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Ligne bleue: des ensembles immobiliers taxés pour financer le transport collectif?

Image principale de l'article Et si les promoteurs immobiliers étaient taxés?
Joël Lemay / Agence QMI

Afin de financer le transport collectif dans la métropole, la Société de transport de Montréal (STM) envisage de taxer les ensembles immobiliers qui seront construits à proximité du prolongement de la ligne bleue du métro.

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Le président de la STM, Philippe Schnobb, a ouvert la porte à taxer les promoteurs immobiliers dont les projets bénéficieront de la proximité des services de transport collectif.

«C'est une piste, il y en a plusieurs autres, l'exercice est toujours en cours», a souligné M. Schnobb lors de la présentation du budget 2021 du transporteur devant les membres de la Commission sur les finances et l'administration municipale mercredi après-midi.

Une telle redevance s'appliquera d'ailleurs à certains projets immobiliers aux abords des futures stations du Réseau express métropolitain (REM), le train électrique de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui n'est pas géré par la STM.

Le président de la STM a ajouté que le financement actuel du transport collectif ne suffit pas à combler les besoins tant pour le maintien d'actifs que pour les opérations quotidiennes de la STM. Cette dernière verra d'ailleurs sa dette nette presque tripler d'ici 2030, passant de 1,21 à 3,11 milliards $, selon les prévisions budgétaires.

L'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui est responsable de financer le transport collectif dans le Grand Montréal, confirme évaluer l'idée d'imposer une taxe aux promoteurs dont le bâtiment se situe à proximité du projet de prolongement de la ligne bleue du métro.

Cette source de financement du transport en commun est déjà utilisée à New York, Washington et Londres, notamment.

Le prolongement de la ligne bleue stagne

Le directeur général de la STM, Luc Tremblay, a pour sa part soulevé mercredi son inquiétude face aux délais du processus d’expropriation des terrains le long du tracé du prolongement de la ligne bleue du métro entre l'actuelle station Saint-Michel et le terminus qui serait situé dans l’arrondissement d’Anjou.

Un seul des 50 terrains visés par la STM a été acquis jusqu’à présent, a soutenu M. Tremblay devant les membres de la Commission.

L'acquisition de l'ensemble des terrains devait se terminer en septembre dernier, mais des contestations d'avis d'expropriations des propriétaires de plusieurs de ces terrains retardent le processus ainsi que le début des travaux prévu en 2021.

Le transporteur suivra avec attention le dénouement entourant le projet de loi 66 présenté en septembre par le gouvernement Legault. Une fois adoptée, la deuxième mouture du projet de loi sur l’accélération de certains travaux d’infrastructures devrait empêcher la contestation des avis d'expropriation de 181 projets d'infrastructures, dont celui du prolongement du métro, accélérant ainsi les processus d'acquisition des terrains par la STM.

Rappelons que les copropriétaires des Galeries d'Anjou contestent actuellement en Cour supérieure l'avis d'expropriation de près de 70 000 mètres carrés du terrain du centre commercial qui doivent être acquis par la STM pour le prolongement de la ligne bleue.

Le prolongement du métro de 5,8 kilomètres vers l'est de Montréal est évalué à 4,5 milliards $ et sa mise en service est prévue pour 2026.

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