S’entraîner au hockey en virtuel | 24 heures
/misc

S’entraîner au hockey en virtuel

s

«Tu sors d’une séance, t’es brûlé tellement tu t’es donné», souligne Eric Tobon, co-propriétaire du Centre de Développement PAC, une salle d’entraînement qui se spécialise dans l’entraînement cognitif et physiologique des athlètes. Et on parle pourtant de réalité virtuelle, une technologie qui s’inspire beaucoup des jeux vidéo.  

Eric Tobon propose d’ajouter ce seul entraînement d’une demi-heure à la pratique de jeunes athlètes pour développer «leur perception de ce qui se passe sur le jeu».  

Après cet entraînement pour améliorer leur temp de réaction, bien moins long qu’une pratique habituelle de hockey, plusieurs joueurs de 15 à 17 ans n’en peuvent tout simplement plus, mais s’entendent pour dire que leur lecture du jeu s’est affûtée.  

C’est parce que le casque de réalité virtuelle SenseArena, développé en République Tchèque, plonge le joueur dans une aréna virtuelle où il doit accomplir des «séquences de drill», des entraînements répétitifs à haute intensité d’une durée de cinq minutes où on n’arrête presque jamais, explique Eric Tobon.  

Louis Delisle - Agence QMI

Lors de ces entraînements où «on mesure la qualité des passes, le temps de réaction et les décisions du joueur», on doit par exemple faire le plus de passes réussies possible à un joueur virtuel en mouvement, résume M. Tobon.  

Ce casque améliore le «sens du jeu» selon ses adeptes, soit la rapidité avec laquelle un joueur comprend ce qu’il doit faire sur la glace alors qu’un jeu se déploie sous ses yeux.  

«Avant, on disait que soit tu avais le sens du jeu, soit tu l’avais pas, mais maintenant, avec la réalité virtuelle, on peut le développer», explique le co-propriétaire du Centre de Développement PAC. 

Plus accessible que le hockey ? 

Alors que les patinoires publiques sont fermées, la réalité virtuelle pourrait-elle nous faire jouer au hockey dans nos salons ? Pas avec SenseArena en tout cas, puisque Eric Tobon et ses associés n’ont pas l’intention de commercialiser la réalité virtuelle de cette façon. «Ça ne va pas remplacer le sport traditionnel, mais ça va bonifier les types d’entrainement pour les joueurs, nuance M. Tobon, on sait que ça ressemble à un jeu vidéo, mais pour nous c’est un outil d’entraînement avant tout».  

Louis Delisle - Agence QMI

Comme le système dresse lui-même un classement des meilleurs résultats, certains exercices ont comme meilleurs scores ceux de joueurs professionnels de la LNH qui ont essayé la réalité virtuelle, preuve qu’il faut avant tout être bon au hockey plutôt qu’aux jeux vidéo pour s’y démarquer. Cet ajout digne des jeux d’arcades «donne une idée de c’est quoi jouer professionnel» aux jeunes hockeyeurs, affirme Eric Tobon.  

Le Centre de Développement PAC a déjà une entente avec le programme de hockey du collège St-Jean-Vianney pour entraîner les joueurs de 15 ans et plus. Il souhaite populariser le casque de réalité virtuelle dans les différents programmes de sport-étude de la province pour améliorer la lecture du jeu de tous les joueurs.