[EN IMAGES] On a visité l'énorme tente temporaire pour sans-abris de la place Émilie-Gamelin | 24 Heures MTL
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[EN IMAGES] On a visité l'énorme tente temporaire pour sans-abris de la place Émilie-Gamelin

Image principale de l'article On a visité une tente temporaire pour sans-abris
GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

Sur la place Émilie-Gamelin, les curieux se pressaient mercredi autour d’un immense chapiteau blanc, en se collant le nez aux fenêtres de plastique pour voir à l’intérieur. Le froid commençait à s’installer sur Montréal et la neige tombait à plein ciel. La tente, qui accueillera une centaine de sans-abri durant les journées froides en plein cœur du centre-ville, y restera jusqu’au printemps. On a profité de l'accalmie de l’après-midi pour visiter l’endroit.

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La tente permettra aux personnes itinérantes de se réchauffer durant le jour, alors que la plupart des lieux de rassemblement intérieurs comme les cafés ou les aires de restauration des centres commerciaux ne sont pas accessibles en raison de la COVID-19. Elle est située à côté de l'hôtel Place Dupuis, converti en refuge accessible uniquement le soir et la nuit.   

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À l’entrée, des gardes de sécurité s’assurent qu’on se désinfecte les mains avant qu’on ne poursuive notre chemin le long du serpentin de clôtures métalliques. Sur le plancher de béton froid, des marques au sol qui invitent à la distanciation sociale sont fraîchement peintes.  

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Après avoir parcouru l’entièreté du labyrinthe de métal, on se retrouve dans une section large comme un couloir, tout au fond de la tente. C’est là qu’on nous invite à patienter, assis sur le sol, sans chaise. Aucune nourriture ni eau ne sont servies sur place.    

Pour sortir, on doit contourner et parfois enjamber d’autres personnes, car l’espace est assez restreint entre les clôtures.  

 

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«J'ai fait le chemier pour être le premier. On ne peut (techniquement) pas rentrer ni soritr, sauf pour aller aux toilettes, et j'ai pas de problème avec ça. Mais là, ils sont plusieurs à rentrer et sortir et piétinnent sur mes affaires», lance un homme qui se présente comme Pierre Rose.  

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Malgré ce nouvel abri, plusieurs itinérants ont préféré rester à l’extérieur, car ces derniers avaient l’obligation de rentrer avec un seul sac. C’était le cas de François Dejean, accoudé sur sa canne, qui a préféré ne pas risquer toute sa vie accumulée dans ses quatre sacs. «Imagine, ils nous demandent [d'avoir] seulement un sac, c’est ridicule», dit-il. 

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«On autorise seulement un sac pour ne pas que tous leurs effets personnels prennent la place, mais deux petits sacs, ça peut être correct aussi», explique l’agent de sécurité Saddik Labid. Une dizaine d'agents étaient sur place pour s’assurer du bon respect des mesures sanitaires même si, à l’intérieur, ce n’était pas tous les itinérants qui portaient convenablement le masque. 

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À l’extérieur, les bagages s’entassaient dans des compartiments grillagés, laissés aux bons soins des agents de sécurité, qui restaient un peu plus loin devant la porte d’entrée. 

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Encore bien méconnu de la population itinérante, le chapiteau a quand même attiré plusieurs personnes, qui sont arrivées avec le sourire aux lèvres pour se réchauffer un peu. «J'avais mon appartement avec PLM [NDLR: Projet logement Montréal vise à stabiliser le logement des personnes en situation d'itinérance], mais j'ai été barré pour 2 ou 3 mois», a souligné Alexis Samson, qui connaissait visiblement plusieurs personnes sur place.

L'itinérance à Montréal   

  • Depuis le début de la crise de COVID-19, le nombre d’itinérants aurait plus que doublé dans la métropole, passant de 3000 à 6400, a précisé en septembre dernier la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Selon plusieurs organismes, il est cependant difficile d’obtenir un chiffre précis.         
  • Cette nouvelle tente immense permettra aux campeurs de Notre-Dame évincés du terrain lundi de se réchauffer à cet endroit pendant le jour.        
  • Au moment d’écrire ces lignes, la Ville de Montréal n’était pas en mesure de dire si c’était la première fois qu’une telle installation voyait le jour.        

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