Plan climat de Montréal: réduire de 25% l’auto solo et faire du centre-ville une «zone zéro émission» | 24 Heures MTL
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Plan climat de Montréal: réduire de 25% l’auto solo et faire du centre-ville une «zone zéro émission»

Image principale de l'article Faire du centre-ville une «zone zéro émission»
Photo Agence QMI, Joël Lemay

La Ville de Montréal ambitionne de réduire de 25% l’auto solo d’ici 2030 et souhaite que d’ici là, 47% des véhicules immatriculés sur le territoire montréalais soient électriques.

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Une portion importante du centre-ville deviendrait aussi une «zone zéro émission» d’ici la fin de la décennie, selon le Plan climat 2020-2030 présenté jeudi.

Il s’agit d’objectifs ambitieux sachant qu’environ 1 à 2% des véhicules sont électriques dans la région de Montréal actuellement, d’après les informations de la Ville.

De plus, entre 2013 et 2018, les déplacements en auto ou en moto à l’heure de pointe matinale ont diminué de seulement 1% dans la région métropolitaine, alors que le parc automobile a crû de 5%, selon l’enquête Origine-Destination de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).

Pour favoriser l’électrification, il faudra déployer davantage de bornes de recharge. Le budget 2021 prévoit l’installation d’un millier de bornes additionnelles d’ici 2025, pour un total de 2000 bornes.

Photo 24 Heures, Elsa Iskander

Zéro émission

Faire du centre-ville une «zone zéro émission» signifierait que l’entrée serait éventuellement réservée aux véhicules électriques. L’administration entend augmenter et privilégier ces véhicules dans ce secteur ayant déjà des émissions de gaz à effet de serre (GES) plus faibles et étant bien desservi par le transport collectif.

«Évidemment, ça va se faire par étape, donc nous allons prendre le temps de sortir de la pandémie tout d’abord, de démarrer la relance et de consulter nos partenaires et les différents acteurs du centre-ville», a indiqué la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

«Le modèle de Paris est celui qui, [de] prime abord, nous inspire», a-t-elle dit, sans prendre d’engagements pour le moment. Ce modèle permet seulement aux véhicules moins polluants d’entrer dans la zone à faible émission.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Auto solo et stationnement

Montréal souhaite diminuer ses émissions de GES de 55% d’ici 2030 et atteindre la carboneutralité en 2050. En 2015, les émissions avaient baissé de 28% par rapport à 1990; la Ville estime atteindre la cible de 30% cette année.

«À l’aube d’avoir un vaccin, il y a une lueur d’espoir qui est là, on voit la lumière au bout du tunnel et c’est donc le meilleur moment pour se rappeler un combat qui est encore plus grand, plus immense, plus titanesque que la pandémie qui est tout un défi: c’est celui du réchauffement climatique», a déclaré Mme Plante.

Afin de réduire l’auto solo, la Ville mise sur les transports collectifs et actifs ainsi que sur le covoiturage. Le plan d’action propose de réduire les espaces de stationnement aux abords des pôles de transport collectif, comme les stations de métro ou de train, et d’encourager leur verdissement.

L’administration municipale souhaite également convertir des stationnements à ciel ouvert en projets immobiliers. «De plus, 30% des espaces de stationnement seront réservés aux véhicules partagés, au covoiturage ou aux véhicules électriques», selon le Plan climat.

Photo 24 Heures/Agence QMI, Elsa Iskander

Bâtiments

Les transports, responsables de 40% des émissions des GES, sont dans la ligne de mire de l’administration, mais aussi les bâtiments puisque le parc immobilier produit 28% des émissions.

La Ville compte ainsi adapter les règlements et les programmes de soutien pour rendre les bâtiments moins énergivores.

«On vise à avoir un des règlements sur la construction les plus ambitieux en termes d’efficacité énergétique au Canada», a dit Mme Plante. Les propriétaires recevront aussi du financement pour les écorénovations.

Pour améliorer l’efficacité énergétique, le plan propose l’implantation d’un «système de cotation et de divulgation de la consommation énergétique et des émissions de GES des bâtiments», ciblant en priorité les plus grands immeubles commerciaux et institutionnels. «Des seuils de performance seront éventuellement imposés en vue d’atteindre l’objectif de rendre le parc immobilier montréalais zéro carbone opérationnel», peut-on lire.

Quelques mesures du Plan climat 2020-2030:    

  • Ajout net de 500 000 arbres d’ici 2030, plantés par les secteurs public et privé. Les zones vulnérables aux vagues de chaleur seront ciblées en priorité.  
  • Consacrer 10 à 15% du budget du Programme décennal d’immobilisations à l’adaptation aux changements climatiques, soit plus de 1 G$.  
  • Faire passer d’un peu plus de 6% à 10% la superficie des aires protégées.  

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