[EN DÉVELOPPEMENT] Vaccins contre la COVID-19: on répond à vos questions | 24 heures
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[EN DÉVELOPPEMENT] Vaccins contre la COVID-19: on répond à vos questions

La communauté scientifique internationale s’efforce de développer un vaccin contre le SARS‑CoV‑2.
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La communauté scientifique internationale s’efforce de développer un vaccin contre le SARS‑CoV‑2.

Alors que Santé Canada a donné le feu vert à l’utilisation du vaccin de Pfizer/BioNTech, la plus vaste opération de vaccination jamais menée au pays s'amorcera au cours des prochains jours.

Mais toutes ces annonces concernant l'efficacité des vaccins et leur approbation partout dans le monde soulèvent de nombreuses questions. 

Voici tout ce qu'il faut savoir sur la course aux vaccins contre la COVID-19.

1) Les principaux vaccins contre la COVID-19   

Pfizer/BioNTech :                                                                     

Selon Pfizer/BioNTech, neuf participants du groupe placebo ont contracté un cas sévères de COVID-19 contre un seul dans le groupe vacciné.

Margaret Keenan, âgée de 90 ans, est applaudie par du personnel hospitalier après être devenue la première personne a avoir reçu le vaccin de Pfizer/BioNtech en Angleterre, le 8 décembre 2020.

AFP

Margaret Keenan, âgée de 90 ans, est applaudie par du personnel hospitalier après être devenue la première personne a avoir reçu le vaccin de Pfizer/BioNtech en Angleterre, le 8 décembre 2020.

• À lire aussi: Les Britanniques reçoivent leurs premières doses du vaccin

Moderna :                                          

Moderna a indiqué que sur les 196 participants ayant contracté la COVID-19, 185 étaient dans le groupe placebo et 11 étaient dans le groupe vacciné. 

Moderna a annoncé hier avoir mis au point un vaccin très efficace contre la COVID-19.

Photo AFP

Moderna a annoncé hier avoir mis au point un vaccin très efficace contre la COVID-19.

• À lire aussi: Moderna annonce un vaccin efficace à 94,5%

AstraZeneca (Angleterre et Suède) :  

  • Comment ça marche: Développé par le laboratoire AstraZeneca et l’Université Oxford en Angleterre en collaboration avec la Suède, ce vaccin est basé sur un adénovirus de chimpanzé appelé le ChAdOx1. Le vaccin utilise une technologie plus traditionnelle que ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna et est moins difficile à entreposer, puisqu'il doit simplement être conservé au réfrigérateur. Des études ont démontré que l’efficacité est optimale lorsqu’on administre une demi-dose suivie d’une dose un mois plus tard.              
  • Taux d’efficacité : Selon des résultats intermédiaires dévoilés lundi, le vaccin serait efficace entre 70 % et 90 %. Le groupe ayant montré l’efficacité de 90 % était composé d’un échantillon de 3 000 personnes. Le 26 novembre dernier, le directeur d'AstraZenca Pascal Soriot a affirmé qu'il faudrait une «étude supplementaire» après avoir reçu certaines critiques.            
  • Disponibilité : AstraZeneca dit vouloir remettre bientôt les résultats pour passer le feu vert et produire 3 milliards de doses d’ici 2021.                                

AFP

• À lire aussi: Le vaccin AstraZeneca-Oxford efficace entre 70% et 90%, mais plus facile à stocker

2) Qui aura accès aux vaccins en premier?   

Au Québec, on a appris que 57 000 québécois seront vaccinés d'ici début janvier. On sait également que les premiers à l'avoir seront les résidents en CHSLD et les employés du réseau de la santé. Selon les directives de vaccination publiées par l’Agence de la santé publique du Canada, on recommande de vacciner ces groupes de population en priorité :                                    

  • Les personnes présentant à haut risque de développer une maladie grave ou de décéder de la COVID-19, en raison de leurs âges ou de facteurs de risques ;                                     
  • Les personnes pouvant infecter d’autres personnes à risque ;                                     
  • Le personnel de santé qui lutte contre la COVID-19 ;                                     
  • Les travailleurs essentiels ;                                     
  • Les personnes dont les conditions de vie ou de travail augmentent le risque d’infection ou les personnes oeuvrant dans des communautés plus vulnérables (notamment chez les communautés autochtones).                                                                  
Une participante reçoit le vaccin mRNA-1273 de Moderna lors des premiers essais cliniques le 5 août 2020 à Détroit, au Michigan.

AFP

Une participante reçoit le vaccin mRNA-1273 de Moderna lors des premiers essais cliniques le 5 août 2020 à Détroit, au Michigan.

 • À lire aussi: Vaccin: à quand mon tour?

3) Quels sont les effets secondaires observés jusqu’à présent?  

Les seuls effets secondaires qui ont été observés chez plus de 2 % des participants à l'essai clinique de Pfizer/BioNTech sont la fatigue (3,8 %) et les maux de tête (2 %), ce qui démontre, selon le fabricant, que le vaccin est « bien toléré ».

Lors de la première phase de vaccinations au Royaume-Uni, des réactions ont été observées chez quelques participants ayant des allergies sévères. Les autorités déconseillent le vaccin à ceux qui ont déjà eu d'importantes réactions allergiques à un médicament, à de la nourriture ou à un vaccin.

Quant à Moderna, 9 à 10 % des personnes vaccinées ont subi des effets secondaires après la seconde dose, comme de la fatigue, des courbatures et des rougeurs autour du point d’injection. 

Une passante circulait hier devant la maison-mère de la compagnie pharmaceutique Pfizer, à New York.

Photo AFP

Une passante circulait hier devant la maison-mère de la compagnie pharmaceutique Pfizer, à New York.

5) Pourquoi doit-on conserver certains vaccins à des températures froides ?  

Certains types de vaccins sont plus sensibles à la lumière et à la chaleur et doivent être conservés à des températures plus froides, explique l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Afin de conserver leur efficacité, il est donc impératif de ne pas briser la chaîne de froid, c’est-à-dire le système d’entreposage et d’approvisionnement, et ce, de la fabrication jusqu'à l’administration du vaccin. Les températures de conservations vont de 6°C ou 8°C à -25°C, selon le type de vaccin.  

Si le vaccin de Moderna peut se conserver à -20°C, celui de Pfizer/BioNTech doit être préservé à -75°C, ce qui pourrait compliquer sa distribution. 

Des compagnies canadiennes, dont une de Drummondville, se sont d'ailleurs portées volontaires pour offrir des équipements et de la glace sèche pour assurer la chaîne de froid. 

• À lire aussi: BioNTech juge possible une distribution de son vaccin avant la fin de l’année

6) D’autres candidats ailleurs dans le monde   

L’OMS recenserait 48 candidats vaccins à travers le monde. 

En voici quelques-uns :    

Spoutnik 5 (Russie) :    

  • Ce que c'est: Ce vaccin créé par le Centre de recherches en épidémiologie Gamaleïa et le ministère russe de la Défense repose sur l’utilisation de deux vecteurs viraux, communément appelé adénovirus26. L’adénovirus contient un ADN du coronavirus qui est libéré par la suite dans les cellules, déclenchant la production d’anticorps.                       
  • Taux d’efficacité : 92 %                       
  • Disponibilité : Il a déjà été approuvé avant les essais de phase 3. L’institut a toutefois été accusé d’accélérer les protocoles habituels scientifiques. Plusieurs hauts responsables ont déjà été vaccinés. Il pourrait être distribué en Inde, au Brésil, en Argentine et au Mexique.                                        

 

AFP

• À lire aussi: Ce qu’on sait du vaccin russe

Sinovac (Chine) :                                          

  • Ce que c'est : Selon Reuters, il s’agit d’un vaccin expérimental de type Coronavac développé par Sinovac. Les essais cliniques ont été suspendus brièvement à cause d’un accident grave.                        
  • Taux d’efficacité : D’après le fabricant, il aurait eu une bonne réponse immunitaire chez 700 participants lors de la phase 1 et 2.                         
  • Disponibilité : Il serait notamment distribué au Brésil.                                             

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• À lire aussi: Pas de vaccins avant début 2021 au Canada: qu'en est-il ailleurs dans le monde

Johnson & Johnson (États-Unis) :                                      

  • Ce que c'est : L'entreprise a lancé deux essais cliniques de son vaccin composé d’un adénovirus modifié, l'un monodosé et l’autre sur deux doses. Au moins 60 000 participants ont pris part aux essais cliniques. La phase 3, qui a débuté en septembre, a été interrompue le 13 octobre pendant 11 jours à la suite de complications observées chez un des participants.                       
  • Taux d’efficacité : Encore inconnu.                       
  • Disponibilité : Les premiers résultats sont attendus début 2021                                            

AFP

• À lire aussi: Vaccin COVID-19: Johnson and Johnson veut rassurer après la suspension d'un essai clinique

Parmi d’autres pays dans la course au vaccin, on compte également l’Inde, Cuba, Israël, le Kazakhstan et le Canada.   

7) Combien coûteront les vaccins ?

Selon un article du média américain The Observer, le vaccin développé par Pfizer et BioNTech coûtera 19,50 $ la dose aux États-Unis. Chez Moderna, le prix si situe plutôt entre 32 $ à 37 $ pour certains clients aux États-Unis. On ne connaît pas encore les coûts pour le Canada. 

Selon l’organisme Médecin Sans Frontières, en date de juin 2020, les compagnies pharmaceutiques ont reçu 4,4 milliards US de la part d’organismes philanthropiques et de gouvernements pour développer des vaccins contre la COVID-19. 

• À lire aussi: Vaccin de Pfizer: le Québec prépare la future campagne de vaccination

Ce qu’il reste à savoir  

À la lumière des annonces de Pfizer/BioNTech et Moderna, des questions demeurent. Par exemple, on ne sait pas si les vaccins empêchent de transmettre la COVID-19 ou s’ils réduisent simplement la gravité des symptômes. 

De plus, la durée de protection des vaccins n’a pas encore été communiquée clairement. L’efficacité du vaccin pour Pfizer/BioNTech a été calculée une semaine après l’injection, tandis que pour Moderna, c’est deux semaines après l’injection. 

• À lire aussi: COVID-19: le «général» se retire, la vaccination se complique

Sources : Agence France Presse (AFP), gouvernement du Québec, Agence de la santé publique du Canada, Organisation mondiale de la Santé (OMS), Reuters, Médecins Sans Frontières, The Observer, Washington Post, BBC, Pfizer, Agence QMI, TVA Nouvelles, Journal de Montréal

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