Pourquoi les politiciens nous partagent-ils leur vie privée sur Facebook et Instagram? | 24 heures
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Pourquoi les politiciens nous partagent-ils leur vie privée sur Facebook et Instagram?

Twitter, Facebook, Instagram et maintenant TikTok: les politiciens sont partout sur les réseaux sociaux! Si la majorité de leurs publications concernent le travail, certains nous dévoilent au passage des pans de leur vie privée.

Mais pourquoi les élus se tournent-ils vers les réseaux sociaux pour nous partager leur meilleure recette de canard à l'orange ou leur série préférée à regarder en rafale le samedi soir? 

On a posé la question à un expert en communication publique. 

Campagne électorale vs campagne permanente   

Un candidat qui tente de se faire élire (ou réélire) n'utilisera pas les médias sociaux de la même façon qu'un politicien élu. 

«En campagne électorale, les médias sociaux sont utilisés principalement par des acteurs politiques à des fins de personnalisation, c’est-à-dire à des fins d’autopromotion», explique Bader Ben Mansour, doctorant en communication publique de l’Université Laval. 

Le candidat en campagne électorale se tournera donc vers les réseaux sociaux pour montrer son côté humain. Il veut être le politicien près du monde avec qui on irait prendre une bière et il n'hésitera pas à dévoiler (un peu de) sa vie privée sur Facebook ou Instagram. 

 «Principalement, c’est en campagne électorale qu’on voit ce genre de comportement. C’est en campagne électorale qu’on veut persuader. On essaie de plaire à travers ces utilisations-là», note-t-il. 

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Attirer ou contourner les médias   

Un politicien peut également aussi les médias sociaux pour attirer l’attention des médias traditionnels et susciter l’intérêt des journalistes. À l'inverse, ces plateformes peuvent être utilisées pour contourner les médias traditionnels et s'adresser directement à la population.

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«C'est vraiment des tactiques que les candidats utilisent dépendamment des périodes, des objectifs stratégiques et si on est en campagne», note le doctorant. 

Le statut d'un politicien influencera également sa façon d'utiliser les différents médias sociaux. Un élu au gouvernement n'utilisera pas Facebook ou Twitter de la même manière qu'un membre de l'opposion.  

Contrôler leur image   

 Les personnalités politiques sont obsédées par le contrôle de leur image, insiste d'ailleurs Bader Ben Mansour. Il n'y a donc rien qui est laissé au hasard dans leurs interactions sur les réseaux sociaux. 

«Même pour les images ou les photos qu’on voit [sur les réseaux sociaux], tout est étudié, rien n’est laissé au hasard. Derrière toutes les publications qu’on voit sur Twitter ou sur Facebook, il y a une stratégie. C’est étudié», poursuit-il. 

Entre médias numérique et médias traditionnels  

Les réseaux sociaux font maintenant partie intégrante des stratégies de communication en campagne électorale. «Il y a ce qu'on appelle des campagnes hybrides. C'est la cohabitation entre le numérique et les médias traditionnels. Il y a toujours cette complémentarité», explique le doctorant. 

On peut par exemple utiliser Twitter ou Facebook pour qu’un message soit relayé par les médias traditionnels. 

Différentes plateformes pour différents publics   

Certaines plateformes de médias sociaux sont d’ailleurs à privilégier selon le public que l’on veut rejoindre. Twitter sera utilisé majoritairement pour s’adresser aux journalistes, alors que Facebook sera utilisé pour rejoindre une plus grande partie de la population. 

Instagram et les nouvelles plateformes, comme TikTok, seront pour la part utilisées pour rejoindre les jeunes. 

AFP

Voici maintenant quelques exemples de figures politiques à travers le monde qui partagent leur vie privée sur les réseaux sociaux   

Jacinda Ardern, première ministre de la Nouvelle-Zélande

Kamala Harris, vice-présidente élue des États-Unis

Narendra Modi, premier ministre de l’Inde

 

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois

Denis Coderre, ex-maire de Montréal

François Legault, premier ministre du Québec

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