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Même Richard Martineau le dit...

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Photo d'archives

Je tiens le chroniqueur du Journal de Montréal Richard Martineau pour un baromètre assez fiable de l’opinion publique québécoise, qu’il pressent et qu’il ressent, qu’il comprend et que, très souvent, il exprime. Ce n’est pas par hasard s’il s’avère le commentateur le plus suivi du journal le plus populaire du Québec.  

Or, avant-hier, mon collègue a basculé du côté critique de la Force au sujet des mesures sanitaires en zone rouge qui cadenassent les musées, des bibliothèques, les théâtres, les gymnases, les restaurants, les cafés, etc.

Il y a deux semaines, je signais un texte pour saluer le mouvement des gymnases qui lançaient un ultimatum au gouvernement. Même s’ils reculaient à la dernière minute, estimais-je, leur initiative allait changer leur rapport de force. Le gouvernement les respecterait davantage à l’avenir au lieu de les sacrifier en pure perte, pour des raisons symboliques obscures, comme c’est le cas depuis le 1er octobre.

J’ai fulminé en apprenant qu’une des têtes d’affiche dudit mouvement était membre en règle des Hells Angels, ce qui minait la crédibilité de l’initiative.

Sourde oreille

Les fermetures pour rien de lieux où la transmission était nulle ou quasiment nulle comme les musées ou les cinémas (ou encore comme les restaurants ou cafés qui respectaient les consignes) demeurent un mystère impénétrable. Je plains d’autant plus les milliers de victimes de ces fermetures insensées que les acteurs des industries pénalisées savent leur sacrifice stérile.

Lueur d’espoir : la Direction régionale de la santé publique de Montréal a recommandé à Québec d’assouplir la partie injustifiée de ses mesures, notamment en permettant la réouverture des musées, des salles de spectacles et des gymnases. C’était un courtois rappel à la raison de la part d’une autorité scientifique bien enracinée dans la réalité à une autre peut-être plus déconnectée. Comme la raison n’avait rien à voir dans la décision initiale de fermer des endroits non dangereux, le gouvernement Legault a bien évidemment refusé d’écouter.

Basculement

Cet épisode de la Santé publique de Montréal qui demande quelque chose de sensé à la Santé publique du Québec qui, sans donner de raison (car il n’y en a pas), s’obstine à dire non, en a fait «décrocher » plusieurs, dont Richard Martineau.

Dans sa chronique dominicale intitulée «Vraiment, je ne comprends pas», mon collègue s’avoue mystifié par l’obstination du gouvernement. « Qu’on punisse les commerces délinquants et qu’on permette à ceux qui agissent de façon responsable (c’est-à-dire : la très grande majorité) d’ouvrir leurs portes !» écrit-il. «J’ai toujours appuyé le gouvernement dans mes chroniques. Mais là, aidez-moi à vous aider, simonac. » 

Puisse-t-il continuer de « cogner sur ce clou » pour faire basculer avec lui une partie toujours plus importante de l’opinion publique. S’il y a une chose que François Legault comprend, c’est un sondage.

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