Donald Trump s’accroche au pouvoir: quels sont les impacts de son refus de concéder la victoire? | 24 Heures MTL
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Donald Trump s’accroche au pouvoir: quels sont les impacts de son refus de concéder la victoire?

Élections américaines

Le candidat démocrate élu Joe Biden et l'actuel président des États-Unis Donald Trump, qui devra céder sa place le 20 janvier prochain.
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Le candidat démocrate élu Joe Biden et l'actuel président des États-Unis Donald Trump, qui devra céder sa place le 20 janvier prochain.

Refusant toujours de reconnaitre sa défaite, Donald Trump empêche son opposant démocrate Joe Biden d'accéder à des informations cruciales et à des ressources physiques essentielles lui permettant de mener à bien la transition vers le pouvoir.

Quelles conséquences pourrait avoir le refus du président sortant de collaborer avec son successeur? 

Voici tout ce qu'il faut savoir sur la (difficile et inhabituelle) transition Trump-Biden.  

1) La COVID-19 gagne du terrain           

Le refus de Donald Trump de reconnaître la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle complique la gestion de la pandémie de COVID-19. 

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Alors que les États-Unis font face à une résurgence du coronavirus, l'équipe du président Trump n'est pas autorisée à rencontrer celle de Biden, explique Julie-Pier Nadeau, chercheure en résidence à l’Observatoire des États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). 

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«Cela fait en sorte encore une fois qu’il y a des dossiers qui ne sont pas transmis et qu'on ne peut pas essayer de travailler ensemble sur l’approvisionnement de matériels de protection ou de coordonner la distribution de vaccins.»

Par ailleurs, même si sa victoire n'a toujours pas été reconnue par la Maison-Blanche, le président élu a sommé le Congrès à voter un nouveau plan d'aide à l'économie toujours fragilisée par la crise

2) Des enjeux de sécurité nationale             

Le refus de capituler de Donald Trump empêche Joe Biden et son équipe de recevoir les « daily briefing », ces rapports d’informations quotidiens portant sur divers enjeux politiques et de sécurités préparés par les services de renseignements.

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«En ce moment, il y a beaucoup d’informations qui se perdent et on craint que Joe Biden ne puisse pas prendre des décisions efficaces dès le début de sa présidence puisqu’il va devoir se mettre à jour sur de nombreux dossiers», soutient Mme Nadeau.

3) Des décisions de dernière minute      

Au moment d'entrer en fonctions, Joe Biden pourrait subir les conséquences de décisions que pourrait prendre Donald Trump au cours des prochaines semaines. Le républicain demeure président jusqu’à l’assermentation de son successeur, prévue pour le 20 janvier 2020.

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«Si Trump prend des décisions sur le retrait de forces armées, sur une intervention ou une riposte, les répercussions pourraient se retrouver dans la cour de son successeur», note Mme Nadeau. 

4) Des embauches en attente             

Le refus de Donald Trump de clairement concéder la victoire empêche l’Administration des Services généraux de fournir des locaux, des ressources et des budgets à Joe Biden pour la transition, précise Julie-Pier Nadeau. 

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«Ça fait en sorte que l’équipe de Joe Biden n’a pas accès aux ressources nécessaires pour faire certaines enquêtes de sécurité qui sont nécessaires», déplore-t-elle. Cette impasse est susceptible de retarder la nomination de fonctionnaires qui occuperont des postes clés dans l'administration Biden. 

Alors que des contestations judiciaires avaient perturbé la transition entre Bill Clinton et Georges W. Bush, il a fallu à ce dernier environ six mois pour compléter son équipe en matière de sécurité nationale, souligne Mme Nadeau.

5) Quelles Relations diplomatiques?    

Malgré le blocage des républicains, Joe Biden a pu réaliser des avancées sur le plan des relations diplomatiques, dont la victoire a été reconnue par de nombreux chefs d'État. 

Photo d’archives

Celui qui a servi comme vice-président lors des mandats de Barack Obama s'est en effet déjà entretenu avec de nombreux leaders de partout dans le monde, dont le premier ministre Justin Trudeau. 

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Une résolution à l'horizon?           

Même si Donald Trump tente de s'accrocher au pouvoir, lui et son entourage devront un jour ou l'autre concéder la victoire à Joe Biden qui sera assermenté le 20 janvier 2020, insiste la chercheure, comme le veut la Constitution américaine. Le républicain pourrait d'ailleurs finir par reconnaître sa défaite avant cette date-butoir.  

Julie-Pier Nadeau remarque un essoufflement en ce qui concerne les contestations judiciaires entamées par Donald Trump, qui avait jusqu’à mercredi soir pour demander un recomptage dans l’État du Wisconsin. L’équipe du président sortant a néanmoins avancé 3 millions $ pour un recomptage partiel dans cet État, rapportent plusieurs médias. Un recomptage complet aurait couté 6,9 millions $ au clan Trump. 

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D'ailleurs, malgré les efforts du président sortant pour ralentir la transition, cette dernière «avance», insiste Mme Nadeau. Elle «n'avance pas de façon optimale, mais il y a une transition qui se fait, même si Donald Trump bloque un certain nombre de choses».

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