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Quand Adib Alkhalidey se prononce sur le mot en «N»

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Capture d'écran tirée de Facebook

Invité à se prononcer sur la controverse entourant l’épisode censuré de La Petite Vie, l’humoriste Adib Alkhalidey a livré, dimanche soir, à Tout le monde en parle, un vibrant plaidoyer en faveur de la diversité et la réconciliation.

Voici quatre choses qu’on retient de son passage sur le plateau de Guy A. Lepage.

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1. La douleur des autres ne vous appartient pas

Celles et ceux qui sont blessés par l’utilisation du mot en « N » ne sont que très rarement consultés par les chroniqueurs et autres faiseurs d’opinions à majorité blanche, regrette l'artiste qui vient de lancer son premier album. 

« Les gens disent qu’ils ont mal. Je ne comprends même pas comment ça se fait que lorsque quelqu’un se dit blessé d’entendre un mot, quelqu’un d’autre insiste pour dire qu’il a le droit de l’utiliser. » 

2. Les jeunes racisés du Québec se sentent comme des apatrides

Adib Alkhalidey a grandi à Ville Saint-Laurent auprès d’un père iranien et d’une mère marocaine. Enfant, raconte-t-il, il n’a jamais vu d’acteur ou d’animateur qui lui ressemblait à la télévision québécoise. Les jeunes de 10 ans qui habitent aujourd'hui ce quartier montréalais ne se reconnaissent d'ailleurs pas plus à l'écran, déplore-t-il. 

« Ils se voient nulle part et quand ils se voient, on rit d’eux ou on les humilie. »

L'épisode controversé de «La Petite Vie» datant de 1995. De gauche à droite sur la photo: Guylaine Tremblay, Serge Thériault, Normand Brathwaite et Claude Meunier

CRÉDIT : AGENCE QMI

L'épisode controversé de «La Petite Vie» datant de 1995. De gauche à droite sur la photo: Guylaine Tremblay, Serge Thériault, Normand Brathwaite et Claude Meunier

3. Être arabe, c’est se faire traiter de terroriste toute sa vie

Au-delà des talents perdus, parce que, dit-il, les créateurs racisés ne jouissent pas des mêmes opportunités que leurs collègues blancs, Adib Alkhalidey assure qu’il y a du racisme au Québec et qu'il ne vise pas que la communauté noire. 

« Je me fais dire des choses que tu ne veux même pas entendre, que je peux même pas dire à la télé. »

4. On est dus pour un bon débat

Tandis que le premier ministre François Legault refuse de reconnaître le racisme systémique au Québec, Adib Alkhalidey en appelle au dialogue. Si on en est ces jours-ci à se questionner sur l’usage du mot en « N » et le retrait d'un épisode de La Petite Vie qui date de 25 ans, c’est parce qu’on a « skippé des débats. »

« Ça fait des années qu’on attend des mesures concrètes pour réconcilier les personnes racisées, les Autochtones et les immigrants avec le Québec, avec les personnes blanches. » 

Ils se sont prononcés en lien avec tout ça   

L'animateur Philippe Fehmiu, qu'on entend à la radio de Ici Musique, a été l'un des premiers à féliciter Adib Alkhalidey. 

L'avocate Shahad Salman, une résidente de Montréal, a remercié Adib Alkhalidey pour sa prise de parole fort éloquente.

Fritz Lionel Adimi est conseiller politique pour Jean-Yves Duclos, député de Québec au gouvernement fédéral. Son message abonde dans le même sens.

La productrice de films Élaine Hébert a, pour sa part, salué le calme et la politesse dont a fait preuve l'humoriste et chanteur. 

Jocelyne Robert, une sexologue très active sur les réseaux sociaux, s'est permis un parallèle entre racisme et sexisme.

Bernard Drainville, un ancien élu du Parti québécois devenu chroniqueur à la radio, a salué les propos tenus par Adib Alkhalidey.

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