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Zone rouge: des mesures qui ne plaisent pas à tous

Des citoyens qui appuyaient les décisions du gouvernement lors du premier confinement remettent en question le deuxième, puisque certaines décisions du gouvernement leur semblent manquer de logique. 

Plusieurs personnes interrogées par le 24 Heures ne comprennent pas pourquoi les musées, gymnases et restaurants sont fermés en zone rouge alors que les salons de bronzage, de coiffure, les centres d'escalade ou encore les piscines peuvent rester ouverts.

«Je suis sur le point de péter ma coche par rapport à la section extérieure du Jardin botanique encore fermée», a dit Marie-Ève Lépine, une mère de famille de Rosemont qui est membre des «Amis du jardin» depuis une dizaine d’années.

Non seulement la populaire activité Jardins de Lumière a été annulée cet automne, mais les parcs extérieurs du Jardin botanique sont cadenassés depuis le 1er octobre.

Mme Lépine juge absurde que ce vaste espace de quelque 70 hectares en plein air soit inaccessible sous prétexte qu’il s’agirait d’un «musée». «On a manqué le plus beau de l’automne au jardin... pourquoi ? C’est dehors !» s’est exclamée cette mère de trois enfants qui coordonne les programmes en Sciences de la gestion à l’UQAM.

Elle n'est pas la seule à déplorer la fermeture d'institutions culturelles. «Vendredi dernier, j’étais tassée comme une sardine à la quincaillerie, mais on a fermé le Biodôme qui avait limité ses visiteurs à 25 par demi-heure, alors je ne comprends pas», a dit Jessica Tourigny, une rédactrice web de 21 ans qui réside à Terrebonne.

L'étudiante en traduction à l’Université Concordia Mylène Baghdisar, âgée de 24 ans, a pour sa part déploré l’inaccessibilité des bibliothèques. «Les bibliothèques sont essentielles, ce n’est pas tout le monde qui a une bonne connexion Internet ou même un milieu de vie où l’on peut se concentrer», a dit cette résidente de Dollard-des-Ormeaux qui trouve difficile de poursuivre ses études avec des cours uniquement en ligne.

Illogique

En zone rouge, l’interdiction de rencontrer un ami, même dehors, en fait sourciller plusieurs, notamment les nouvelles mères qui se voient soudain empêchées de socialiser avec d’autres mères lors de balades.

«Je vois très peu de gens hors de ma bulle familiale depuis octobre et toujours dehors en respectant le deux mètres, parce que c’est important pour la santé mentale d’une jeune maman», a raconté une spécialiste de la publicité qui va parfois marcher avec d’autres mères avec poussettes.

«Je ne comprends pas que la science dise que le risque de contagion à deux mètres dehors est faible et qu’on l’interdise quand même, mais sinon je respecte scrupuleusement toutes les autres règles, d’autant plus que j’habite avec ma mère qui est à risque», a dit la résidente de Rosemont.

Désobéissance

La fermeture des restaurants, qui offraient un cadre sanitaire balisé et sécuritaire, a incité certains réfractaires à organiser des soupers clandestins entre amis. «C’est formidablement cave d’avoir fermé les théâtres, les restos et les cinémas !» s’est exclamé une résidente du Plateau-Mont-Royal de 39 ans qui a décidé de voir quelques amis lors de ce deuxième confinement, et qui doit évidemment garder l'anonymat vu ses soirées clandestines.

«J’ai respecté à la lettre les trois mois du premier confinement, j’étais dépressive, je braillais à rien, je voulais mourir», s’est souvenue la mère d’un enfant qui a fréquenté les lieux culturels pendant leur ouverture momentanée cet été.

Si vous avez besoin d'aide

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