Les jeunes indifférents face au recul du français à Montréal ? Cinq personnalités réagissent | 24 Heures MTL
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Les jeunes indifférents face au recul du français à Montréal ? Cinq personnalités réagissent

Le centre-ville de Montréal.
Joël Lemay / Agence QMI

Le centre-ville de Montréal.

La situation du français à Montréal fait beaucoup réagir ces derniers jours et plusieurs opinions sur le sujet circulent. Est-ce que le français est vraiment en recul au centre-ville? Faut-il s’inquiéter de l'avenir de la langue? Les jeunes sont-ils au cœur du problème?

Le 24 Heures a posé la question à quelques personnalités de différents milieux pour connaître leur point de vue sur la question.

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Léa Stréliski, écrivaine  

L'écrivaine Léa Stréliski.

PHOTO COURTOISIE/Andréanne Gauthier

L'écrivaine Léa Stréliski.

Avant de voir les reportages du Journal, l’écrivaine Léa Stréliski croyait que le français se portait bien à Montréal. «Je pense que c’est inévitable que notre français soit teinté d’anglais, parce qu’il est tellement présent. Sauf qu’on ne peut pas laisser le français mourir», indique-t-elle. 

Elle-même bilingue, la mère de 38 ans indique que ces enfants peuvent s’exprimer aisément dans les deux langues et qu’il y a une beauté et une force de pouvoir jouer avec la langue ainsi. 

«Je ne pense pas que le français est en péril parce qu’on parle le franglais, moi je maitrise parfaitement le français et l’anglais, et j’arrive à parler franglais. Et je trouve ça riche. Mais ça ne peut pas être le cas à l’école, ça ne peut pas être une norme dans nos entreprises et nos institutions», insiste-t-elle.

Le conseiller indépendant à la Ville de Montréal, Hadrien Parizeau.

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Le conseiller indépendant à la Ville de Montréal, Hadrien Parizeau.

Hadrien Parizeau, politicien  

« C’est le jour où tu es confronté pour la première fois à ce type de réalités là que tu réalises que l’enjeu de la protection de la langue française va rester important tout au long de notre vie. »

Le conseiller indépendant à la Ville de Montréal, Hadrien Parizeau, est préoccupé par le déclin du français dans les commerces du centre-ville, mais rappelle que ce n’est pas la réalité pour l’ensemble de l’île de Montréal. M. Parizeau croit que le bilinguisme est inévitable aujourd’hui, mais il faut faire une distinction entre l’individu et les institutions.

Le politicien de 30 ans ne croit pas que les jeunes doivent devenir des boucs émissaires en matière de protection de la langue française. «C’est sûr qu’il y a une certaine banalisation de l’anglicisation qui est faite par une partie des jeunes, mais il ne faut pas oublier qu’il y a quand même des jeunes extrêmement préoccupé par cette question-là», souligne le petit-fils de l'ancien premier ministre du Québec, Jacques Parizeau.

Il s'agit selon lui d’une question d’éducation. Il faut prendre le temps d’expliquer pourquoi la protection et la promotion du français sont importantes.

Olivier Primeau, entrepreneur  

Le propriétaire du Beachclub, Olivier Primeau.

Photo courtoisie

Le propriétaire du Beachclub, Olivier Primeau.

Mardi, dans Journal, le propriétaire du Beachclub, Olivier Primeau, s’est porté à la défense de l’utilisation de l’anglais et refuse de se faire critiquer pour le choix du nom de sa future bannière de restaurants

«Je trouve que les batailles sont mal choisies. Je suis 100 % pour la préservation du français au Québec. Je trouve ça super important. C’est notre langue première, et il faut que cela reste comme ça, mais je pense que l’anglais est mal accepté», a indiqué l’entrepreneur de 35 ans. 

Le propriétaire de Gang Slice Pizza croit aussi qu’il faut prendre ce débat avec un grain de sel.

Camille Goyette-Gingras, entrepreneur  

Camille Goyette-Gingras

GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

Camille Goyette-Gingras

La cofondatrice de la COOP Couturière POP, Camille Goyette-Gingras, croit que les entrepreneurs sont des joueurs essentiels dans la valorisation du français. «Ce n’est pas anodin le choix d’un commerce, ce n’est pas anodin la langue de communication. On ne peut pas juste faire le choix de la facilité. On est des entrepreneurs ! On a choisi exactement le contraire de la facilité en prenant ce type de métier», explique-t-elle. 

Avant de se lancer en affaires, Mme Goyette-Gingras a travaillé dans des boutiques au centre-ville. Si de nombreux clients s'y expriment effectivement en anglais, ce n'est pas un prétexte, selon elle, pour délaisser le français. «Il faut s’assurer que quand on engage des employés qui travaillent avec le public, qu’ils puissent s’exprimer en français d’abord.»

Les entrepreneurs ont un grand impact sur leur communauté et que chaque geste posé, notamment en matière linguistique, est important, insiste l'entrepreneure. Elle ajoute qu'il s'agit d'«une question de volonté.»

Catherine Fournier, politicienne  

Catherine Fournier est députée indépendante à l'Assemblée nationale.

Photo d'archives, Agence QMI

Catherine Fournier est députée indépendante à l'Assemblée nationale.

La députée indépendante de Marie-Victorien, Catherine Fournier, n’est pas surprise de constater que les commerces du centre-ville s’anglicisent. 

Celle qui a grandi sur la Rive-Sud de Montréal le constatait déjà à l’adolescence lorsqu’elle traversait le fleuve Saint-Laurent pour des séances de magasinage. «C’est préoccupant, parce que je crois que ce qui fait la force du Québec et de Montréal, c’est son visage français.»

La politicienne de 28 ans ne croit toutefois pas que les jeunes doivent être pointés du doigt. «Ce que je vois autour de moi, c’est des jeunes qui sont très affirmés dans leur identité», affirme-t-elle. 

S'il ne faut pas baisser la garde face à la présence de l’anglais au Québec, le bilinguisme, voire le multilinguisme, au niveau individuel, est un atout, soutient Mme Fournier. C'est lorsque les institutions ne respectent pas le français comme langue première qu'il y a un problème.

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