COVID-19 : Des pistes pour ne pas souffrir du télétravail « imposé » | 24 Heures MTL
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COVID-19 : Des pistes pour ne pas souffrir du télétravail « imposé »

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Le télétravail donne un gros de coup de balai sur de nombreux ingrédients à la base du bien-être au travail. Si certains trouvent leur compte dans cette façon de travailler, d’autres en souffrent. Comment continuer de tirer satisfaction de son boulot ? 

Un bon milieu de travail satisfait trois besoins psychologiques fondamentaux, selon le psychologue organisationnel et CRHA Jacques Forest : autonomie, compétence et affiliation sociale.

« La satisfaction de ces besoins génère chez les employés une énergie positive et accrue, améliore leur performance et diminue leurs chances de souffrir d’épuisement professionnel », soutient le professeur à l’ESG UQAM, dont les travaux se penchent notamment à la santé mentale au travail.

Or, en télétravail « imposé », leur satisfaction est chamboulée. L’autonomie, par exemple, est accentuée par le travail solo à la maison. « Des personnes peuvent aller jusqu’à souffrir d’abandon tellement elles se sentent seules », dit Jacques Forest.

D’autres paramètres sont aussi altérés par la distance : l’esprit d’équipe est difficile à maintenir, la rétroaction spontanée n’existe pratiquement plus et la qualité des relations entre collègues est mise à mal. S’il y a des employés pour lesquels un tel environnement de travail est un paradis, pour d’autres, c’est une course pour retrouver et conserver leur motivation.

Autorégulation et connaissance de soi

La psychologue du travail Pierrette Desrosiers conseille de cibler les besoins professionnels non satisfaits et de ne pas hésiter à demander de l’aide ou à chercher des outils pour les combler. « Une personne privée de son milieu de travail peut vouloir se faire rassurer sur ses tâches et sur ses résultats. Il faut savoir remplacer le sourire sécurisant du superviseur par d’autres marques d’approbation et oser les solliciter. »

Jacques Forest est bien d’accord. Il suggère en outre de profiter de la pandémie pour mieux connaître ses forces et de les utiliser plus souvent et plus longtemps. « Plus on fait appel à nos compétences naturelles, plus on devient efficace et plein d’énergie », estime-t-il.

Cela dit, la perte de structure professionnelle peut être néfaste pour de nombreuses personnes. « Elles doivent apprendre à se discipliner, à structurer et à s’imposer des règles strictes pour ne pas sombrer dans la procrastination », ajoute Pierrette Desrosiers.

Aller au travail... sans sortir de chez soi

Afin de ressentir davantage de satisfaction en télétravail, on peut aussi reproduire notre routine habituelle. « Je conseille aux gens de se préparer mentalement et physiquement — oui, avec de beaux vêtements — pour aller au travail, même si c’est dans leur salle à manger », recommande Pierrette Desrosiers.

Reste qu’on ne peut vraiment recréer l’ambiance qui règne au sein d’une équipe de travail : les conversations de couloir, les lunchs partagés dans la salle de réunion ou à la cafétéria, voire les réunions informelles.

Le télétravail oblige donc les dirigeants à innover, selon Pierrette Desrosiers. Non seulement pour instaurer des pratiques de gestion du travail, mais aussi pour favoriser cette essentielle socialisation, même en mode virtuel.

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