REV sur Saint-Denis: le Réseau express vélo très achalandé dès son ouverture | 24 Heures MTL
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REV sur Saint-Denis: le Réseau express vélo très achalandé dès son ouverture

Inauguration de Réseau Express Vélo (REV) à Montréal, Québec, Canada. Le samedi 7 novembre, 2020.

Sur cette photo: Cyclistes sur le REV rue Berri direction sud

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI
Photo MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Inauguration de Réseau Express Vélo (REV) à Montréal, Québec, Canada. Le samedi 7 novembre, 2020. Sur cette photo: Cyclistes sur le REV rue Berri direction sud MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Le controversé Réseau express vélo (REV), si cher à l’administration Plante, est finalement devenu réalité sur la rue Saint-Denis. Pour célébrer la fin des travaux, des partisans de l’initiative ont déambulé samedi sur la nouvelle autoroute cyclable.

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«Ça va m’amener une nouvelle clientèle. Partout où ce genre de projet a été mis en place – en Europe, aux États-Unis, et même à Toronto –, ça a amené de nouvelles personnes», a dit le propriétaire de Code & Café, Jacques Nacouzi, qui organisait l’événement ayant rassemblé entre 1000 et 2000 personnes, selon lui.

Celui qui a pignon sur la rue Saint-Denis depuis deux ans et demi jure que plusieurs de ses voisins pensent comme lui, mais affirme qu’ils ont peur des représailles s’ils expriment leur avis.

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Car depuis cet été, ce sont surtout les détracteurs du REV qui se sont fait entendre. Ces derniers craignent que leurs clients provenant des autres quartiers et de la banlieue évitent la rue Saint-Denis, amputée désormais d’une voie automobile dans chaque direction au profit des nouveaux aménagements cyclistes.

Jacques Nacouzi, lui, est convaincu du contraire. «Pourquoi les gens des banlieues viendraient-ils à Montréal pour ce qu’ils ont au Carrefour Laval ou au Dix30? Il faut que la rue Saint-Denis se démarque, qu’elle offre une autre expérience. Maintenant, les gens vont plus prendre leur temps pour magasiner, ils vont peut-être s’arrêter pour prendre un café...», a illustré le jeune entrepreneur après sa tournée de vélo.

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Résigné

Pendant que les adhérents du REV inauguraient les deux nouvelles voies cyclables permanentes, Pierre Noël se résignait à devoir s’adapter au réaménagement de la chaussée, lui qui s’était vivement opposé au projet.

Le propriétaire de MycoBoutique, un magasin spécialisé dans les produits dérivés de champignons, restait tout de même inquiet pour l’avenir de son commerce parce que la plupart de ses clients viennent de l’extérieur du Plateau-Mont-Royal, mais aussi parce que le rétrécissement de la rue compliquera la vie de ses fournisseurs.

«Avec les travaux, les camions avaient déjà de la difficulté à circuler et il y a des fournisseurs qui ne viennent plus sur Saint-Denis. Il faut nous-mêmes aller chercher nos fournitures. Avec juste une voie de chaque côté, ils vont avoir encore plus de la difficulté à se stationner», a-t-il prédit, n’écartant pas l’idée de déménager, bien que ce ne soit pas dans ses plans dans un avenir rapproché.

À plus long terme, il ne pense pas que le REV permette de redynamiser la rue Saint-Denis, qui a déjà perdu de son lustre d’antan dans les dernières années à cause des nombreux travaux et de l’émergence du commerce électronique.

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«Je crois que ça va surtout avantager les commerces de service, comme les cafés, mais ça va faire mal aux plus gros commerces qui ont besoin d’un plus gros rayonnement. Les magasins de meubles vont être les premiers à partir», a mentionné M. Noël, qui fait partie des commerçants ayant envoyé une mise en demeure à la Ville de Montréal.

Travaux pénibles

Ils ne s’expliquent pas l’administration de la mairesse Valérie Plante ait lancé des travaux non urgents sur leur artère, alors qu’ils devaient déjà affronter les effets de la pandémie.

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«Peut-être que le projet va avoir du bon, mais on sent qu’il n’y a eu aucune étude d’impact et que ça a été précipité. Déjà que la période que l’on vit est stressante, en plus, on ne se sent pas écoutés par la Ville», a déploré Anne-Marie Laoun de la boutique Optique Georges Laoun, qui met aussi la Ville en demeure.

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Pour dédommager les commerçants touchés par les travaux engendrés par le REV, la mairesse Plante a mis sur pied un programme de subventions de 1,5 M $, un montant «symbolique qui est loin de couvrir les pertes», selon Pierre Noël de la MycoBoutique.

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