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Le marché de l’emploi transformé par la pandémie

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Une demi-année s’est écoulée depuis le début de la crise sanitaire. Déjà, on constate que le marché de l’emploi a été transformé par la pandémie de COVID-19, selon un récent rapport de l’Institut du Québec (IDQ).  

L’IDQ a analysé les données de Statistique Canada de mai à septembre 2020 pour dresser le bilan de la récupération de l’emploi.  

Première conclusion : l’économie québécoise a pris du mieux après la première période de confinement. En effet, un peu plus de 86 % des emplois perdus avaient été récupérés en septembre. C’est la deuxième plus forte reprise au Canada, après le Manitoba.  

Cela dit, tous les groupes de travailleurs québécois n’en ont pas bénéficié de manière égale. 

Des inégalités se matérialisent

Le niveau d’emploi des personnes peu scolarisées, des personnes immigrantes et des femmes est demeuré en dessous de ce qu’il était avant la crise. Ces groupes sont d’ailleurs plus vulnérables à toute crise économique. 

Ces employés ont donc souffert plus que d’autres de la fermeture d’usines et de commerces dès le début de la période de confinement. Les femmes ont un taux d’activité encore plus faible que celui des hommes et n’ont pas récupéré tous les emplois perdus depuis mars 2020. 

Même constat chez les personnes immigrantes, qui ont habituellement un taux d’emploi plus faible que le reste de la population. 

Quant aux travailleurs peu scolarisés, ils ont accusé une forte baisse dès le début de la crise — sous la barre des 50 % des emplois perdus — mais ont récupéré le taux d’emploi de septembre 2019, soit bien avant la crise.  

Bonne nouvelle, mais qui cache une volatilité certaine qui pourrait les propulser vers le bas dès l’adoption de nouvelles mesures restrictives. Les données d’octobre 2020, qui seront publiées plus tard, révéleront si cette baisse est effective. 

Malgré cette reprise, 234 000 personnes en emploi n’ont pas déclaré d’heures travaillées en septembre 2020, comparativement à 140 000 personnes six mois plus tôt. Cette donnée à elle seule montre que de nombreuses entreprises maintiennent le lien d’emploi avec leurs employés sans pour autant les faire travailler. 

La restauration, l’hébergement et la culture durement touchés

Comme attendu, les secteurs des services d’hébergement et de restauration, de l’information, de la culture et des loisirs tardent à récupérer les emplois perdus. Ils n’ont pas eu leur part de reprise comme d’autres en raison des contraintes imposées durant la reprise, comme un nombre réduit de clients et de spectateurs et des restrictions aux voyageurs. Ils ont récupéré moins de 90 % du niveau d’emploi de février dernier, avec seulement 85 % pour les services d’hébergement et de restauration. 

Le rapport de l’IDQ a analysé les données disponibles jusqu’à septembre 2020, soit avant la deuxième ronde de contraintes et de fermetures. Déjà, les auteurs prévenaient que « si ces contraintes perdurent et que les fermetures décrétées se multiplient, les chiffres des prochains mois risquent d’illustrer une crise profonde de l’emploi dans ces secteurs d’activité ». Les données des prochains mois dévoileront donc les effets de l’actuelle deuxième vague sur l’activité économique et l’emploi.

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