Le plan global d’Eva pour révolutionner le commerce numérique: «Coopératives de tous les pays, unissez-vous !» | 24 Heures MTL
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Le plan global d’Eva pour révolutionner le commerce numérique: «Coopératives de tous les pays, unissez-vous !»

Image principale de l'article Une coopérative d'ici veut exporter son modèle
LOUIS-PHILIPPE MESSIER/24 HEURES/AGENCE QMI

La coopérative de livraison instantanée et de transport de personnes Eva, née au Québec pour rivaliser avec Uber, ambitionne d’internationaliser son modèle coopératif appliqué au commerce numérique le plus vite possible, le plus tôt possible.

Depuis ma chronique à son sujet dans le journal 24 heures la semaine dernière, la coopérative Eva est débordée d’appels de commerçants, de restaurateurs et de détaillants de Montréal, de Québec et de Saguenay qui souhaitent devenir membres pour offrir des livraisons instantanées avec suivi en temps réel sans que le client doivent télécharger une quelconque application.

Aujourd’hui même, les fondateurs d’Eva rencontrent les responsables de l’Association des Restaurateurs du Québec. Cet intérêt est facile à comprendre : les restaurateurs ont davantage besoin qu'Eva n’a besoin d’eux.

Localiser les revenus

Non seulement le service de livraison offert par la coopérative ne perçoit pas l’exorbitante «dîme» de 30 % des Uber Eats de ce monde, mais il laisse 100 % du montant de la course dans les poches du livreur. Quel pourcentage garde Eva? Aucun.

Si un jour Eva percevait un pourcentage, celui-ci serait fixé par ses membres. Les profits seraient réinvestis pour développer la coopérative ou redistribués sous forme de ristournes – un modèle bien connu des Québécois.

Néo-Desjardins

Puis-je vous révéler un «scoop» qui n’a jamais eu lieu ? Un regroupement de 17 000 chauffeurs new-yorkais s’apprêtaient à adopter l’application Eva au début de 2020 avant que la pandémie ne paralyse la planète. Un simple contretemps, jugent les fondateurs Raphaël Gaudreault et Dardan Isufi, qui ont tous les deux 24 ans et qui ne se versent pas de salaire depuis un an et demi, disent-ils, afin d’éviter de gruger les 630 000 $ de financement obtenus préalablement au lancement de l’application.

Ces Alphonse Desjardins de l’ère numérique en appellent à révolutionner l’ensemble du commerce mondial sur le mode coopératif pour revaloriser les petits et moyens joueurs locaux et nationaux par rapport aux monopoles titanesques qui ponctionnent l’argent et les précieuses données de leurs utilisateurs. Déjà, en mai 2019, MM. Gaudreault et Isufi discutaient avec des joueurs du milieu coopératif en Europe pour lancer une application de prêt d’appartement de pair à pair afin de concurrencer le géant Airbnb... avant que le coronavirus n’aplatisse le tourisme. Ce n’est que partie remise.

Publicité inutile

Même si son budget de publicité est quasiment nul et bien que ses fondateurs ne sont jamais passés à «Tout le monde en parle», la coopérative Eva progresse par le seul effet du bouche-à-oreille. «Au lieu de chercher à diviser nos chauffeurs pour mieux les exploiter, nous les encourageons à se liguer et à échanger ensemble dans des groupes Facebook Eva Montréal, Eva Saguenay, Eva Québec, de manière à ce que nos chauffeurs et nos clients deviennent nos meilleurs vendeurs», a expliqué M. Isufi.

Si en effet le besoin du service est criant, et si les gens s’en parlent, à quoi bon la publicité ?

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