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Retour sur les controverses linguistiques qui ont marqué Montréal et le Québec

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Photo courtoisie, Carmine Anoia

Si le recul du français dans les commerces du centre-ville fait beaucoup réagir depuis la publication d'un reportage du Journal la semaine dernière, Montréal et le Québec n'en sont certainement pas à leur première controverse linguistique.

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Voici donc un tour d'horizon des principales controverses linguistiques à avoir marqué le Québec dans les dernières années.

1. Pastagate (février 2013)

Le 14 février 2013, le restaurant Buonanotte, situé dans le quartier de la Petite-Italie à Montréal, a reçu une lettre d’avertissement de l'Office québécois de la langue française (OQLF) parce que son menu comprenait des mots en italien pour désigner les plats, comme pasta, antipasti et calamari.

Cet événement avait provoqué l’ire de la population, en plus de retenir l'attention de médias du monde entier. La majorité de la population francophone s’était d'ailleurs rangée derrière le restaurant. 

La controverse, qui avait mené à la démission de la présidente de l’OQLF de l’époque, Louise Marchand, est survenue au moment même où l'Assemblée nationale débattait d'un projet de loi visant une refonte de la Charte de la langue française. 

Photo CAPTURE D'ECRAN / TVA NOUVELLES

 

2. L’«accommodement» du gérant d’Adidas (novembre 2017)

En novembre 2017, la boutique Adidas de la rue Sainte-Catherine a été plongée dans la controverse à la suite des propos du gérant, Alexandre Des Roches, qui s’était presque excusé de parler français. 

«Je vais dire un mot en français, pour accommoder la Ville de Montréal et les médias francophones», avait-il lancé, lors de la réouverture de la boutique après d'importantes rénovations. 

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le premier ministre du Québec de l’époque, Philippe Couillard, avaient condamné les propos de l'employé d'Adidas.  

AFP

3. Le discours unilingue anglais de Valérie Plante (décembre 2018)

En décembre 2018, Valérie Plante avait livré un discours exclusivement en anglais pour annoncer l'implantation à Montréal de trois entreprises britanniques. La mairesse s'était contentée d'un «Bon matin à tous et à toutes» au début de son discours et d'un «merci» pour conclure. 

Après avoir refusé de s'expliquer, Mme Plante s'était défendue en disant ne pas avoir suivi ses notes parce qu’«elle était plus dans le moment». 

La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) et le Mouvement Montréal français (MMF) avaient vigoureusement dénoncé la mairesse lui reprochant de prendre trop souvent la parole en anglais. 

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Joël Lemay / Agence QMI

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

4. Interdiction du «Bonjour/Hi» (octobre2019)

En octobre 2019, le gouvernement du Québec avait songé à obliger les sociétés d'État et les commerces privés à accueillir leurs clients par un simple «Bonjour» pour mettre fin à l'usage du «Bonjour/Hi» dans la métropole. Québec avait finalement décidé de reculer. 

Pour motiver sa décision, le ministre Simon Jolin-Barrette soulignait que l'accueil en français dans les commerces montréalais est passé de 85 % en 2010 à 75 % en 2019. 

Sur la même période, l’utilisation exclusive de l’anglais a grimpé, passant de 12 % à 17 %, tandis que le «Bonjour / Hi» est passé de 4 % à 8 %.

5. Les cours uniquement en anglais du Cégep de la Gaspésie et des Îles à Montréal (février 2020)

En février 2020, le cégep de la Gaspésie et des Îles à Montréal ouvrait un campus en anglais seulement à Montréal, affirmant qu'un campus francophone était dans les plans pour l'automne.  

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, avait alors sommé l'établissement à offrir des cours en français s'il voulait en faire de même en anglais. 

6. Intervention en anglais de la cheffe du Parti libéral (septembre 2020)

Alors qu'elle s'apprêtait à s'adresser à la presse en anglais lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale, la nouvelle cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, s’est fait interrompre par le journaliste de Cogeco, Louis Lacroix. 

Il mentionnait qu'après plusieurs années à couvrir la politique à l’Assemblée nationale, il n'avait jamais assisté à une telle scène. 

Photo Simon Clark

7. Le restaurant Kitchen 73 (octobre 2020)

Un restaurateur de Montréal a dénoncé la visite d’un inspecteur de l’OQLF pour une possible contravention à la Charte de la langue française, alors que cette industrie est grandement affectée par la pandémie de COVID-19.

«Je ne comprends pas comment ils ont le guts de venir dans un établissement où tu vois qu’il y a des chaises et des tables et qu’il n’y a pas une personne dans la place», avait pesté M. Anoia, dont le restaurant, situé en zone rouge, ne pouvait rouvrir ses portes aux clients. 

Selon l'OQLF, l’inspecteur se serait fait «invectivé» par le propriétaire après s'être identifié et avoir expliqué la raison de sa visite. Comme c’est la procédure, l’inspecteur aurait immédiatement quitté les lieux, sans faire l’inspection. 

8. Incapable d’être servi en français au centre-ville (novembre 2020)

Dans un récent reportage du Journal de Montréal, on apprenait que dans la moitié des 31 commerces qu'une journaliste du Bureau d'enquête a visité du centre-ville de Montréal, elle a été accueillie en anglais. Dans certains cas, elle n'a même pas été capable de se faire servir dans la langue de Molière. 

«On est au centre-ville. Souvent, lorsqu’on accueille des clients en français, certains le prennent personnel et on se fait crier après», a même rapporté une employée du magasin Victoria’s secret, situé sur la rue Sainte-Catherine.

Le reportage a suscité de nombreuses réactions, dont celle du premier ministre François Legaut, qui a qualifié la situation d'inacceptable, et de la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Cette dernière a souligné que la Ville de Montréal ne pouvait «devenir une police de la langue française», appelant le fédéral à agir. 

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