Les ex-campeurs se retrouvent au YMCA d’Hochelaga | 24 heures
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Les ex-campeurs se retrouvent au YMCA d’Hochelaga

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MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Obligés de décamper, lundi matin, sous la férule d’une centaine de policiers et de pompiers, les résidents évincés du camping Notre-Dame, embarqués dans un autobus de la ville, ont abouti au refuge Cap-CARE situé dans l’ancien YMCA d’Hochelaga-Maisonneuve, là où ils se sont fait assigner des cubicules et des couchettes. 

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Vers 15h, dans la salle d’attente meublée d’une vingtaine de chaises Adirondack en plastique, une douzaine d’itinérants chassés du campement de fortune patientaient en attendant leur place. Le silence régnait. La mine sinistre et, pour certains, les yeux rougis d’avoir pleuré, la plupart se sont dits trop bouleversés pour discuter. 

«La dernière fois que je suis venu ici, c’était encore un YMCA, et c’était pour m’entraîner, mais cette fois, c’est pour le refuge, parce que je n’ai pas le choix», dit François Beaucage, 45 ans, qui a passé l’été au campement Notre-Dame et qui s’attendait à y passer l’hiver. Il dit avoir été brusqué par la rapidité de l’éviction, même s’il en comprend le motif. «Avec les bidons d’essence, c’était dangereux, oui, mais personne ne nous avait dit que la police se pointerait à 5h30 du matin.» 

Interviewé devant le refuge Cap-CARE, ancien local du YMCA d'Hochelaga, où il est forcé de loger, François Beaucage comprend les raisons sécuritaires derrière l'évacuation du campement Notre-Dame, mais il se questionne quant à la brusquerie de l'opération de démantèlement.

Louis-Philippe Messier/24h

Interviewé devant le refuge Cap-CARE, ancien local du YMCA d'Hochelaga, où il est forcé de loger, François Beaucage comprend les raisons sécuritaires derrière l'évacuation du campement Notre-Dame, mais il se questionne quant à la brusquerie de l'opération de démantèlement.

Manu militari 

Assis à griller une cigarette sur la rampe d’accès du refuge, le clochard bien connu surnommé Burger, toujours en compagnie de son matou de trois ans et demi appelé «Je t’aime», n’a pas été étonné de l’ampleur du déploiement policier qui a paralysé une partie d’Hochelaga lundi matin. «Il y a cinq jours, je vivais près d’une église dans le Mile-End et, pour me sacrer dehors, juste pour moi pis mon chat, ils se sont mis à douze policiers et six autos», raconte-t-il. 

«Burger» et son chat «Je t'aime» sont arrivés au refuge Cap-CARE dans l'ancien YMCA d'Hochelaga lundi après l'évacuation du campement Notre-Dame.

Louis-Philippe Messier/24h

«Burger» et son chat «Je t'aime» sont arrivés au refuge Cap-CARE dans l'ancien YMCA d'Hochelaga lundi après l'évacuation du campement Notre-Dame.

C’était donc la deuxième fois en moins d’une semaine que Burger se faisait expulser de sa tente manu militari. Au campement, sa tente était pleine d’effets personnels et pratiques auxquels il tient. Il refusait de retourner sur place pour «identifier» ses affaires (afin qu’elles soient stockées), tellement il répugne à se retrouver de nouveau au cœur du branle-bas policier. 

Consolation 

Depuis un mois et demi, Louise Boucher organise dans un local de Cap-CARE une friperie de vêtements chauds à l’intention des itinérants qui peuvent renouveler leurs vêtements une fois par mois. «Les gens me disent de quoi ils ont besoin, je le trouve et je vais le leur donner», dit-elle. Les lecteurs généreux qui souhaitent donner des vêtements, tient-elle à faire savoir, peuvent se présenter à l’entrée de l’ancien YMCA. «J’ai une pièce consacrée exclusivement à stocker les dons que je prends ensuite le temps de dépaqueter, désinfecter et classer, avant de les distribuer.» 

Louise Boucher gère une friperie de vêtements d'hiver bien garnie au refuge Cap-CARE.

Louis-Philippe Messier/24h

Louise Boucher gère une friperie de vêtements d'hiver bien garnie au refuge Cap-CARE.

Jusqu’à maintenant, les bénéficiaires du refuge Cap-CARE étaient des volontaires. C’est la première fois que des usagers sont forcés de loger ici. «C’est sûr que pour parler crûment, ça les fait ch... de se retrouver ici, alors on va prendre le temps de bien les accueillir et quand ils auront bien dormi et bien mangé, quand ils auront pris leur douche et auront reçu des vêtements neufs, on espère qu’ils retrouveront le moral», dit Thierry Monette, un des responsables du refuge. 

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