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Le Sud-Ouest: nouveau mobilier urbain hostile ou adapté?

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ELSA ISKANDER/24 HEURES/AGENCE QMI

Du nouveau mobilier urbain dans Le Sud-Ouest, ressemblant à des appuis-dos ou des bancs inclinés, font réagir des internautes, qui y voient une manière de chasser les personnes itinérantes. Ces installations visent plutôt à faciliter les déplacements de personnes âgées ou à mobilité réduite, se défend l’arrondissement.

«Ce type de support permet de se reposer en restant debout et rassure les personnes à mobilité réduite qui ont peur de ne pas pouvoir se relever», a écrit sur Twitter Alain Vaillancourt, conseiller d’arrondissement dans Le Sud-Ouest.

«Pas toutes les personnes âgées ont les mêmes besoins, certains apprécient les bancs et d’autres les supports», a dit l’élu de Projet Montréal, ajoutant que la suggestion provenait de personnes âgées.

Si certains y voient une alternative aux bancs conventionnels pour permettre aux personnes à mobilité réduite de se reposer, d’autres craignent qu’on veuille éloigner les personnes itinérantes.

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«C’est un design qui empêche les personnes sans abri de les utiliser pour dormir», a lancé un utilisateur de Twitter.

«Des bancs anti gens sans-abris. Une tragédie», a aussi critiqué David McMillan, du restaurant Joe Beef, situé non loin d’où se trouvent certains de ces appuis-dos. Il a suggéré à M. Vaillancourt d’installer des bancs à la place: «Build a bench».

Pas hostiles

Julie Bélanger, directrice de cabinet de Benoit Dorais, maire du Sud-Ouest, assure qu’aucun banc n’a été retiré pour faire place aux 13 nouveaux appuis ischiatiques. «Ce n’est pas un remplacement de banc. C’est une mesure additionnelle.»

On les retrouve dans trois «corridors d’autonomie» où des aménagements ont été faits pour faciliter les déplacements des personnes âgées ou à mobilité réduite, comme l’installation de traverses surélevées ou de saillies. Ces corridors sont situés aux alentours du boulevard Monk, de la rue Centre et de la rue Notre-Dame.

D’ailleurs, des panneaux explicatifs seront installés sur les appuis ischiatiques pour clarifier leur fonction. «Il y a clairement plus de questionnements que ce à quoi on s’attendait», a indiqué Mme Bélanger.

Ces appuis ne sont pas du mobilier hostile, assure-t-elle. Selon Mme Bélanger, ils n’ont rien à voir avec des bancs ayant des accoudoirs au centre, par exemple, parfois critiqués, car ils empêchent les itinérants de s’allonger: «un appui-coude, ça rend un banc hostile (...). On veut éviter ça».

Mobilier controversé

Le mobilier urbain hostile ou défensif est un terme utilisé pour décrire des aménagements visant à restreindre l’utilisation de l’espace public par certaines clientèles. Par exemple, en 2014 des pics en métal anti-itinérants avaient été installés devant des commerces du centre-ville montréalais, puis retirés devant le tollé.

Plus récemment, en juillet dernier, deux bancs limitant le temps de repos à 15 minutes, situés proche du square Cabot où gravitent plusieurs personnes itinérantes, avaient été retirés par l’arrondissement de Ville-Marie peu après leur installation. «Pas de repos permis au square Cabot», avait déploré Nakuset, directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, sur Twitter.

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