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Pénurie de pots Mason: des problèmes d’inventaires chez le fabricant

Julie Grenier, une herboriste et artisane de Saint-Chrysostome, est photographiée devant quelques-unes de ses conserves de betteraves marinées ainsi que de compotes de pommes, de rhubarbes, de framboises et de fraises notamment. Mme Grenier fait des conserves depuis un an.
PHOTO COURTOISIE

Julie Grenier, une herboriste et artisane de Saint-Chrysostome, est photographiée devant quelques-unes de ses conserves de betteraves marinées ainsi que de compotes de pommes, de rhubarbes, de framboises et de fraises notamment. Mme Grenier fait des conserves depuis un an.

La pénurie et la forte demande pour les pots Mason Bernardin depuis septembre ont causé des problèmes d’inventaires et d’approvisionnement chez le fabricant.

«La demande a entraîné des contraintes d’offre, des délais prolongés et, récemment, une offre limitée des produits dans les magasins et en ligne», a fait savoir Newell Brands, qui détient Bernardin, le distributeur canadien des pots Mason.

L’entreprise a cependant précisé avoir augmenté sa production de verre, son nombre de fabricants de couvercles et la superficie de ses sites d’emballages pour «reconstituer» son inventaire.

«Nous avons fourni aux consommateurs une liste de détaillants autorisés où ils peuvent acheter nos produits en ligne ou en magasin», a ajouté un porte-parole par courriel sans toutefois nous en fournir une copie.

Rappelons que depuis cet automne, le désir de faire son propre jardin et de devenir autonome sur le plan alimentaire avec la pandémie avait créé un fort engouement pour le cannage d’aliments et de conserves, amenant du même fait une pénurie de pots Mason à la grande déception de certains consommateurs qui ne pouvaient plus s’en procurer, comme rapportait le Journal de Montréal dans un article publié le 26 septembre.

Encore aujourd’hui, la pénurie ne semble pas s’être totalement résorbée. Sur 14 détaillants de cinq bannières différentes contactés par le, plus de six magasins n’avaient toujours pas de pots Mason ou étaient encore en rupture de stock le 14 octobre dans la grande région de Montréal.

«On n’en a plus du tout à cause de la COVID, beaucoup de magasins de grandes surfaces n’en ont plus», a indiqué une employée travaillant dans un Rona de Saint-Laurent.

Le Journal le 24 Heures est passé dans un Rona situé à Ville Saint-Laurent à Montréal le 15 octobre en fin d’après-midi ; il ne restait qu’une caisse de pots Mason encore disponible.

GABRIELLE MORIN-LEFEBVRE/24 HEURES/AGENCE QMI

Le Journal le 24 Heures est passé dans un Rona situé à Ville Saint-Laurent à Montréal le 15 octobre en fin d’après-midi ; il ne restait qu’une caisse de pots Mason encore disponible.

Même chose chez la Shop BMR de Mont-Royal en rupture de stock à long terme depuis plus d’un mois.

«Moi mes commandes, je les ai faites à partir de l’entrepôt, je ne peux plus en avoir. Je n’ai pas eu de suivi là-dessus, je n’ai rien dans les commandes à venir», a commenté un responsable.

Parmi les formats encore disponibles dans les magasins, il ne restait que ceux de 250 ml et de 500 ml, dont notamment chez trois détaillants Walmart de LaSalle, Saint-Laurent et Laval où la pandémie a également retardé les commandes.

«On a passé nos commandes depuis longtemps, à cause de la COVID-19 ça retarde le processus», a renchéri un employé travaillant pour sa part dans un Canadian Tire du Carrefour Laval.

Les magasins Costco contactés par le 24 Heures avaient peu ou pas de pots Mason disponibles. « [Les pots Mason] ne sont pas vendu plus ou moins que prévu, et nous allons avoir de nouvelles commandes le printemps prochain», a toutefois précisé Martin Groleau, porte-parole chez Costco.

Des consommateurs déterminés

Après avoir cherché des pots Mason partout en magasin et en ligne dans la région de Lévis cet automne, l’artisane et herboriste Julie Grenier a dû faire preuve de détermination. Le journal «24 Heures» a reçu plus d’une centaine de témoignages comme le sien sur un groupe Facebook comptant au moins 33 000 amateurs de conserves.

Les rangés de vrac de l’épicerie écologique zéro déchet, Méga Vrac, sur l’avenue Mont-Royal, à Montréal, mardi le 20 octobre 2020. Sur cette photo: Des pots massons sont disponibles pour la vente

Joël Lemay / Agence QMI

Les rangés de vrac de l’épicerie écologique zéro déchet, Méga Vrac, sur l’avenue Mont-Royal, à Montréal, mardi le 20 octobre 2020. Sur cette photo: Des pots massons sont disponibles pour la vente

«Mon conjoint est camionneur, il m’a dit : il y en a plein dans les magasins au Nouveau-Brunswick, je peux t’en ramener», raconte celle faisant ses conserves depuis un an à Saint-Chrysostome.

Mme Grenier a donc fait 50 à 60 conserves jusqu’à présent et il lui reste encore dix pots. Elle souhaite tout de même se préparer en cas d’arrêt de production de pots Mason jusqu’au printemps 2021.

«Ça va me pousser à en acheter plus maintenant, pour en prévoir l’année prochaine », a-t-elle ajouté.

D’après Mme Grenier, la pandémie a amené plus de consommateurs à faire leurs propres conserves dont le goût, et la qualité «n’a rien à avoir» avec celles vendues en épicerie.

«Ce qui est bien c’est d’ouvrir un pot de compote l’hiver en plein mois de janvier et de se dire : hey, c’est moi qui l’ai fait, c’est les fruits qui viennent de mon jardin (...)», a-t-elle confié.

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