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Former ses clients à distance, le nouveau virage d'entrepreneurs

Le propriétaire des centres de conditionnement laurentiens PM Fitness, Philippe Massicotte, proposent à ses clients de les entrainer à distance. Depuis, il vend des programmes d’entrainement en Europe.
Courtoisie

Le propriétaire des centres de conditionnement laurentiens PM Fitness, Philippe Massicotte, proposent à ses clients de les entrainer à distance. Depuis, il vend des programmes d’entrainement en Europe.

Plusieurs entrepreneurs se sont adaptés à la COVID-19 en offrant leur savoir-faire à la population sous forme de formations en ligne. En voici trois exemples.

Mathieu Courtemanche, fondateur des salons de barbier Les Barbares

L’impossibilité d’accueillir des clients dans ses salons de barbier du Grand Montréal lors du premier confinement a incité Mathieu Courtemanche à lancer une formation en ligne intitulée L’Atelier du Barbier. Son premier ensemble de cours, offert au coût de 67$, lui a permis d’amasser 33 000 $. Le second a généré jusqu’à présent 40 000 $ en deux mois.

Le copropriétaire des salons de barbier se rappelle le choc en mars dernier, alors qu'il a dû rapidement passer en mode solution. «Ma première question a été de me demander: "Qu’est-ce que je peux faire que, si on retourne en confinement, pour être capable de générer du revenu chez moi?"»

Même si les coiffeurs ont pu reprendre ciseaux et rasoirs, le 15 juin dernier, il demeure qu’une certaine clientèle se tourne vers l’Atelier du barbier pour en apprendre sur la coupe de cheveux. «Les gens ont créé des habitudes et je crois que les gens font beaucoup plus de choses de la maison», avance M. Courtemanche.

Les apprentis découvrent l’ABC de la coupe de cheveux pour homme de façon individuelle, et ce, à leur rythme. Cela ne les empêche pas de s’entraider par le biais d’un groupe Facebook où ils échangent sur la théorie des cours.

«Tu peux écrire anytime pour recevoir des vidéos, des photos et avoir des commentaires constructifs. Ça complète parfaitement la formation», se réjouit celui qui compte plus de 15 ans à titre de professionnel, en plus d’avoir suivi des cours de perfectionnement à Vancouver et en Europe.

Récemment, un de ses élèves de la formation en ligne a même été embauché à sa succursale située à La Prairie.

Mathieu Courtemanche (photo) et son équipe chez Les Barbares ont installé des toiles, distancié chaque chaise et attendent des nouvelles pour rouvrir.

ALEX PROTEAU/24 HEURES/AGENCE QMI

Mathieu Courtemanche (photo) et son équipe chez Les Barbares ont installé des toiles, distancié chaque chaise et attendent des nouvelles pour rouvrir.

Juan Pablo Mo, cofondateur de l’École de conduite Lauzon

Depuis mars, Juan Pablo Mo offre en ligne les cours théoriques de conduite de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) qui sont obligatoires pour l’obtention d’un permis de conduire. Les sept modules de théorie peuvent être suivis à distance, et totalisent 14 heures.

En mars, près de 400 étudiants prenaient des leçons de conduite dans les locaux montréalais de l'École de conduite Lauzon, dont il est le cofondateur. Huit mois plus tard, c’est près de 5000 personnes qui les suivent de la maison.

«Tu n’as plus besoin de te déplacer à l’école juste pour les cours théoriques», a-t-il dit, soulignant au passage l’aspect écologique de son initiative.

Cela permet à des étudiants de partout dans la province de s’inscrire aux différents cours, souligne-t-il. M. Mo croyait à la base que cette façon de faire serait temporaire, mais en suivant l’évolution de la pandémie, il croit que les cours en ligne sont là pour de bon.

Juan Pablo Mo est propriétaire de l'école Lauzon, sur la rue Jean-Talon Est, depuis maintenant sept ans.

Photo Courtoisie

Juan Pablo Mo est propriétaire de l'école Lauzon, sur la rue Jean-Talon Est, depuis maintenant sept ans.

Philippe Massicotte, fondateur de PmFitness

Les centres de conditionnement physique sont lourdement touchés par les mesures sanitaires et n'ont pas pu recevoir leurs clients bien longtemps cette année. Cela a incité le préparateur physique Philippe Massicotte à créer une formation en ligne qui permet à ses clients d’avoir les suivis nécessaires à leur entraînement, que ce soit mental ou physique, directement à la maison.

«Notre core business c’est de l’entrainement physique. C’est du one on one. Les clients viennent voir leur coach au niveau athlétique», dit celui qui est propriétaire des centres de conditionnement PmFitness à Blainville et à Sainte-Sophie, dans les Laurentides.

Le centre a commencé à offrir ce type de suivi aux clients qui fréquentaient déjà ses diverses succursales, mais depuis, des gens de France, de Suisse et d'un peu partout dans la Belle Province utilisent l’expertise du centre laurentien.

«Ç’a amené une autre demande que l’on n’avait pas : les suivis virtuels. C’est du coaching en ligne, mais ce sont des entraînements vidéos privés», décrit-il.

M. Massicotte précise que les entraîneurs s’adaptent à l’équipement sportif de leurs clients; il n’est pas nécessaire d’avoir à la maison un gymnase complet.

Les profits générés ainsi ont permis à M. Massicotte de payer les loyers commerciaux, qu’il qualifie «d’assez intenses». Plus de 300 personnes ont acheté des programmes personnalisés au coût initial de 150 $ par mois, un tarif qui est variable selon la fréquence de rendez-vous virtuels avec l’entraîneur.

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