la Caisse.

«Cette structure permet de bien circonscrire le périmètre comptable du projet, facilite son financement à long terme et isole les activités du projet afin de mieux contrôler les coûts qui y sont liés», a souligné Mme Rouillard-Moreau.

Or, d'autres projets d'envergure ne nécessitent pas la mise en place d'une telle structure. Le prolongement de la ligne bleue du métro, un projet estimé à 4,5 milliards $, n’a pas nécessité la mise en place d’une pareille entité.

Projet REM s'oppose à la demande de rendre public le coût de certains contrats accordés. CDPQ Infra a refusé de transmettre au «24 Heures» les documents qu'elle possède sur de possibles retards dans l'échéancier de réalisation des travaux du REM.

En réponse à une demande d’accès à des documents, la Caisse a expliqué que la diffusion de ces documents aurait possiblement pour conséquence de révéler des stratégies et pourrait notamment la placer dans une position vulnérable dans le marché par rapport à ses compétiteurs.

Le journal «24 Heures» conteste cette décision en Commission d’accès à l’information.

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