Évacuation du campement Notre-Dame: «C’était la chose à faire», dit Valérie Plante | 24 heures
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Évacuation du campement Notre-Dame: «C’était la chose à faire», dit Valérie Plante

L'escouade antiémeute est intervenue ce matin à l'occasion de l'évacuation forcée du campement Notre-Dame.
Louis-Philippe Messier / 24 Heures

L'escouade antiémeute est intervenue ce matin à l'occasion de l'évacuation forcée du campement Notre-Dame.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, croit que le démantèlement du campement d'itinérants le long de la rue Notre-Dame était la bonne chose à faire, même si ce n'était pas de gaieté de cœur.

Lundi, des centaines de policiers et pompiers ont forcé les quelques dizaines de personnes qui vivaient encore dans des tentes sur ce terrain d'Hochelaga à quitter les lieux, les redirigeant vers un refuge aménagé dans les locaux d'un ancien YMCA. L'opération survenait deux jours après un incendie qui avait ravagé une tente, heureusement sans faire de blessés.

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ELSA ISKANDER/24 HEURES/AGENCE QMI

«Je trouve ça difficile, aujourd’hui, je vous le cacherai pas. Je travaille tellement fort, [ainsi que] toute mon équipe, toute mon administration, pour essayer de trouver des solutions pour ne laisser personne derrière, mais force est d’admettre que comme société, il faut qu’on fasse des choix. Des ressources d’urgence pour les personnes en itinérance, ça ne peut plus être la solution, il faut investir davantage dans du logement pérenne [durable]. J’interpelle les gouvernements du Québec et canadien à ce niveau-là», a-t-elle dit lundi en marge d'une conférence de presse portant sur un autre sujet. 

«Ce que je souhaite, c’est que tout le monde va avoir un lit ce soir. Les ressources en intervention vont s’intensifier parce qu’on en a fait la demande», a-t-elle dit, assurant qu’il y aura plus d’intervenants sur le terrain et à l’Hôtel Dupuis qui est converti en refuge temporaire.  

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Présence du SPVM

La mairesse a aussi défendu la présence massive des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sur place. «L’opération est menée par les services incendie et le service de police. Ce qu’on nous dit, c’est qu’il y a également des manifestants et je pense qu’à ce moment-là, c’est normal qu’il y ait plus de forces policières», a-t-elle dit lors du point de presse. 

Au même moment, une cinquantaine de manifestants démontraient leur soutien aux campeurs, à proximité du terrain. 

Démantèlement du campement de la rue Notre-Dame Est, à Montréal, le lundi 7 décembre 2020.

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Démantèlement du campement de la rue Notre-Dame Est, à Montréal, le lundi 7 décembre 2020.

De passage sur le site au moment du démantèlement, le député solidaire d'Hochelaga, Alexandre Leduc, n'a pas caché son désaccord avec ce qui était en train de se passer. 

«Je ne pense pas que c’était nécessaire de déployer autant d’effectifs et surtout pas la police montée pour démanger une cinquantaine d’infortunés», a-t-il dit, faisant référence aux agents de la cavalerie du SPVM qui étaient à cheval. 

Alexandre Leduc, député solidaire d'Hochelaga, était sur place lundi matin lors du démantèlement du campement le long de la rue Notre-Dame.

Louis-Philippe Messier / 24 Heures

Alexandre Leduc, député solidaire d'Hochelaga, était sur place lundi matin lors du démantèlement du campement le long de la rue Notre-Dame.

Ça n'aurait pas dû devenir un campement

Le chef de l'opposition à l'Hôtel de Ville de Montréal n'est, pour sa part, pas satisfait de la façon dont le tout a été géré. «Dès le début, on aurait dû agir avec les services sociaux, avec les personnes du service incendie, pour justement sensibiliser pour s’assurer que ça devienne pas un campement», croit Lionel Perez, chef d’Ensemble Montréal, dénonçant un manque de leadership de l’administration Plante. «Ils ont mal agi, ils ont agi tardivement», a-t-il tonné.  

ELSA ISKANDER/24 HEURES/AGENCE QMI

«Je pense que c’était quelque chose qui était prévisible, ils ont refusé d’agir», a-t-il dit, évoquant les conditions hivernales. «Ils ont espéré tout simplement que la chose [le campement] allait quitter par elle-même. Et on a vu à quel point c’est devenu très dangereux, cette fin de semaine, avec le feu. Il aurait pu y avoir des morts et ça aurait été sous la responsabilité de l’administration.»  

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La mairesse défend la décision d’attendre jusqu’à maintenant pour appliquer un avis d’éviction. La Sécurité civile se rendait régulièrement sur place pour sensibiliser les gens. Mais, «ce qu’on a remarqué, depuis les derniers jours, c’est qu’il y avait vraiment une augmentation de matériel non conforme. Il y a beaucoup de citoyens qui, par charité, par bonté de cœur, ont donné des génératrices, du chauffage d’appoint», a-t-elle dit.  

«Je considère qu’on a suivi les bonnes étapes pour aller dans la dignité», a soutenu Mme Plante. Selon elle, la récente «opération de mise à l’abri volontaire et solidaire», pour inciter les campeurs à se diriger vers les ressources, a fonctionné. «On a réduit le nombre de campeurs de manière importante.»

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