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Le taux de chômage est presque deux fois plus élevé à Montréal qu'aux alentours

Image principale de l'article Un taux presque deux fois plus élevé à Montréal
STEVE MADDEN/AGENCE QMI

Le taux de chômage de la région de Montréal est presque deux fois plus élevé que celui qu'on observe en Montérégie et à Laval, ses régions voisines. Cet écart, qui existait déjà avant la pandémie, s'est accentué depuis le début de celle-ci.

Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), un Montréalais sur sept (13,2 %) serait chômeur en septembre 2020, soit 5,8 % de plus qu’au mois de mars.

En comparaison, la Montérégie et Laval affichent des taux de chômage respectifs de 7,4 % et de 7,1 %, et des hausses de 3,2 % et 1,2 % depuis le début de la pandémie. La moyenne québécoise se chiffre à 8,5 %, une augmentation de 1,2 % depuis mars.

Dans les trois régions ainsi qu'à l'échelle provinciale, le taux de chômage n’est pas redescendu à ce qu'il était avant la pandémie, mais c'est à Montréal où l’écart est le plus important partout au Québec.

Pour la chercheure à l’Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) Julia Posca, le phénomène s’explique en partie par des facteurs démographiques, notamment puisque plusieurs nouveaux arrivants choisissent de s'installer dans la métropole.

«Les immigrants récents ont un taux de chômage plus élevé», a souligné Mme Posca, ajoutant que ceux-ci détiennent aussi des emplois plus précaires ou à temps partiel, donc plus susceptibles d'avoir été affectés par la pandémie.

Secteurs touchés

La métropole comprend plusieurs salles de spectacles, musées, cinémas, bars et restaurants, des industries qui sont fort touchées par les mesures sanitaires gouvernementales et qui ne peuvent pas pratiquer leurs activités normales en zone rouge.

Or, les fermetures temporaires d'établissements ne sont pas nécessairement reflétées dans le taux de chômage, a précisé la chercheure.

«Toutes les entreprises qui sont fermées actuellement n’ont pas nécessairement mis leurs employés à pied, a-t-elle dit. Certaines ont pu simplement réduire leurs heures à zéro sans couper leur lien d’emploi. Ces employés touchent alors peut-être une prestation fédérale en attendant de retourner au travail.»

Préoccupant

Le fait que le taux de chômage demeure considérablement plus élevé qu'au mois de mars n'étonne pas la chercheure, qui juge que la situation actuelle n'est pas alarmante, mais qu'il faut s'en préoccuper.

«Si on ne porte pas une attention particulière aux besoins des personnes qui ont perdu leur emploi, ça peut être inquiétant», a-t-elle dit, soulignant que ces taux de chômage peuvent avoir un impact sur la réintégration de l’emploi et les revenus.

Mme Posca tient à noter que le taux de chômage «a toujours été plus élevé» à Montréal qu’ailleurs au Québec.

Taux de chômage en pourcentage par région administrative pour les mois de mars et de septembre

Source : Institut de la statistique du Québec (2020)

Région Mars 2020 (%) Septembre 2020 (%) Écart (%)

Montréal 7,4 13,2 +5,8

Montérégie 4,3 7,4 +3,1

Laval 5,9 7,1 +1,2

Tout le Québec 5,9 8,5 +2,6

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