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Des incidents survenus au campement Notre-Dame inquiètent des résidents

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ALEX PROTEAU/24 HEURES/AGENCE QMI

Incendies, voyeurisme, exhibitionnisme, vols et pollution : des citoyens résidant près du campement regroupant une soixantaine de sans-abris à Montréal déplorent de nombreux incidents survenus récemment. 

Un homme qui possède un immeuble près du campement dans Hochelaga, et qui nous a demandé de taire son nom par peur de représailles, a discuté avec son voisinage et compilé une liste d'incidents.

Récemment, une résidente de son bloc lui a rapporté qu'une personne venait regarder par la fenêtre de sa fillette. Bon nombre de résidents rapportent aussi sur les réseaux sociaux avoir retrouvé au campement des biens qui leur avaient été volés. La semaine dernière, un incendie a même nécessité l’intervention des pompiers.

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Le propriétaire d'immeuble à qui nous avons parlé a fait deux plaintes au ministère des Transports du Québec, qui est propriétaire du terrain. Ce dernier craint que les résidents du camping improvisé y demeurent tant et aussi longtemps qu’ils n’auront pas accès à des logements sociaux à prix abordables. «La Ville tolère ça. C’est le message qu’elle leur envoie», a-t-il déploré.

«Si la mairesse ne démontre pas de leadership, vont-ils revenir tous les étés?», a-t-il soulevé en ajoutant que des campeurs sont en train de faire une campagne de financement pour acheter une tente-roulotte pour préparer des repas.

Intolérance

Jacques Brochu, un des campeurs, s’assure du maintien de la cohésion au campement. Ce dernier est au courant de certains incidents, mais dit qu'il ne les tolère pas.

«Les comportements qui sont inacceptables autant dans la société en général que dans notre microsociété marginale doivent rester inacceptables. Il faut aller chercher la bonne ressource pour traiter le sujet [...] de façon que le bon voisinage puisse se poursuivre», a-t-il dit. Ce dernier souhaite que les enjeux plus sensibles soient traités de façon délicate et que les autorités responsables soient mises au parfum.

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M. Brochu a aussi souligné qu’il ne connait pas tout le monde au campement. Au même endroit, des groupes d’affinités se sont créés. «Où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. Plus on est nombreux, plus les risques de dérapage sont forts», a-t-il avoué.

En date du 24 novembre, une soixantaine de sans-abris dorment toujours au campement Notre-Dame, mais entre 70 et 80 tentes sont visibles. Selon lui, plusieurs tentes semblent vides. Il a d'ailleurs jusqu’à vendredi pour avertir les autorités à savoir si elles le sont ou non.

Réactions

L’entretien du terrain revient à la Ville de Montréal, et ce, même si c’est le ministère des Transports du Québec (MTQ) qui en est le propriétaire.

Selon la responsable des communications du MTQ, Sarah Bensadoun, son ministère «n'a pas reçu de demande formelle de la part de ses partenaires pour démanteler le campement». Aucune intervention n'est prévue pour le moment, a-t-elle dit, en assurant que le MTQ «collabore(ra) pleinement avec les partenaires impliqués et obtempérera aux demandes de la Ville si cette dernière souhaite que nous demandions le démantèlement».

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L’attachée de presse du comité exécutif, Laurence Houde-Roy, a souligné l’ajout de 40 lits supplémentaires au refuge CAP-CARE dans l'ancien YMCA Hochelaga-Maisonneuve, ce qui permettra aux campeurs à proximité de la rue Notre-Dame de passer l’hiver au chaud.

«Nous l’avons répété à plusieurs reprises; les campements ne sont pas une solution ni durable, ni sécuritaire, surtout pas avec l’arrivée des grands froids», a-t-elle dit par communiqué.

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