C’est la folie des reptiles depuis le début de la pandémie | 24 heures
/misc

C’est la folie des reptiles depuis le début de la pandémie

s

Le nombre d’adoptions de reptiles a explosé pendant la pandémie. Des Québécois gagnés par l’engouement pour les serpents et les lézards sont mêmes passés de néophytes des reptiles à collectionneurs chevronnés en l’espace de quelques mois de confinement.

«J’ai une liste d’attente de 15 personnes. En trois ans ça ne m’est jamais arrivé», lâche la propriétaire du refuge Reptiles Castle à Drummondville, Marjorie Parent. 

Le Centre vétérinaire de Laval, spécialisé dans les animaux exotiques, a aussi vu un bond net du nombre de ses clients. Si les appels concernant les reptiles étaient rares, ils sont maintenant quotidiens. «On peut voir 10 à 15 cas de reptiles par jour passer ici en urgence», affirme la technicienne vétérinaire Catherine Merlini. 

Même son de cloche chez plusieurs animaleries de partout au Québec qui, sans pouvoir la chiffrer, ont remarqué une hausse notable des demandes d’adoptions. «Je vois beaucoup de jeunes familles qui veulent un reptile pour leur enfant», remarque le propriétaire de Monarch Reptiles, à Châteauguay, Yan Fisette.

À Trois-Rivières, le propriétaire de Monsieur Reptile, Mathieu Naud, note qu’il y a deux types d’acheteurs. D'un côté, les jeunes familles, et de l'autre des adultes qui veulent combler l’isolement en ayant un être vivant dont ils peuvent s’occuper. «Ce sont souvent des gens qui ont des allergies aux animaux poilus aussi», remarque-t-il.

 L'herpétologue - c'est le nom qu'on donne aux spécialistes des reptiles - souligne aussi que ces gens seuls ont souvent tendance à en adopter plusieurs. «Ils ont un reptile, ils pognent la twist pour s’en occuper et ils se mettent à en vouloir d’autres.» 


D’un seul enfant à 23 protégés  

Confinée depuis mai avec son enfant autiste, Marianne Gravel, qui vit à Arvida, au Saguenay, a cherché un moyen de passer le temps en se procurant un caméléon et deux geckos. «Une semaine après les avoir achetés, je retournais à l’animalerie en adopter un autre», raconte-t-elle.

Rapidement, les reptiles sont devenus une passion. Elle possède désormais 23 reptiles en plus de huit grenouilles. Ses vivariums prennent tellement d’espace qu’elle a dû se résoudre à louer un local en plus de son appartement pour stocker tous ses petits amis.

Gracieuseté


Pour Angélique Simard-Germain, l’adoption d’un varan et d’un python royal en temps de pandémie a été salvatrice. «Je venais de déménager à Rawdon quand la pandémie a éclaté. Je ne connaissais pas grand monde et je n’avais pas de travail, raconte-t-elle. Je serais virée folle si je ne les avais pas eus. Ils m’occupent beaucoup».  

Reptiles abandonnés  


Tous les propriétaires de refuges et d’animaleries contactés par Tabloïd craignent qu’un grand nombre de reptiles soient abandonnés après la pandémie.  

«Plusieurs reptiles peuvent vivre plus de 30 ans, c’est un énorme engagement, explique Mathieu Naud de chez Monsieur Reptile. Normalement, les gens gardent leur animal en moyenne trois ans. Après ça, on constate beaucoup d’abandons lorsque le reptile devient un jeune adulte. Il devient plus gros et ça implique plus de coûts.»  

M. Naud, qui possède un refuge de reptiles depuis une trentaine d’années, s’inquiète que de nombreux dragons barbus, des lézards «de débutant», soient abandonnés à moyen terme. Cette espèce de lézard plait aux enfants et nécessite peu d’attention, précise-t-il.