Nuit d’horreur à Québec: un cauchemar éveillé | 24 Heures MTL
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Nuit d’horreur à Québec: un cauchemar éveillé

Un monstre muni d’un sabre japonais a été arrêté après la nuit d’horreur dans le Vieux-Québec

Les pompiers ont été appelés en renfort pour nettoyer les scènes de crime.
Photo Agence QMI, Guy Martel

Les pompiers ont été appelés en renfort pour nettoyer les scènes de crime.

Québec s’est réveillé en plein cauchemar, hier matin, après qu’un meurtrier déguisé a froidement assassiné deux personnes en plus d’en blesser cinq autres avec une épée, dans le paisible Vieux-Québec en pleine nuit de l’Halloween.

Le présumé meurtrier dans cette affaire, Carl Girouard, a jeté un voile sombre sur une rare soirée un peu festive durant cette pandémie. La tragédie a été qualifiée de «nuit d’horreur» par le premier ministre François Legault.

Dans sa cavale sanglante entre 22 h 20 et 1 h, l’homme âgé de 24 ans et originaire de la Rive-Nord de Montréal aurait pris la vie de deux personnes qui avaient pour seul point commun de s’être retrouvées au mauvais endroit au mauvais moment.

À l’arrivée des policiers, la mort du directeur des communications du Musée national des beaux-arts du Québec, François Duchesne, 56 ans, et de Suzanne Clermont, une coiffeuse de 61 ans appréciée de tous, était évidente.

Leurs corps ont été retrouvés sur les rues du Trésor et des Remparts, mutilés par un sabre japonais appelé katana.

Déploiement massif

Après les meurtres, le suspect étant alors considéré comme dangereux, les autorités ont bouclé un énorme périmètre à l’intérieur des remparts de Québec.

Toute personne s’y trouvant devait s’identifier et quitter le secteur, tandis qu’on demandait aux résidents de s’enfermer chez eux.

L’ambiance était à glacer le sang à l’intérieur du secteur barricadé, alors que les nombreux policiers criaient aux passants de se mettre à l’abri en recherchant activement un tueur fou accoutré d’un costume médiéval.

Le suspect, Carl Girouard, a été appréhendé dans la nuit de samedi à dimanche au terme d’une chasse à l’homme.

Photo tirée de Facebook

Le suspect, Carl Girouard, a été appréhendé dans la nuit de samedi à dimanche au terme d’une chasse à l’homme.

Girouard a finalement été arrêté près de l’Espace 400e, à côté du Vieux-Port, au terme d’une chasse à l’homme qui a mobilisé toute la force opérationnelle du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) et le Groupe tactique d’intervention (GTI). C’est un agent de sécurité du Vieux-Port qui lui serait tombé dessus par hasard.

Le suspect a ensuite été transporté dans un centre hospitalier. Puis, selon nos informations, Girouard a été peu bavard durant son interrogatoire à la centrale de police de Québec, où il était accompagné d’un psychologue.

L’une des personnes blessées par le tueur a été transportée à l’hôpital.

Photo Agence QMI, Marc Vallières

L’une des personnes blessées par le tueur a été transportée à l’hôpital.

Des cinq autres personnes qui ont été blessées, deux l’ont été plus grièvement et ont dû subir une opération, mais on ne craint pas pour leur vie.  

  • Vincent Dessureault a parcouru les rues du Vieux-Québec dimanche: écoutez son récit au micro de Pierre Nantel sur QUB radio:    

Un geste planifié

«Ce matin [hier], j’ai la nette impression de rejouer dans un vieux film. C’est hallucinant, terrifiant, cela dépasse l’entendement», a indiqué, au lendemain du drame, le maire Régis Labeaume, rappelant l’attentat de la grande mosquée de janvier 2017.

«Il avait l’intention de faire le plus de victimes possible [...], visiblement il avait planifié son geste», a affirmé de son côté Robert Pigeon, le chef de la police de Québec, ajoutant que l’homme ciblait ses futures victimes de façon aléatoire.

Carl Girouard avait d’ailleurs des problèmes de santé mentale connus, d’après le SPVQ, ce qui a poussé le maire Labeaume à faire un nouveau plaidoyer pour l’ajout de ressources dans ce milieu. Le suspect avait même déjà mentionné le désir de tuer des gens, il y a plus de cinq ans, dans un contexte médical.

Hier après-midi, le jeune homme, qui aurait agi selon des motivations personnelles, a été formellement accusé de deux meurtres au premier degré et de cinq tentatives de meurtre.

Sous le choc

Des témoins qui ont tenté de porter secours aux défunts ont parlé de «bain de sang» et de «scène d’horreur» pour qualifier la violence des agressions. Dans le quartier historique dont les rues sont habituellement paisibles, la nouvelle a secoué les résidents. 

«Ç’aurait pu être moi». C’est le commentaire qui est revenu le plus souvent en allant à la rencontre de ceux qui habitent dans le secteur du Château Frontenac.

«C’est irréel. Un petit quartier tranquille du Vieux-Québec...», déplore Marie-France Rioux, qui a tenté de secourir en vain l’une des victimes.

«Heureusement, [le meurtrier] n’est pas passé à une heure où les enfants passaient pour recevoir des bonbons. Je ne peux pas imaginer l’horreur», souligne pour sa part Anne Pasquier, une résidente du secteur. 

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