Transport collectif : le projet de tarification inéquitable pour les banlieues | 24 Heures MTL
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Transport collectif : le projet de tarification inéquitable pour les banlieues

Les modifications proposées aux tarifs actuels du transport collectif dans le grand Montréal favorisent les habitants de la métropole au détriment des banlieusards, déplorent plusieurs municipalités des couronnes.

C'est ce qui ressort du rapport des consultations liées au projet de refonte tarifaire de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) dévoilé vendredi.

Il donne suite au projet de refonte tarifaire présenté en septembre, qui inclut la disparition de centaines de titres de transport et une grille tarifaire simplifiée, divisée en quatre zones. Présentement, les usagers doivent choisir parmi plus de 700 titres de transport répartis en huit zones.

Mais avec cette refonte, l’ARTM n’a pas réussi à éliminer les disparités qui existent entre les diverses villes sur son territoire, selon plusieurs élus.

Par exemple, la refonte permettrait aux Montréalais d'utiliser les bus, trains, métros et le futur Réseau express métropolitain (REM) sur l'île de Montréal pour 90 $ par mois, une hausse d’à peine 1,50 $ sur le tarif en vigueur.

Les citoyens des agglomérations de Longueuil et Laval ne ressentiront pas de hausse des prix, alors que la passe pour le réseau de bus local restera à 100$ (par rapport à respectivement 102$ et 99$ par mois en ce moment). Comme c'est le cas actuellement, y ajouter les réseaux de transport en commun sur l'île de Montréal fera monter leur facture à 144$.

Mais pour certains, les changements ne seront pas avantageux. À Brossard, par exemple, les 24 000 personnes qui circulent en transport en commun sur l'axe du pont Champlain embarquent actuellement dans des bus locaux à proximité de leur domicile qui les mènent directement au centre-ville de Montréal via la voie réservée du pont pour 102 $ par mois.

Avec l'arrivée du REM, ces derniers paieront 144 $ par mois pour se rabattre à la station Panama, et ils devront ensuite marcher des centaines de mètres pour embarquer dans le REM vers Montréal. Les bus ne seront plus autorisés à passer sur le pont lors de la mise en service du REM.

La mairesse de Brossard, Doreen Assaad, croit d'ailleurs que des milliers d'usagers délaisseront le transport collectif au profit de l'automobile, notamment en raison du transfert supplémentaire qui leur sera imposé.

Couronnes

Plusieurs usagers ailleurs dans les couronnes verront aussi leur tarif augmenter. C'est le cas des citoyens de Sainte-Thérèse, Boisbriand et Mascouche sur la Rive-Nord. Ces derniers devront payer 100 $ par mois pour leur titre local, soit 34 $ de plus que le tarif actuel.

Autre iniquité: un usager qui prend le train de banlieue de Blainville jusqu'au centre-ville de Montréal paiera deux fois plus cher que celui de Sainte-Anne-de-Bellevue, à l'extrême ouest de Montréal, et ce, même si la distance du trajet est similaire.

«Ça nous apparaît difficile d'expliquer et de défendre devant nos citoyens une certaine forme d'iniquité pour deux trains de banlieue qui parcourent la même distance pour aller au même endroit», a indiqué le maire de Terrebonne Marc-André Plante lors des consultations publiques sur le sujet.

L’ARTM prévoit bonifier son projet de refonte tarifaire à la lumière des conclusions du rapport et le soumettre à son conseil d’administration dans les prochaines semaines.

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