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Magasinage des Fêtes : achetez-vous vraiment local?

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Marilyne Houde

Si j’achète un t-shirt chez Simons qui a été fabriqué au Pakistan, est-ce que je peux dire que c’est de l’achat local? Si vous vous grattez encore le coco quand il s’agit d’achat local, on vous propose quelques réflexes à garder en tête à l’aube de vos achats de Noël. 

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Même si 60%* des Québécois affirment consommer localement de manière fréquente, il faut garder en tête qu’il n’existe pas de définition officielle de ce qu’est l’achat local. 

Certains prennent uniquement en compte la distance qui les sépare d’un produit alors que pour d’autres, il faut qu’un bien soit fabriqué à 100% au Québec pour qu’il s’agisse d’achat local.  

Bref, c’est à VOUS de déterminer ce que représente réellement l’industrie locale. Pour vous aider dans vos réflexions, voici quelques pistes.

1. Regarder les étiquettes    

En prenant l’habitude de regarder la provenance de votre produit, vous verrez que les étapes de conception sont parfois nombreuses.  

Par exemple, un produit peut être assemblé et distribué au Québec, mais fabriqué en Chine. Autre exemple : un produit peut être conçu et fabriqué aux États-Unis, mais vendu dans une boutique québécoise. 

Dans les deux cas, on parle d’achat local. Pourquoi? Votre achat encourage l’économie et la main-d’œuvre locale.  

Il faut aussi rester réaliste : une petite épicerie fine aura plus de facilité à offrir à sa clientèle des fruits et légumes de saison, tandis qu’une entreprise d’accessoires de sport sera contrainte d’importer ses produits. Dans les deux cas, il s’agit d’achat local si les profits tombent dans les poches d’une entreprise québécoise. 

2. Pour les vêtements, vaut mieux faire la part des choses!  

Photo courtoisie

Il n’est pas nécessaire de se procurer un cardigan tricoté, teint, coupé et cousu à Montréal pour acheter local pour autant. 

«Notre définition de l’achat local est très inclusive. Si le siège social est ici, pour nous c’est de l’achat local. Après, du côté de la fabrication du vêtement et du tissu utilisé, c’est à la discrétion du consommateur», souligne Catherine L’Écuyer de la Grappe métropolitaine de la mode.   

«Il s’agit d’achat local lorsqu’on est certains d’avoir maximisé l’utilisation des ressources humaines et matérielles disponibles au Québec. À titre d’exemple, on peut parler d’achat local pour l’unique confection de jeans au Québec, car nous ne tissons plus de denim. Par contre, à l’achat d’un pantalon leggings, pour parler d’achat local il faut aussi utiliser le tricot stretch fait au Québec, car nous avons ici même d’importants tricoteurs», précise Dany Charest, directeur général de TechniTexile Québec. 

Par contre, à l’aube des Fêtes, ce dernier nuance. 

«Dans le contexte actuel, c’est déjà un grand geste d’acheter un vêtement d’une entreprise québécoise».

Il faut voir la réalité en face : l’industrie textile fabrique très peu de matériaux pour l’industrie du vêtement dédié au secteur de la mode. Selon Dany Charest, les entreprises de tissus auraient conservé 15% de leur capacité de production pour ce marché. Le 85% résiduel est maintenant dédié à des applications techniques telles que les vêtements de travail ou autres applications d’ingénierie.

À l’aube des années 1970, le textile était la 2e industrie en importance au Canada! 

3. Chercher les alternatives québécoises  

kkolosov - stock.adobe.com

Si les bottes de travail que vous avez en tête se vendent chez une multinationale à moindre coût, demandez-vous d’abord si le même produit pourrait se retrouver dans une boutique spécialisée près de chez vous. Au final, vous paierai peut-être vos bottes 10$ plus cher, mais vous saurez où cet argent atterrit. 

«L’achat local, c’est un ensemble de choses, souligne Karina Serei, directrice des communications du Conseil québécois du commerce au détail (CQCD). On ne décrit pas uniquement l’achat local par un produit qui a été fait ici. C’est aussi un détaillant employant de la main-d’œuvre locale.» 

Ce sont des sous investis dans les infrastructures et les services publics et ça, tout le monde en profite.  

4. Vérifier où est situé le siège social ou la boutique phare  

Au nombre de Petites et moyennes entreprises (PME) que le Québec garde sous son toit, il est normal de ne pas toutes les connaître. Si vous hésitez sur la provenance d’une marque, une petite recherche Google peut vous donner cette information en quelques secondes.

Si vous êtes motivé outre mesure, il est toujours possible de consulter le Registraire des entreprises du Québec.

5. Encourager autrement sur le web  

Sachez qu’il n’est pas obligatoire de délier les cordons de votre bourse pour encourager des entreprises d’ici. De petits gestes, complètement gratuits, peuvent donner un sérieux coup de pouce aux entrepreneurs qui se démènent depuis des mois.  

Parmi ces petits gestes, suivre l’entreprise sur les réseaux sociaux, s’abonner à leur infolettre et donner un bon avis sur Google, par exemple.  

Pour vos achats des Fêtes, plusieurs initiatives en ligne sont nées au cours des derniers mois pour localiser les entrepreneurs d’ici selon vos critères de recherche. En voici quelque unes :   

· Le panier bleu 

· Ma Zone Québec

· Signé Local  

· Achetons Québécois

· Etsy fait au Québec

Sources: Baromètre de l’achat responsable (édition 2019), Bilan du siècle de l’Université de Sherbrooke

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