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Parcours d’une fille fattoush

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photo courtoisie

Adelle Tarzibachi est débarquée à Montréal à l’âge de 23 ans. Presque 20 ans plus tard, la Syrienne d’origine est devenue une femme d’affaires aguerrie et engagée dans sa communauté. Rencontre.  

Dès son arrivée au Québec, en 2003, Adelle Tarzibachi s’est débrouillée. « J’ai fait tout, tout, tout toute seule », témoigne-t-elle. En commençant par s’inscrire à l’école, question d’obtenir un diplôme d’études professionnelles (DEP) en vente-conseil et d’en savoir davantage sur le marché du travail québécois et plus particulièrement sur sa culture entrepreneuriale.

« Quand on arrive dans un pays où tout est 100 % différent, c’est parfois une bonne idée de se former et de ne pas aller trop vite pour se trouver un emploi, conseille-t-elle. Il faut d’abord savoir comment tout fonctionne. Et puis ça donne un coup de pouce pour trouver un travail plus intéressant par la suite. »

Forte de cette formation et d’une meilleure connaissance de son pays d’adoption, elle a pu monter de toutes pièces sa petite boîte d’importation, Adeco Import. Objectif ? Faire rayonner le savoir-faire de la ville d’Alep, en Syrie, d’où elle est originaire.

L’entrepreneure ne s’est toutefois pas arrêtée là. Elle est aujourd’hui tout aussi investie dans Les Filles Fattoush, projet d’économie sociale qu’elle a cofondé en 2017 avec la productrice Josette Gauthier. Ce service de traiteur unique en son genre a une mission bien particulière : donner du travail à des réfugiées syriennes, appelées à cuisiner divers plats traditionnels de chez elles, de même que leur permettre d’améliorer leur maîtrise du français, et ce, tout en se faisant des amies. 

Depuis sa création, Les Filles Fattoush a ainsi facilité l’intégration d’une vingtaine de Néo-Canadiennes, des professionnelles de différents horizons — des entraîneuses sportives, des avocates ou encore des journalistes. Du nombre, sept sont aux fourneaux de l’organisme depuis les tous débuts de l’aventure, il y a trois ans. « Certaines femmes qui sont passées par Les Filles Fattoush ont ensuite réussi à trouver un emploi qui correspondait à leurs compétences grâce à l’expérience de travail et au bagage qu’elles ont acquis avec nous », se réjouit Adelle Tarzibachi.

Les défis de la pandémie

Comme toutes les petites et grandes entreprises un peu partout sur la planète, Les Filles Fattoush ont dû s’adapter à la crise sanitaire. « On a transformé notre modèle d’affaires », confirme la cofondatrice.

Pas le choix : la clientèle a changé depuis mars 2020. Les Filles Fattoush offrent désormais leurs services aux particuliers et aux petits groupes, elles qui avaient l’habitude de cuisiner pour des événements rassemblant jusqu’à une centaine de personnes.

En parallèle, elles continuent à développer — plus lentement que prévu, il est vrai — leur gamme d’épices importées directement de Syrie, puis emballées et étiquetées à Montréal. « Malgré la pandémie, on a pu embaucher une nouvelle employée », indique-t-elle.

Si la COVID-19 a ralenti Les Filles Fattoush et Adelle Tarzibachi, elle n’est cependant pas près de les arrêter !

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